
Le directeur d'Alésia a été distingué, ce jeudi 23 avril, à Alise-Sainte-Reine, par le président du Département de la Côte-d'Or. Laurent Bourdereau a revendiqué un «travail au service de l'accès à la culture pour tous».

Homme de culture, Laurent Bourdereau a travaillé avec Yan Pei-Ming ou encore Bertrand Lavier. Aujourd'hui, il dirige le Muséoparc Alésia. Ce jeudi 23 avril 2026, à Alise-Sainte-Reine, Laurent Bourdereau a reçu les insignes de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres des mains de François Sauvadet (UDI), président du Département de la Côte-d'Or.
La cérémonie s'est déroulée dans l'auditorium du musée, en présence de Marc Frot (LCOP), président de la société publique locale Muséoparc Alésia, de vice-présidents du Département, de maires de communes de l'Auxois, de personnels du musée et de membres de la famille du récipiendaire.
Le parcours professionnel de Laurent Bourdereau
Né à Dijon, passé par le lycée Carnot, Laurent Bourdereau a suivi des études supérieures d'histoire de l'art. Dans son éloge, François Sauvadet a salué «une formation marquée par une exigence intellectuelle – aussi personnelle – d'inscrire l'histoire dans son époque, de la rendre accessible». «Vous avez fait le choix de vous investir dans une culture vivante, qui soit incarnée.»
Déjà actif au sein du cinéma d'art et d'essai Eldorado, Laurent Bourdereau s'est impliqué auprès de l'équipe du centre d'art contemporain Le Consortium. Il a alors travaillé avec Xavier Douroux qui l'a incité à «faire dialoguer les disciplines» et à «décloisonner les pratiques» de façon à «rapprocher la création de celles et ceux qui en sont parfois éloignés».
Se tournant professionnellement vers des équipements culturels territoriaux, Laurent Bourdereau a dirigé des centres culturels à Lure et Chaumont avant de prendre la direction du festival Chalon dans la rue puis de la Fête de l'Essonne.
Dans ce département, lui est alors confiée la direction des Domaines départementaux où il a conjugué «patrimoine, création contemporaine et enjeux environnementaux».
«Vous avez développé une vision qui était audacieuse où l'art dialogue aussi avec le paysage, où le visiteur devient acteur et où la culture s'inscrit pleinement dans les défis de notre temps», a relevé François Sauvadet avant de signaler des missions humanitaires au Bénin et à Madagascar.
Le parcours de Laurent Bourdereau s'est prolongé à Lons-le-Saunier où il a dirigé la Maison de la Vache qui rit avant d'être recruté au Muséoparc Alésia, en 2023.
Faire d'Alésia «un espace d'expériences, de découvertes et d'émotions»
«Vous avez continué de démontrer votre capacité à réinventer des formats , à attirer de nouveaux publics et à faire d'un espace culturel, un espace vivant attractif», a glissé François Sauvadet pour en venir à ce que Laurent Bourdereau a apporté à Alésia.
«J'ai retrouvé dans votre approche, la vision, le sens que je souhaite donner à ce grand site d'Alésia depuis son inauguration en 2012», a développé le président du Département – collectivité propriétaire du site –, «c'est-à-dire d'abord en faire un centre, pas simplement d'interprétation, mais un vrai centre vivant de notre histoire commune (…) en faisant vivre le site pour en faire un espace d'expériences, de découvertes et d'émotions.»
En fonction de quoi, avec quelques 80.000 visiteurs, Alésia est entré dans «le top 5 des destinations touristiques de la Côte-d'Or».
«Découvrir de nombreux territoires artistiques»
Les premiers mots du nouveau chevalier furent pour remercier François Sauvadet pour la remise des insignes, Rachida Dati – qui l'avait nommé dans la promotion de février 2026 quand elle était encore ministre de la Culture – et les équipes qu'il a dirigées successivement.
«Recevoir cette distinction est, bien évidemment, un honneur qui m'oblige et m'encourage à poursuivre, avec la même conviction, ce travail au service de l'accès à la culture pour tous, du dialogue qui m'est cher entre patrimoine et création, et du lien essentiel entre culture et société», a réagi ensuite Laurent Bourdereau.
«Au cours de ces 30 dernières années, j'ai eu le privilège de découvrir de nombreux territoires artistiques», a rappelé l'orateur, «art contemporain, arts de la rue, le cinéma, les musiques actuelles, les jardins historiques, l'enseignement musical et l'événementiel jusqu'à l'archéologie».
Aujourd'hui, le récipiendaire s'attache donc à «faire rêver la population tout en étant les gardiens attentifs d'un patrimoine et d'un site d'exception».
«C'est encore un vrai plaisir de travailler pour les publics aujourd'hui», a-t-insisté, «je ne cesse auprès de mes collègues d'autres établissements culturels de leur dire qu'il faut absolument mettre les publics au cœur de nos investissements et de nos projets».
«Je suis persuadé que cette mixité d'être aux côtés de spécialistes, de chercheurs, d'artistes, c'est aussi, quelque part, explorer les chemins de la connaissance, de la curiosité et cette attachement aux humanités dans toutes leurs richesses et leurs diversités», a revendiqué finalement Laurent Bourdereau avant de remercier tout particulièrement les personnels du Muséoparc Alésia.
Jean-Christophe Tardivon














