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04/03/2020 13:03

CÔTE-D’OR : La CCI dans l’ère du post-Brexit aux côtés des entreprises

Si la crise sanitaire du Coronavirus s’est immiscée dans le contexte mondial ces dernières semaines, la Chambre de Commerce et d’Industrie a pris la mesure du post-Brexit depuis le début d’année. Le rôle d’appui aux entreprises doit s’affiner à mesure qu’avanceront les accords commerciaux avec le Royaume-Uni.

L’année 2019 était faite d’une crainte pour les entreprises, la crainte d’un «hard Brexit», la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne dans une configuration la plus strict possible. Finalement, on parle de «soft Brexit». Les échanges commerciaux ne pourront plus se faire comme avant, mais ceux-ci pourront tout de même faire l’objet d’accords entre le Royaume-Uni et chaque pays partenaire, d'ici au 31 décembre 2020.

«Ce n’est pas insurmontable, ce n’est pas un saut dans l’inconnu car des entreprises savent ce que c’est d’exporter avec des pays hors UE, extra-communautaires. La difficulté est que le développement européen des dix dernières années a été un développement de voisinage. En termes de normes, de brevets, on était dans un système fluide. Il s’agit aujourd’hui de se défaire des habitudes prises», pose comme constat Jacques Charlot, directeur général de la CCI Bourgogne-Franche-Comté.

«On ne peut être optimiste, ni pessimiste»

Dans les difficultés qui s’ajouteront irrémédiablement à cette sortie britannique, on parle forcément de la hausse des taxes, des droits de douanes… Et les chambres consulaires se posent aussi d’autres questions. «Est-ce que la marquage CE qui pouvait être délivré par un laboratoire au Royaume-Uni pour des raisons de facilités géographique et administrative sera toujours valable ? Dans le cas contraire, ça nécessiterait de tout refaire, de trouver d’autres alternatives. Il se peut que la marque communautaire ne soit plus valable au Royaume-Uni», fait remarquer Laurent Volle, coordonnateur des réseaux européens à la CCI, qui avance : «Tout le monde s’accorde à dire que ce sera difficile de tout régler avant le 31 décembre 2020. On ne peut être optimiste, ni pessimiste. La seule chose que l’on peut dire, c’est que ça parait difficile de pouvoir tout négocier». La prorogation (prolongement) de la période transitoire qui peut seulement être actée par le Premier ministre britannique Boris Johnson n’est pas dans les tuyaux.
Dans les secteurs où le Royaume-Uni et la France en l’occurrence n’arriveraient pas à un accord, les échanges seront régis sur la base du commerce international.

«Ce sera forcément une cote mal taillée au 1er janvier 2021», lâche Jacques Charlot, assurant que le CCI, plus qu’une simple démarche d’information, «rentre sur un appui aux entreprises».
Du fait du contexte et des changements envisagés dans les relations commerciales, les dispositifs et services existants tels que l’aide aux formalités internationales, l’accompagnement sur les aspects juridiques, seront sollicités. Un exemple est donné : «Demain, les salariés d’une entreprise qui aurait vendu une machine au Royaume-Uni et qui devraient s’y rendre pour une opération de maintenance s’inscrirait dans une procédure d’export temporaire».

Les réunions d’information à la CCI permettent d’aborder ces points sensibles et s’affineront suivant l’avancée des accords. Des partenariats avec les douanes et la Direction générale des entreprises sont notamment engagés afin d’étayer ces réunions, sachant que l’Etat a pris des premières mesures post-Brexit en début d'année.
Sur le site internet de la CCI, une rubrique autour du Brexit est mise à jour.

Pas de secteur «en tension particulière»,

mais des difficultés à prévoir évidemment


En Côte-d’Or, la CCI assure qu’aucun secteur ne serait trop gravement impacté ou «en tension particulière» par la nature des échanges commerciaux post-Brexit (le premier partenaire économique de la Côte-d’Or est l’Allemagne), mais des répercussions toucheraient tout de même le marché du vin - «même s’il restera solide du fait de son attractivité outre-Manche» - ou bien les entreprises du domaine pharmaceutique.
Rémy Laurent, président de la CCI Bourgogne-Franche-Comté, parle d’un risque d’«effondrement des prix de la viande, d’enjeux lourds sur le secteur automobile mais aussi de contraintes et/ou de nouveaux encadrements pour ce qui est du transport routier»

Quant à la libre circulation des personnes, «Il y a déjà un contrôle des personnes car le Royaume-Uni n’est pas dans l’espace Schengen, mais le pire serait d’imaginer qu’un visa soit nécessaire pour se rendre là-bas...», note Laurent Volle. «Des négociations lourdes sont à poursuivre», insiste Rémy Laurent.
La prochaine réunion «Brexit : quelles conséquences pour votre entreprise ?» est annoncée le mardi 17 mars à la CCI à Besançon.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier