Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Côte d'Or > Côte d'Or
25/03/2021 16:22

CÔTE-D’OR : François Sauvadet défend le retour à 90 km/h sur les routes départementales

Conformément à l'engagement du président du conseil départemental de la Côte-d'Or, un observatoire suit l'évolution de l'accidentalité sur les routes passées à 90 km/h. Il a rendu ses premiers résultats ce jeudi 25 mars. Un nouveau tronçon entre Bligny-sur-Ouche et Pouilly-en-Auxois pourrait prochainement être converti.
«Chaque mort reste un mort de trop sur les routes, il faut vraiment continuer ces efforts et respecter les limites de vitesse», martèle François Sauvadet ce jeudi 25 mars 2021 alors que se déroule la première réunion de la
Commission de l’Observatoire départemental de la Sécurité routière.

En mars 2020, certaines portions des routes gérées par le conseil départemental de la Côte-d'Or avaient retrouvé les 90 km/h comme vitesse maximum. Aujourd'hui, Département met en avant que l'accidentalité a, proportionnellement, baissé sur le réseau départemental.

«Même s'il y a eu une baisse de la fréquentation sur nos routes liée aux confinements, en tendance, on continue à avoir moins de tués sur nos routes et cette tendance, on l'a observé également sur les routes passées à 90 km/h.  Il faudra vérifier cela dans le temps. En 2021 et 2022, on aura des conditions de circulation qui seront plus conformes à la norme mais, à ce stade, le département de la Côte-d'Or, grâce aux efforts conjoints sur les routes,  est un des départements où le nombre de tués et de blessés sur les routes est le moins élevé de France», résume François Sauvadet.

Dérogation possible depuis décembre 2019


La limitation à 80 km/h décidée par le Premier ministre Édouard Philippe en juillet 2018, soutenue par de nombreux élus locaux et des associations de sécurité routière, avait également fait l'objet de nombreuses contestations, notamment de l'Association des Départements de France ainsi que des Gilets jaunes. À tel point que la dérogation de retour à 90 km/h des routes secondaires gérées par les conseils départementaux avait été rendue possible en décembre 2019.

Le président du conseil départemental de la Côte-d'Or, François Sauvadet (UDI), avait rapidement saisi l'opportunité, assortissant la démarche d'une promesse d'évaluation des conséquences au travers d'un observatoire créé en février 2020 pour suivre et à analyser l’accidentologie sur les routes départementales, apprécier l’impact du retour aux 90 km/h sur les routes concernées et ajuster la politique menée en matière de prévention et de sécurité routière.

Diminution des accidents mortels sur les routes de Côte-d'Or


La commission de l’Observatoire départemental de la Sécurité routière s'est donc réunie pour la première ce jeudi 25 mars. Le «mille-feuille» territorial se retrouve dans la gestions des voies de circulation : voiries gérées par les communes, routes entretenues par le Département et autoroutes dont l’État a la responsabilité.

L'objectif de la commission est donc de comparer l'accidentalité des routes dont il a la gestion – en particulier sur les portions limitées à 90 km/h – avec l'ensemble du réseau pour analyser si le nombre d'accidents augmente ou diminue.

Ce jeudi, la commission présente un bilan de l’accidentalité sur les routes départementales en nette baisse depuis plusieurs années, notamment la mortalité.

«Grâce à la connaissance de l’ensemble de son réseau routier (5.673 km de routes départementales et 1.550 ouvrages d’art), le Département a identifié les itinéraires où la vitesse pouvait être relevée à 90 km/h, avec pour seul critère de sélection la sécurité des usagers de la route. C’est ainsi que 40 itinéraires principaux ont bénéficié d’un retour aux 90 km/h, soit 1.129 km de routes départementales depuis mars 2020», indique la collectivité.

«La sécurité routière est bel et bien l’affaire de tous, c’est pourquoi j’ai réuni tous nos partenaires œuvrant dans ce domaine. Ensemble, je souhaite que nous analysions objectivement les causes des accidents et que nous adaptions nos dispositifs quand cela est nécessaire», déclare François Sauvadet.

Le président du Département entend maintenir les efforts de la collectivité pour que la tendance baissière des accidents se poursuive : «cette année, le Département investit 32,7 millions d'euros sur ses routes départementales pour fluidifier et sécuriser les déplacements des Côte-d’Oriens, dont plus d’un million d'euros sont directement fléchés sur des dispositifs de sécurité routière stricto sensu. Mais tous nos efforts ne suffiront pas tant que certains usagers de la route continueront  ’avoir des comportements à risque, pour eux-mêmes et pour les autres : excès de vitesse, conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiant, téléphone au volant et autres occasionnent encore de trop nombreux morts sur nos routes».

Actions de sensibilisation


Depuis le tragique décès du conseiller départemental Christian Myon survenu en 2008 lors d'un accident de la route, le conseil départemental organise un collège de la sécurité routière à la suite de chaque accident grave ou mortel avec les services de l’État, la gendarmerie, la police, les pompiers et des élus locaux pour se pencher sur l'accidentologie, les conditions de l'accident.

La collectivité a également mis en place plusieurs actions de sensibilisation dont le «Prix Christian Myon» attribuant une dotation financière pour soutenir les établissements scolaires, les communes et intercommunalités, les associations et entreprises engagées pour la sécurité routière.

Cinq morts en 2020 sur des tronçons à 90 km/h


Avec deux périodes de confinement en 2020, le trafic annuel a enregistré une forte baisse (-16 % sur toute l’année par rapport à l’année 2019). La mortalité routière a reculé : sur le réseau routier départemental, en 2001, on déplorait 65 accidents mortels pour 74 décès alors qu’en 2020, on déplore 12 accidents
mortels pour 12 décès.

Avec 74 tués sur l'ensemble du réseau en 2001 pour 12 tués en 2020, «on a diminué deux fois plus rapidement l'accidentalité que sur l'ensemble du territoire national», analyse François Sauvadet alors que la Côte-d'Or est le quatrième département français par sa superficie.

Sur les douze personnes décédées en 2020, deux se trouvaient dans l'agglomération dijonnaise et dix en dehors. Plus précisément, pour la situation étudiée ce jour, cinq décès ont été constatés en 2020 lors d'accidents localisés sur les tronçons routiers passés à 90 km/h.

«Un travail de pédagogie fort à destination des usagers de la route»


Directeur du cabinet du préfet de la Côte-d'Or, Danyl Afsoud alerte sur un phénomène de rebond de l'accidentalité qui semble se dessiner depuis la fin du confinement de l'automne 2020 avec six personnes décédées dont malheureusement une le matin même, un piéton renversé par un camion à Plombières-lès-Dijon.

En 2020, le préfet a retiré 2.064 permis dont 877 pour des conduites sous stupéfiants, 578 pour des alcoolémies et 586 du fait d'excès de vitesse. Danyl Afsoud insiste sur la dangerosité des conduites addictives : parmi les tués sur la route en 2020n dans 10 cas l'alcoolémie était le facteur déclencheur de l'accident, dans 7 cas l'usage de stupéfiants. Il rappelle donc «la nécessité de développer un travail de pédagogie fort à destination des usagers de la route».

«Les conducteurs pensent qu'ils sont des experts en sécurité routière»


Présidente de la Ligue contre la violence routière de Côte-d'Or, Catherine Pepoz craint que la distinction des situations entre les voies de circulation selon leur gestionnaire ne «fausse la compréhension» car «les conducteurs pensent qu'ils sont des experts en sécurité routière».

Catherine Pepoz préfère envisager l'accidentalité dans sa globalité et souligne les 30 morts dans un accident de la route en 2019 et les 27 morts en 2020 malgré «deux périodes de confinement». «Ce ne sont pas de bons chiffres», constate-t-elle. Pour tout dire, la présidente de la Ligue contre la violence routière de Côte-d'Or, n'est «pas convaincu» par les données mises en avant par le Département et relaie le message de la fédération nationale, toujours opposée au retour aux 90 km/h.

Président de l'association de la Prévention Routière Côte-d'Or, Yves Lemaire ne dit pas autre chose et considère que la particularité de l'année 2020 ne permet pas de produire des statistiques fiables : «c'est une année tronquée, l'inquiétude doit demeurer». La Prévention Routière est également opposée au retour aux 90 km/h.

«Travailler sur le comportement et la formation des conducteurs»


Pour sa part, les Motards en colère de Côte-d'Or, représentés par Denis Pescis, mettent l'accent sur la sensibilisation : «on se bat pour travailler sur le comportement et la formation des conducteurs».

Denis Pescis délivre un satisfecit concernant l'état des routes : «on a de très bonnes relations avec les services de l’État et on a un réseau routier particulièrement bien entretenu en Côte-d'Or». Les motards ayant apprécié le doublement de glissières de sécurité mis en œuvre par le Département, glissières auparavant responsables de nombreuses amputations lors d'accidents suivis de glissades.

Un nouveau tronçon à 90 km/h à l'étude


Au niveau préfectoral, il existe une Commission départementale de sécurité routière. «Au vu des chiffres de sécurité routière et après un travail d'analyse de l'infrastructure», comme le souligne François Sauvadet, le Département sollicite l'avis de cette commission pour passer prochainement à 90 km/h une portion des RD970 et RD977bis entre Bligny-sur-Ouche et Pouilly-en-Auxois, du carrefour giratoire avec la RD 17 jusqu'au carrefour giratoire avec la RD 981.

Jean-Christophe Tardivon

Sur l'ensemble du réseau routier départemental
- l'année 2020 est une année atypique marquée par les contraintes liées à la gestion de la pandémie de coronavirus
- le trafic routier sur le réseau départemental a chuté de 16 % en moyenne avec un maximum de - 65 % en avril 2020
- globalement, la mortalité sur le réseau routier départemental a été divisée par 6 en 20 ans et par 3 sur 10 ans
- avec un quart des accidents en agglomération et trois quart hors agglomération, la répartition des accidents corporels est constante depuis plusieurs années

Sur le réseau routier départemental hors agglomération
- la grande majorité des accidents corporels (79 %) et mortels (83 %) sont recensés sur le réseau routier départemental hors agglomération (vitesse 80 et 90 km/h)
- les véhicules impliqués sur le réseau hors agglomération sont majoritairement des véhicules de tourisme mais les deux roues motorisées sont anormalement surreprésentées
- les accidents sur chaussée dégradée (pluie, neige, etc.) représentent 16 % des accidents hors agglomération ces 2 dernières années
- les accidents de nuit représentent un quart des accidents hors agglomération

Sur le réseau routier dérogatoire (vitesse maximale autorisée de 90 km/h)
- 18 % du réseau routier départemental est repassé à 90 km/h au 9 mars 2020
- par rapport à la moyenne des années précédentes (2017-2019), l'accidentalité a chuté de 37 % et la mortalité de 44 %
- les principaux véhicules impliqués sont des véhicules de tourisme (59 %) et les  deux roues motorisées (16 %) sont aussi surreprésentés comme sur l'ensemble du réseau routier départemental (hors agglomération)
- le pourcentage d'accidents corporels sur chaussée dégradée (pluie, neige, etc.) est cohérent avec celui de l'ensemble du réseau routier départemental (hors agglomération)
- le pourcentage d'accidents corporels de nuit est cohérent avec celui de l'ensemble du réseau routier départemental (hors agglomération).

Pour suivre l’évolution de l’accidentologie sur les routes départementales de la Côte- d’Or, rendez-vous sur :
https://www.cotedor.fr/actualite/lobservatoire-de-...















Infos-dijon.com - Mentions légales