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10/02/2020 03:25

CÔTE-D'OR : «La femme est l'avenir du sport» selon le président du club de rugby les Gazelles

Un atelier-débat à propos de l'égalité femmes-hommes dans le sport a eu lieu le 6 février dernier au collège Camille Claudel de Chevigny-Saint-Sauveur. Il s'agissait d'une thématique mise en avant auprès des jeunes dans le cadre de la Semaine de l'olympisme.
La Semaine de l'olympisme s'est déroulée du 3 au 8 février 2020. Faisant suite à la désignation de Paris pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024, elle est organisée chaque année par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, en partenariat avec le ministère des Sports et le mouvement sportif français.

L’Éducation nationale tient à faire de cette «un moment clé pour éveiller les élèves aux bienfaits de la pratique sportive régulière et d'appréhender les valeurs citoyennes et sportives». De plus, «elle participe également à mobiliser les parents autour de cet enjeu».

Camille Claudel, un collège labellisé «Génération 2024»


Le collège Camille Claudel de Chevigny-Saint-Sauveur a retenu le thème de l'égalité hommes-femmes dans le sport afin de favoriser la pratique féminine. En partenariat avec le conseil départemental de la Côte-d'Or, le jeudi 6 février 2020 un atelier-débat a fait réagir des collégiens sur la mixité hommes-femmes dans le sport et dans la vie de tous les jours.

Labellisé «Terre de Jeux 2024», le Département s'est engagé à développer les valeurs de l'olympisme et susciter la pratique de sports auprès des Côte-d'Oriens. De son côté, le collège Camille Claudel a reçu le label «Génération 2024» qui vise à développer les passerelles entre le monde scolaire et le mouvement sportif afin, là encore, d'encourager la pratique physique et sportive des jeunes.

Un des enjeux est notamment d'accroître la pratique féminine car le nombre de licenciées est très inférieur au nombre de licenciés, toutes disciplines confondues. Les acteurs éducatifs constatant qu'il y a un arrêt de la pratique sportive des jeunes filles au moment de la puberté.

La séance a eu lieu en présence de Catherine Louis (vice-présidente du conseil départemental), de Bernard Termelet (président du Comité départemental olympique et sportif), de Didier Foulont (président du club de rugby dijonnais des Gazelles) et de David Fauvernier (principal du collège Camille Claudel). Les élèves d'une classe de quatrième étaient présents ainsi qu'un ensemble de sportifs : gymnastes, tennismen, judokas, lutteurs, archers...

«Lever les freins entre la pratique féminine et la pratique masculine»


«Le conseil départemental est déjà investi sur tous les sports» signale Catherine Louis. «C'est important d'associer les jeunes qui sont directement concernés par la pratique sportive» ajoute-t-elle. Le conseil départemental a mis en place des «ateliers jeunes» pour «lever les freins entre la pratique féminine et la pratique masculine et le respect des uns et des autres». «Le sport véhicule des valeurs fortes de solidarité, d'entente, de tolérance, de respect» souligne pour sa part Bernard Termelet.

Le collège Camille Claudel accueille de nombreux jeunes sportifs de haut niveau – de la sixième à la troisième – qui sont même recensés sur une liste du ministère des Sport en tant que potentiels futurs champions olympiques.

Mixité, égalité et parité sont des valeurs qui sont régulièrement abordés au collège. L'intérêt de l'atelier du jour pour le principal David Fauvernier, c'est que les élèves ayant assisté au débat «vont devenir des ambassadeurs de l'établissement pour leurs camarades et aller porter cette parole de l'égalité filles-garçons à travers le sport et d'autres projets».

Combattre la misogynie dans le sport


Rattrapé par l'actualité des révélations d'agressions sexuelles dans le monde des sports de glace, les présidents de clubs de toutes les disciplines se trouvent interpellés par ce sujet. «J'ai la chance de ne pas avoir connu cela dans mon club» constate le président des Gazelles en marge de l'atelier du jour. «La première des choses pour un président de club, c'est d'être à l'écoute (…), un président est totalement responsable de ce qui se passe dans son club» selon Didier Foulont.

Plus globalement, Didier Foulont combat la misogynie dans le sport et lutte pour l'égalité de traitement des sportives et des sportifs y compris à haut niveau sur la question des rémunérations : «il y a énormément de différences aujourd'hui qu'il faut impérativement combler parce que, la femme est l'avenir du sport, la mixité est indispensable». Le président du club souligne que, respectivement dans leur championnat, les Gazelles sont au même niveau que le Stade Dijonnais, c'est-à-dire en Fédérale Une, même s'il s'agit «de deux rugbys différents» tout en étant «du sport de haut niveau».

Des situations variées suivant les pays


Dans le rugby, les entraînements sont mixtes entre 6 et 14 ans, ce qui donne «l'habitude du vivre ensemble et le respect» qui «s'apprend par les messages des entraîneurs, du président et des parents» insiste Didier Foulont. Pour autant, la pratique masculine l'emporte avec le temps : 97% des licenciés du rugby sont des hommes même si le nombre de femmes augmentent de 15% par an. En gymnastique, 78% des licenciés sont des femmes. Didier Foulont signale la situation des pays scandinaves où «les femmes sont plus nombreuses que les hommes à pratiquer une activité sportive».

Après avoir présenté le club de rugby des Gazelles, Didier Foulont et les autres intervenants ont échangé avec les élèves et les jeunes sportifs qui ont abondamment fait part de leurs réflexions et de leurs anecdotes sur le sujet du débat. Toutes et tous ont montré une grande adhésion au principe de l'égalité femmes-hommes dans le sport.

Jean-Christophe Tardivon