Recherche
> Côte d'Or > Côte d'Or
01/06/2020 10:51

DÉCONFINEMENT : «Respecter les mesures sanitaires, c’est la priorité» de l’hôtel Best Western Dijon Quetigny

Situé dans la zone du Cap Vert en périphérie de Dijon, l’établissement 3 étoiles ++ a rouvert ses portes le mercredi 25 mai. Le point sur «une autre méthode» d'accueil post-confinement avec Clémence Berthier, manager de l'hôtel.
En tant qu’hôtel, l’établissement Best Western Dijon Quetigny, 1 rue du Cap Vert à Quetigny, n’était pas tenu de fermer ses portes à la mi-mars. Sauf que Clémence Berthier, manager de l’hôtel, se souvient : «Le lendemain de l’annonce du confinement, on a eu 200 annulations. On se préparait à un mois de juin - notre plus beau mois - exceptionnel».

Ce mois de juin, c’est donc celui qui débute. L’hôtel le passera ouvert et peut constater que les annonces du Premier Ministre jeudi dernier, relatives à la deuxième phase du déconfinement, ont leurs effets positifs. «À partir de mardi prochain, nous passerons à plus de dix chambres réservées (contre 4 mercredi 27 mai et 4 jeudi 28 mai). Ce qui n’est pas mal dans le contexte», note Céline Berthier.

L’établissement du groupe HPVA Hôtels compte 80 chambres de tout type, dont deux suites familiales. Il n’affichera sans doute pas complet en juin, tel qu’il pouvait l’être chaque semaine avant la crise sanitaire, mais le redémarrage de l’activité via les réservations enregistrées a tout de même encouragé à la réouverture.

«Dans la mesure du possible,

on essaie de rester qualitatif et d’offrir un service personnalisé»


Les conditions sanitaires sont réunies, selon une démarche déclinée par la marque Best Western validée par le groupe Apave. Une démarche sanitaire en vigueur aujourd’hui des portes d’entrée jusque dans les chambres, en passant par la salle de petit déjeuner et buffet, ou plutôt en n’y passant pas… Le petit déjeuner est constitué avec le client à son arrivée mais il lui est servi dans sa chambre, déposé par un personnel de l’hôtel à l’entrée de la chambre après avoir toqué pour prévenir le client, que la réception peut aussi appeler au téléphone si besoin pour lui signifier que son petit déjeuner est déposé. Un petit déjeuner où «tout est jetable».

«Dans la mesure du possible, on essaie de rester qualitatif et d’offrir un service personnalisé», tient à dire Clémence Berthier, en poursuivant sur le procédé «sur demande» mis en place pour la composition de la chambre. Elle explique : «La chambre est dégarnie des jeux d’oreillers, des coussins décoratifs, de chemin de lits… Il n’y a pas de stylo, pas de bloc-notes, pas de produits d’accueil tels que les petits gâteaux, pas de plateau de courtoisie, le mug également a été remplacé par des gobelets en plastique… Il n’y a que la bouteille d’eau qu’on a laissée. Dans la salle de bains également, les produits ont été enlevés. Ce qu’il manque, c’est sur demande».
Et pourtant, en enlevant un certain nombre d’éléments pouvant être des surfaces à microbes, le temps moyen de nettoyage d’une chambre est passé de 20 à 40 minutes.

Les femmes de ménage sont sur-équipées. «Des charlottes, des sur-chaussures, des masques, des blouses à laver entre chaque service, à l’hôtel et entre 60 et 90 degrés, des gants à jeter à la fin de chaque nettoyage de chambre, un entretien agrémenté de produits virucides», les précautions ne manquent pas, pour le bien de la clientèle mais aussi pour celui du personnel. C’est d’ailleurs le client qui est tenu d’aérer sa chambre avant de partir.
«Si le client part le jeudi matin, sa chambre ne sera pas nettoyée avant le vendredi, avant d’être à nouveau proposée à la réservation. Cela fait au moins 48 heures sans occupation».
Le port du masque est également valable pour les clients au sein même de l'hôtel.

Dans le bâtiment R+2, l’ascenseur n’est pas condamné mais il est bien spécifié que c’est une personne à la fois qui peut le prendre.

«Votre salarié ne prend aucun risque à venir fréquenter notre établissement»


«C’est une autre méthode. On a des mécanismes qui commencent à s’intégrer», résume Clémence Berthier, convaincue que c’est la bonne méthode dans le contexte : «Généralement, la compréhension est là. De toute manière, le client veut se sentir en sécurité. Sinon, il va rester chez lui pour faire du télétravail».
Justement, dans une zone d’activités tertiaires, ayant notamment comme répercussion d’apporter une clientèle business à l’hôtel la semaine, l’établissement a pu souffrir de la réticence des employeurs à réserver des chambres à leurs salariés lorsque la circulation du virus était très active. C’est une des raisons de la fermeture de l’hôtel le mercredi 18 mars et Clémence Berthier veut aujourd’hui rassurer sur ce point-là : «Si vous allez dans l’hôtel d’une chaîne qui a un engagement sanitaire, vous avez une garantie de conformité et de sécurité. Dans un appartement par exemple, vous n’avez pas ces garanties. Tout est cadré dans un hôtel, avec une traçabilité et des contrôles sérieux. Aujourd’hui, on est en mesure de dire aux employeurs : ne vous inquiétez pas, votre salarié ne prend aucun risque à venir fréquenter notre établissement».
La mise en place du dispositif sécurisant a occasionné plus de 2.000 euros de dépenses pour l’établissement, dont la directrice et le personnel ont été formés aux gestes barrières.

Sur les 14 personnes qui composent l’équipe, quatre sont revenues à partir du 25 mai, mais aucune n’a été licenciée. Toutes ont été ou sont encore en chômage partiel. «Le but était de redémarrer lentement mais sûrement pour que chacun prenne ses marques». Les 6 et 7 juin correspondront au premier week-end d’ouverture post-confinement de l’hôtel (pour une clientèle de loisirs essentiellement).

La reprise progressive plutôt que le chiffre à tout prix


Étant donné que l’établissement avait ouvert le 6 mai 2019, les prix attractifs proposés pour le lancement lui permettent aujourd’hui de ne pas envisager de hausse pour compenser les pertes liées au confinement. Et la manager l’assure : «En temps normal, on se baisait sur une moyenne de 85 euros la chambre (petit déjeuner compris). On se dit que le client peut lui aussi être impacté par le contexte économique. Il veut des conditions souples, il veut pouvoir annuler sans frais au dernier moment et on essaie de ne pas être sévère en laissant le remboursement possible même en cas d’annulation à la dernière minute». Elle insiste en parallèle : «Faire du chiffre c’est bien, mais respecter les mesures sanitaires c’est la priorité».
Conséquences directes du contexte économique, l’expérimentation de co-working envisagée est repoussée à septembre et il faudra attendre pour l’extension du bâtiment (3 salles de séminaires modulables sur 100 m2) qui était prévue initialement début 2021.

Clémence Berthier pense à «un retour à la normale au trimestre prochain», en espérant que la crise sanitaire et ses répercussions s’atténuent. Au sein de l’hôtel 3 étoiles ++, même si s’installer dans le hall d’accueil, au bar ou en terrasse est autorisé dans la limite du raisonnable, avec l’ouverture de la salle de réunions là aussi sur demande, l’ambiance est particulière. Mais une partie de l’équipe est de retour et la directrice fait le voeu que l’activité environnante reprenne dans une dynamique qui fait de la zone un pôle attractif et animé.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier