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23/05/2020 19:27

CÔTE-D'OR : Ludovic Rochette préfère le «déconfinement décentralisé» au «confinement uniforme»

Réélu maire de Brognon, Ludovic Rochette est aussi président de l'Association des Maires de Côte-d'Or. À ce titre, il s'exprime sur le rôle indispensable des communes.
Depuis le début du confinement, l'Association des Maires de France et, notamment, l'Association des Maires de la Côte-d'Or (AMF 21) ont rappelé au gouvernement l'importance du rôle des élus locaux que ce soit à propos de la distribution de masques (lire le communiqué) ou de la réouverture des écoles.

Aujourd'hui, Ludovic Rochette, membre des Républicains et président de l'AMF 21, se félicite de la possibilité de réunir le conseils municipaux élus au premier tour (voir notre reportage à Brognon) et du choix du 28 juin comme date pour le second tour des élections municipales (lire sa réaction).

«En Côte-d'Or, on a 698 vecteurs de proximité»


Est-ce que l'installation des maires clarifie la situation démocratique du point de vue des communes ?

«C'est la fin, pour une partie des communes, de la fin d'une période transitoire qui a été quand même très compliquée à gérer. C'est un symbole parce qu'on se tourne vers le nouveau mandat. D'un point de vue, très financier, il fallait se tourner vers des projets, pour stimuler la commande publique. Les collectivités locales, c'est à peu près 70% de la commande publique en France. Il faut que les communes et les intercommunalités voient leurs exécutifs renouvelés et installés pour que ces programmes de travaux puissent se lancer et aider les secteurs des travaux publics et du bâtiment qui sont vraiment en demande.»

Y avait-il des situations de tension dans la Côte-d'Or entre une équipe sortante et une équipe entrante ?

«Les situations les plus compliqués, c'est lorsque que le maire sortant s'est fait battre par une nouvelle équipe. Il y a eu une phase de transition qui a sûrement été très difficile à vivre pour ces maires sortants. Je dois constater que l'amour-propre a été mis dans la poche vu l'urgence de la situation. Bien sûr, on sait que c'est compliqué pour certaines personnes mais le travail s'est fait.»

«Regardez l'application que tous les maires ont pour trouver des masques. Ce sont des maires qui ont été réélus, ce sont des maires qui n'ont peut-être pas encore été réélus parce qu'ils sont candidats à deuxième tour, ce sont des maires qui ne se représentaient pas, ce sont des maires qui ont été battus... Il n'empêche qu'ils ont tous été au boulot pour permettre de couvrir les besoins de leur population. C'est la vrai force de la commune.»

«En Côte-d'Or, on a 698 vecteurs de proximité. En France, on en a 35.000. Si on réussit à sortir de cette crise dans des conditions humaines pour l'instant soutenables, c'est aussi parce qu'il y a eu les communes qui se sont débrouillées pour assurer le lien social, le lien intergénérationnel. En fin de compte, pour adapter les politiques à des situations très particulières sur le terrain. La commune a prouvé qu'elle n'était pas qu'utile, elle est aujourd'hui indispensable. On le voit particulièrement en situation de crise».

«Des intercommunalités qui ont agi en concertation avec les communes»


Est-ce que la crise sanitaire redonne plus de poids aux communes par rapport aux intercommunalités ?

«On revient sur cette notion de vouloir faire partout pareil et de plus en plus gros. On voit que l'on peut avoir des politiques différenciées, territoriales. Il y a un canevas général qui doit être respecté mais une situation particulière nécessite une politique particulière».

«La commune a toute sa place. Il y a ce couple entre commune et intercommunalité. On voit que c'est un travail de coopération et pas une intercommunalité qui aurait à se substituer à la commune. Une communauté de communes, c'est une communauté constituée de communes. C'est une des grandes leçons de la période que nous vivons actuellement : des intercommunalités qui ont agi en concertation avec les communes.»

«La déconcentration, c'est le préfet, la décentralisation, ce sont les maires»


Est-ce que l’État a entendu le message ?

«On a eu un confinement complètement uniforme et complètement centralisé et un déconfinement qui a été beaucoup plus déconcentré, beaucoup plus décentralisé. J'espère que ce n'est pas qu'une période de crise mais qu'on a vraiment compris de manière pérenne que ce qui est de la déconcentration, c'est le préfet, ce qui est de la décentralisation, ce sont les maires.»

«Derrière ces figures des femmes et des hommes maires, il y a des centaines de bénévoles que sont les conseillers municipaux, il y a les agents toujours actifs pendant la France. La France, c'est une belle photo parce qu'il y a beaucoup de pixels. Il y a 35.000 pixels. Si on supprimait tous ces pixels, l'image serait beaucoup moins harmonieuses.»

Quelles sont les actions en cours de l'AMF 21 ?

«L'AMF 21 est en train de terminer un gros cycle de livraison de masques. On aura en tout livré 77.000 masques pour les communes et les intercommunalités. On a des masques jetables qui ont été payés directement par l'AMF 21 pour aider dès le début de la crise les intercommunalités. Depuis trois semaines, ce sont des masques lavables qui sont distribués aux communes. C'est un groupement de commande que l'on a organisé.»

«Nous avons voulu ne pas ajouter du trouble au trouble. Nous avons ciblé ces commandes pour les agents des collectivités.»

Propos recueillis par Jean-Christophe Tardivon


Réélu maire de Brognon le 23 mai 2020, Ludovic Rochette préside l'AMF 21