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18/11/2020 17:26

DÉPARTEMENT : Colette Popard juge «timides» les orientations budgétaires

Si les Forces de Progrès reconnaissent une certaine dynamique dans les engagements budgétaires possibles de la majorité départementale, le groupe d’opposition trouve que la collectivité territoriale «manque d’ambition» dans ses projets, doublée d’un manque de concertation avec tous les acteurs des territoires.

Dans une session où il était beaucoup question d’orientations et de stratégies, on s’attendait forcément à des divergences d’opinions et d’approches entre les deux camps : la majorité et l’opposition. Toutefois, les premiers propos de Colette Popard, présidente des Forces de Progrès, ont lancé les débats et autres échanges sur un ton apaisé, consensuel et même sympathique à certains moments.

«Je voudrais vous remercier Monsieur le président pour le ton de votre propos. Je lis et j’écoute dans d’autres enceintes des débats houleux qui ne font pas honneur à la République aujourd’hui et qui ne font pas honneur aux élus qui provoquent ces débats houleux, qui les nourrissent pour se faire remarquer ou pour des raisons politiques que je ne jugerai pas... Aujourd’hui, les citoyens ont besoin d’avoir des hommes et des femmes politiques responsables qui puissent leur apporter un plus, encore plus que d’habitude», a déclaré Colette Popard pour insister les valeurs républicaines «qui fondent notre société», en déplorant ensuite un contexte économique et social compliqué et inquiétant, auquel les élus doivent répondre par «la protection des hommes et des femmes, des enfants, les plus précaires». Sans omettre le travail des personnels médicaux, ou encore la protection de l’environnement.
Pour la chef de file de l’opposition départementale, «il faut donner les moyens nécessaires et indispensables à la bonne marche du service public». Le Département l’assume, «mais pas assez» selon l’opposition.
L’accompagnement des plus fragiles au travers de l’augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA (+ 4,5 millions d’euros sur le budget de la collectivité) est certes un effort supplémentaire, «mais c’est logique».

Sur le volet culturel, la politique de lecture publique présentée ce 17 novembre «est une bonne chose, mais allons plus loin, développons encore plus la culture partout. Renforçons les subventions aux associations car c’est un outil important pour lutter contre les intégrismes».

«Nous voulons aller plus loin»


Pour les communes et intercommunalités, les programmes pluriannuels ne conviennent pas à l’opposition. «Nous voulons aller plus loin», a réagi Colette Popard, en entendant que le Département devrait revoir ses plafonds de financement à hauteur de 50% des projets (programme «Village Côte-d’Or), «qui ne permettent pas aujourd’hui à certaines communes d’envisager des demandes d’aides. Les règlements ne sont pas adaptés».

Plus largement, Colette Popard trouve que les orientations budgétaires sont «timides» et ne salue pas forcément la capacité d’endettement abaissée à 3,4 années.
«C’est bien, alors que la loi de programmation des finances publiques a fixé le plafond national à 9 années, et que la moyenne de l’ensemble des Départements est de quatre années...», a glissé la première représentante de l’opposition. En poursuivant plus clairement : «Qu’est-ce que cela traduit ? Ça traduit quand même un manque d’ambition politique. Ne le prenez pas mal, je vais vous faire des propositions. Ce désendettement résulte quand même du manque d’investissement dans des projets structurants».

Quid de la rénovation énergétique des EHPAD et des collèges ?


L’exemple donné fut le suivant : «Où en est la rénovation énergétique des EHPAD et des collèges ? Ces programmes remplissent trois objectifs : créer de l’emploi sur nos territoires ; lutter contre le réchauffement climatique ; réduire la facture énergétique. C’est une vraie différence que nous avons là mais elle peut être gommée à l’avenir car il y a des choses à faire dans les EHPAD et les collèges.
Les orientations qui sont faites ne prennent pas en compte à notre avis la mesure de ce qui se passe dans les EHPAD. Ces établissements sont en grande difficulté. Le Département n’en est pas responsable à 100% mais il doit prendre sa part de responsabilité en tant que co-financeur.
Vous allez nous proposer une augmentation du point GIR de 7,50 euros. Nous vous avons déjà fait une proposition d’augmentation à 8,40 euros, nous la réitérerons au budget primitif en fin d'année.
La problématique est la même pour les services d’aide à domicile. Quelle sera la position du Département sur l’augmentation salariale des aides à domicile ? Vous n’en avez dit mot… Nous proposerons une augmentation de 10% au budget primitif.»

Sur un point des orientations, opposition et majorité se sont accordées : le dépôt d’un voeu sur la perte d’autonomie financière des Départements, en référence notamment au transfert aux communes de la taxe foncière et surtout à la TVA en contrepartie, sur laquelle les collectivités territoriales n’ont dans le fond aucune maîtrise.

Pour conclure son allocution dans le cadre du DOB, Colette Popard a noté la reprise par la majorité de propositions émanant de l’opposition, en souhaitant que les 20 millions d’euros perçus cette année via les DMTO continuent à servir à des investissements dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité.
«Ces stratégies que vous nous présentez peuvent être améliorées… Accompagnez les agriculteurs dans une transition vers le bio… Travaillez avec tous les acteurs sur le sujet… L’écologie résulte de choix politiques qui ne sont pas réellement faits aujourd’hui».

«L’argent public n’a pas vocation à amoindrir le coût de l’enseignement privé»


Dans un autre registre, concernant l’aide d’1,74 euros pour la restauration scolaire quotidienne de chaque collégien du département, élargie ce mardi aux établissements privés, Céline Maglica s’est demandée pourquoi l’élargissement n’a pas été pensé dès la rentrée de septembre, tout en faisant remarquer : «Les inégalités ne sont pas comblées et ce n’est d’ailleurs pas une question d’égalité, mais d’équité. Les prix des repas ne sont pas les mêmes dans le public que dans le privé. Les parents savent que le privé engendre des frais supplémentaires et le font en conscience. Le Département - l’argent public - n’a pas vocation à amoindrir le coût de l’enseignement privé. Une proposition juste aurait été d’élargir les dotations du fonds social. Il faut soutenir ponctuellement tous ceux qui subissent des pertes de revenus et non donner la même chose à tous».

Massar N’diaye a quant à lui exprimé une pensée pour la jeunesse dont les perspectives professionnelles sont détruites par la crise actuelle et la montée de la pauvreté, en estimant plus globalement : «Il faut accompagner cette jeunesse dont la majorité se sent oubliée... La justice sociale et fiscale fait encore défaut dans nos politiques publiques».

Le rapport sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes mais aussi la présentation du plan d'actions du Projet alimentaire territorial départemental a donné lieu à des confrontations d’approches et d’appréciations (à retrouver en vidéo en cliquant ici).

Au cours de la séance, l’opposition a réaffirmé les désaccords énoncés et voulu alerter le président du Département sur des limites à ne pas dépasser…
Sur la gestion de l’eau, une volonté de «prendre la main» sur celle-ci ainsi qu'un manque de concertation avec les intercommunalités lui sont reprochés… De même que d’«entendre parler sans arrêt de la Métropole et de la guégerre des chefs»…
Dans ses propos liminaires, François Sauvadet s’est défendu de mener une guerre, en expliquant simplement qu’il se doit de parler et d’agir au nom de tous les Côte-d’Oriens (retrouvez notre article en cliquant ici).

Sur l'évolution du régime indemnitaire, l'opposition s'est abstenue au motif que les agents de la catégorie C «n'ont pas été réévalués correctement».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier


François Sauvadet entend répondre à toutes les solidarités