Recherche
> Côte d'Or > Côte d'Or
19/05/2020 17:33

CÔTE-D’OR : Les cellules territoriales de suivi et d’appui à l’isolement sont opérationnelles

Depuis vendredi 15 mai, deux cellules ont été déployées, l’une par l’ARS Bourgogne-Franche-Comté et l’autre par la préfecture de Côte-d’Or à la caserne Vaillant à Dijon. Quels en sont les principes ? Comment fonctionnent-elles ? Visite avec le préfet de la Côte-d’Or Bernard Schmeltz et le directeur général de l’ARS Pierre Pribile. Une centaine de suivis sont aujourd'hui opérés.
«Tout l’enjeu est de bloquer les chaînes de contamination», lance notamment Pierre Pribile, directeur général de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté. La mise en place de cellules territoriales de suivi et d’appui à l’isolement s’inscrit dans cette démarche-là et selon le triptyque Dépister - Tracer - Isoler. Cela pour tendre vers un déconfinement le mieux maîtrisé possible.

Pour le département de la Côte-d’Or, elles sont opérationnelles depuis vendredi 15 mai, déployées dans les anciens locaux du Secrétariat général aux affaires régionales à la caserne Vaillant, avenue Garibaldi à Dijon. Si la cellule d’appui n’a à ce jour pas été sollicitée, la cellule de suivi mise en place par l’ARS est active auprès d’une centaine de personnes, identifiés par les professionnels et référents de la partie médecine (médecins libéraux et CPAM) comme personnes atteintes du Covid-19 ou bien ayant été en contact avec des personnes malades et contraintes par conséquent de rester à l’isolement pendant au moins 14 jours.

Des appels «pour s’assurer que leur isolement se passe bien»


Au coeur de cette cellule, chaque bénévole mobilisé est chargé d’appeler ces personnes identifiées. Pierre Pribile explique : «Quand on arrive ici, la partie médicale est faite et les personnes ont été informées en amont de leur situation. On va appeler et rappeler ces personnes régulièrement pour s’assurer que leur isolement se passe bien. Elles sont contactées au moins une fois par la cellule, pour mieux faire comprendre que cet isolement a un intérêt de santé publique et veiller à ce que le test ait été fait dans les délais. Pour une personne non symptomatique par exemple, il est recommandé de faire le test 7 jours après le dernier contact avec la personne touchée par le virus».

Concernant cette cellule supervisée par deux agents de l’Agence Régionale de Santé - et un agent de l’IREPS en soutien -, il a été fixé une moyenne de trois appels par personne sur les quatorze jours d’isolement. «Mais la durée de l’isolement peut être variable. Si la personne identifiée est malade et présente des symptômes, elle doit rester isolée jusqu’à 48 heures après la fin des symptômes. Si elle a été en contact avec une personne malade, sans présenter de symptômes, l’isolement est fixé à 14 jours après le dernier contact avec la personne malade, même si la personne en question est testé négative après 7 jours d’isolement. Si le test de la personne est positif, on va rechercher systématiquement les cas-contacts», précise le directeur général de l’ARS, en ajoutant : «S’il y a des problèmes de nature sociale ou autres, la cellule d’appui prend le relais dans ce cas».

La cellule d’appui peut prendre le relais,

seulement à la demande de la personne isolée


Mise en place et pilotée par la préfecture, dont Thierry Brulé du bureau de la sécurité civile, la cellule territoriale d’appui à l’isolement permet d’actionner des services de proximité suivant les besoins. Bernard Schmeltz, préfet de la Bourgogne-Franche-Comté et en l’occurrence préfet de la Côte-d’Or, souligne en ce sens des liens avec le Conseil départemental de la Côte-d’Or, Dijon Métropole, l’AMF 21, «d’une façon plus générale l’ensemble des maires du département, pour pouvoir s’appuyer sur un maillage avec l’ensemble des acteurs de terrain».
À la demande de la personne isolée, un portage de repas, un appui psychologique, une aide aux démarches administratives, une évaluation sociale plus complète du domicile ou même un portage de médicaments peuvent être mis en place.
En cas d’impossibilité pour la personne isolée de pouvoir l’être en totale sécurité chez elle, en raison par exemple de proches à la santé fragile pour qui le risque de contagion serait dramatique, «deux à trois structures d’hébergement» peuvent accueillir les personnes devant rester isolées. La préfecture dit aussi développer ce réseau-là (hôtels, gîtes…) pour augmenter les possibilités d’accueil et être en capacité de répondre si la cellule d’appui vient à devoir traiter de multiples cas de la sorte.

«Le principe est quand même l’isolement à la maison, ne serait-ce que pour le confort psychologique de la personne isolée», rappelle en premier lieu Bernard Schmeltz, en insistant bien sur le fait que la cellule d’appui doit être contactée par la personne isolée. Sur le fond de ce principe, le secret médical : «On est dans une coordination étroite depuis le début de la crise et c’est logique. Mais Il n’y a pas d’informations médicales qui passent entre la cellule de suivi et la cellule d’appui». Pierre Pribile confirme : «La seule façon que la cellule d’appui soit saisie, c’est que la personne elle-même rappelle. On ne traite pas les données dans le dos des personnes. C’est une question de protection des libertés publiques. Et nous allons développer un outil de télésuivi qui permettra aux personnes isolées de se saisir elles-mêmes de la démarche, de demander à être appelées si elles le souhaitent».

Les tenants et les aboutissants de l’isolement bien intégrés


Le numéro de la cellule d’appui est communiqué aux personnes isolées par leurs médecins traitants et autres référents habilités. Il est aussi donné par les bénévoles de la cellule de soutien.
Au téléphone et devant un poste informatique ce mardi en fin de matinée, Gilles Pronot assurait : «Il peut y avoir des coups de moins bien psychologiquement sachant que des personnes pensaient qu’elles avaient pris toutes les précautions durant le confinement et qui se retrouvent à nouveau isolées. On essaie aussi de voir s’il y a du stress à ce niveau-là, mais je trouve qu’elles comprennent bien les tenants et les aboutissants de l’isolement. Je constate même que les gens sont bien organisés pour respecter les recommandations».

Âgé de 60 ans et aujourd’hui en retraite, ce bénévole de la Protection Civile dit avoir répondu sans hésiter à la sollicitation de la préfecture : «Ça fait partie de mon ADN. On donne notre temps libre d’une autre manière puisque tous les événements sont annulés. Ça montre que l’on peut être utile sur plusieurs facettes de notre engagement. Personnellement, j’ai commencé la journée à trois heures du matin. En ce moment également, je prends la température d’ouvriers dans une usine avant leur prise de postes».
Sur d’autres postes de la cellule de suivi, on trouvait également des bénévoles cumulant cet engagement et leur métier. Des bénévoles que le préfet a tenu à saluer, rejoint lors de la visite par son directeur de cabinet Frédéric Sampson. Ils sont une centaine à avoir été formés. Ils viennent des organisations de sécurité civile suivantes : la Protection Civile, la FF2S, l’UNASS, les Secouristes Sans Frontières, la Croix-Rouge Française et l’Ordre de Malte.

La cellule de suivi est opérationnelle sur 25 postes et peut aller jusqu’à 45 postes. Un logiciel pouvant être consulté par les intervenants au sein de la cellule permet une mise à jour dans les appels émis et ceux à prévoir.
En cas de demande, la cellule d’appui devrait être en mesure de faire actionner un service de proximité en 24 voire 48 heures suivant l’urgence de la situation à traiter.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier