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07/05/2020 03:17

CÔTE-D’OR : Les coiffeurs vont devoir harmoniser affluence et gestes barrières

Une affluence importante est attendue dans les salons de coiffure dont la réouverture est possible dès le 11 mai. Sauf qu’ils doivent aujourd’hui se préparer au respect de nouvelles règles sanitaires par rapport à leur fonctionnement d’avant la crise sanitaire. Infos-Dijon fait le point avec Elizabeth Schneider, présidente de l’UNEC 21.
«On a hâte de reprendre. Nos clients nous manquent, ce lien social qui fait partie de notre métier. Et depuis deux mois maintenant, il n’y a pas de chiffre qui rentre». Ces propos sont ceux d’Elizabeth Schneider, présidente du syndicat côte-d’orien de l’Union nationale des entreprises de coiffure.
Une récente étude signée Harris Interactive, initiée par le groupe L’Oréal, le confirme aussi : la clientèle attend de pouvoir retourner chez le coiffeur (59% des Français souhaiteraient se rendre chez le coiffeur dès la première semaine du déconfinement). Les salons doivent s’attendre à de l’affluence donc, un «boom» d’affluence même.

«Je ne pense pas que des coiffeurs soient paniqués», dit la présidente de l’UNEC 21. Seulement voilà, de nouvelles tâches s’imposent. Coiffeurs et coiffeuses devront porter masques et lunettes, ou visières… Désinfecter leur matériel, utiliser les serviettes et peignoirs à usage unique sont déjà des habitudes relatives à l’hygiène, mais il faudra également désinfecter le mobilier et veiller aux distances de sécurité entre chaque personne.

Rendez-vous à espacer, amplitudes horaires à élargir…


Elizabeth Schneider tient elle-même le salon Blond Vénitien à Is-sur-Tille, avec à ses côtés une salariée et une apprentie en brevet professionnel. Les règles sanitaires ne seront pas sans adaptations : «Dans un premier temps, je vais espacer les rendez-vous pour prendre le temps de s’organiser, pour s’habituer aux équipements à porter. Des rendez-vous serrés et des clients qui patientent trop longtemps dans le salon, on ne pourra plus le faire. Dans tout ça, il faut aussi beaucoup de bon sens et de civisme…».
Conséquence de ce cadre adapté : Elizabeth Schneider projette dans cette période de routine particulière de «passer de 8-9h à 12h d’ouverture, pour pouvoir satisfaire au mieux mes clients». En comptant tout de même «au moins une heure par jour consacrée aux gestes barrières».

«Il va falloir être très réactif, il ne va pas falloir rouvrir le salon en disant : je fais 35 heures. J’espère que les coiffeurs l’ont intégré», lance la représentante en Côte-d’Or de l’Union nationale des entreprises de coiffure, en se voulant aussi rassurante pour la clientèle : «On sait que beaucoup de clients et clientes nous attendent avec impatience mais il y en a peut-être qui auront peur de venir nous voir. Avec tous les gestes barrières à mettre en place, il n’y a pas de raison. S’ils sont respectés, il n’y aura aucun soucis. Les salons s’y sont préparés puisque nous avons les grandes lignes de la réouverture depuis fin avril».

Les revendications de la profession


Là où l’UNEC prend position, c’est pour demander des aides, demande «légitime» selon Elizabeth Schneider, faisant remarquer que la mise en place des gestes barrières n’est pas gratuite pour les salons. Elle ne cache pas non plus que les répercussions pourraient se traduire sur les prix : «Ça c’est à l’appréciation de chaque coiffeur. L’UNEC ne peut fixer des prix car ils sont libres et le coût de revient dans chaque entreprise est différent, suivant les charges de chaque salon ou bien les produits utilisés».

Du côté de l’Union nationale - qui représente une centaine de salons en Côte-d’Or -, cinq revendications ont été formulées à l’Etat : défiscalisation des heures supplémentaires (et déplafonnement : actuellement autorisées jusqu’à 44 heures par semaine) ; aides financières permettant d’acquérir des équipements de protection ; exonération totale des charges durant trois mois ; activation du dispositif d’indemnisation de perte d’exploitation en lien avec les compagnies d’assurance ; maintien du bénéfice du fonds d’indemnisation pour les entreprises qui ne pourront pas rouvrir le 11 mai.

«On peut se retrouver à tout devoir payer en fin d’année. Je pense que tous nos adhérents ont les capacités pour rouvrir mais économiquement, ça va être très dur pour plusieurs entreprises», insiste Elizabeth Schneider qui note quand même que le Crédit Mutuel et le CIC se montrent ouverts à ces revendications, et espère peut-être des gestes de la Carsat, impliquée en temps normal auprès des salons dans les investissements pour l’achat du matériel ergonomique.

Réouverture le 11 mai ?


L’optimisme s’atténue en revanche lorsqu’on évoque la possible réouverture au 11 mai : «On n’est pas sûrs d’ouvrir à cette date. Et puis franchement, savoir officiellement le 7 mai, c’est un peu court. Pour ma part, les réservations peuvent se faire par internet (à la manière de Doctolib) mais je ne peux même pas ouvrir mon agenda car je ne sais pas si on aura l’autorisation d’ouvrir, sachant que la Côte-d’Or est toujours en rouge».

Alix Berthier
Photos : salon Blond Vénitien


Elizabeth Schneider avec Bernard Stalter, emporté en quelques semaines par le Covid-19 et décédé le 20 avril. Le présidente de l'UNEC 21 lui rend hommage : «Un grand défenseur de l’Artisanat, de la coiffure, son métier, sa passion... C’ était un Grand Homme, Il s’ est démené au début du confinement avec toutes les revendications de la profession. Nous lui devons beaucoup.»