
Sur les 17 membres du groupe politique Côte-d'Or Terres d'avenir, deux n'ont pas voté contre le budget primitif présenté par le président de la collectivité François Sauvadet, ce mardi 17 décembre, à Dijon.
L'annonce a provoqué un grand silence dans l'assemblée. Ce mardi 17 décembre 2024, à Dijon, au moment de voter le budget primitif pour 2025 du conseil départemental de la Côte-d'Or, Hamid El Hassouni (PS) s'est abstenu.
Le vote du budget est le geste le plus éminemment politique. Il sépare la majorité, qui vote pour, de l'opposition, qui vote contre. Le fait qu'un adhérent historique de la section dijonnaise du Parti socialiste, ayant parrainé Jean-Luc Mélenchon (LFI) à la présidentielle de 2017, proche de François Rebsamen (PS, FP) s'abstienne a provoqué la surprise dans les rangs de la majorité.
Qui plus est, Pierre Poillot (PS), défenseur de la ruralité et critique du phénomène de métropolisation, s'est également abstenu.
Lui aussi siège au sein du groupe d'opposition Côte-d'Or Terres d'avenir dont les 17 membres affichent des positions allant du socialisme rural à la gauche radicale en passant par la social-démocratie.
À l'issue de la session, le président du groupe Christophe Avena (PS) a répondu aux questions d'
Infos Dijon.
Entre «marqueur politique» et «incertitude»
Le groupe d'opposition vient de voter en ordre dispersé le budget primitif 2025 : des votes contre, des abstentions. Comment analysez-vous cela ?«Ce n'est pas une question de dispersion. C'est un groupe d'abord qui est très représentatif de ce que peut être l'opposition, rassembleur, où chacun est élu sur son nom.»
«On a eu débat sur quelle était la meilleure façon d'exprimer, comme cette session a pu démontrer, un budget un peu trouble, difficile, pour lequel il était difficile de réellement se prononcer, avec une incertitude absolue.»
«Pour certains, et ça a été bien exprimé, il était nécessaire de le marquer en étant contre, parce que c'est un marqueur politique important, et d'autres ont fait choix de l'abstention de manière à marquer qu'ils étaient, non pas en accord avec ce budget, mais dans une incertitude telle qu'il était temps, aujourd'hui, de ne pas être sur une attitude habituelle. Donc, ça a été ce choix qui a été débattu. Je ne pense pas que ce soit autre chose que cela.»
«Il n'empêche que, très clairement, l'opposition a rappelé son rôle, ses propositions et continuera de présenter ses propositions qui sont différentes de celles que le président actuel du conseil départemental fait.»
«Je suis opposé à toutes les radicalités»
Le président de la collectivité lui-même a souligné la modération de votre propre ton pendant les débats. Cela ne vous heurte donc pas que cette modération aille jusqu'à certaines abstentions ?
«Il ne faut pas confondre modération et abstention, non. Ce que je prône depuis longtemps, c'est un dialogue, un échange possible, une explication claire.»
«Il faut que tous les Côte-d'Oriens comprennent. J'entends régulièrement dire ''blanc bonnet et bonnet blanc, tous les mêmes''. Non, on a une stratégie, une politique à mener qui est différente. Mais, bien évidemment qu'il serait irresponsable, comme dans certaines autres collectivités, de systématiquement, dogmatiquement s'opposer à toutes les propositions. C'est inaudible, c'est inentendable et c'est très radical.»
«Je suis opposé à toutes les radicalités. Et, pour cela, il faut faire preuve de responsabilité, dire quand c'est bien, ça nous permet de dire ce que nous ne ferrions pas et ce que nous considérons comme pas bien. C'est la stratégi qui est mise en place. Il y a eu du débat – c'est bien qu'il y ait du débat dans notre groupe – pour l'exprimer d'une façon pas forcément identique.»
«Le marqueur politique, c'est de voter pour un budget. Dans notre groupe, je crois que ça n'est pas le cas.»
«Plus de 90% de ce budget n'est pas pilotable»
On peut s'attendre à des décisions modificatives budgétaires arrivant assez vite en fonction de ce qu'un futur gouvernement mettra en place. Quelle sera l'attitude du groupe sur les décisions modificatives ?«C'est là un élément strictement essentiel. [François Sauvadet] évoquait le fait que ce budget est une réussite. On juge la course quand elle est arrivée. Il va y avoir pas mal d'obstacles qui vont être mis sur le chemin. Ces obstacles vont traités via décisions modificatives, c'est essentiel.»
«On verra en fonction, bien évidemment, de nos propositions comment elle se situent. Pour certaines, il est probable qu'elles soient en accord.»
«Je l'ait dit en discours les liminaire. Il y a le pilotable et le non pilotable. Il faut quand même comprendre que plus de 90% de ce budget, aujourd'hui, n'est pas, en réalité, pilotable d'un Département à l'autre. Mais, les 10% qui restent sont essentiels pour les Côte-d'Oriens.»
«À chaque fois que ce que nous portons, nous, sera favorable, nous voterons pour, et, à chaque fois que nous aurons d'autres propositions à faire car voter contre n'est pas une réponse. Quand on vote contre, on doit dire ce que l'on propose. Lors de cette période du budget au fil de l'eau, systématiquement, nous feront des propositions qui correspondent à ce que nous pensons d'un bien pour les Côte-d'Oriens.»
«C'est bientôt les fêtes de fin d'année. Je souhaite à tous les Côte-d'Oriens et Côte-d'Oriennes de passer de très belles fêtes de famille.»
Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon