
Le président du Département de la Côte-d'Or a annoncé, ce lundi 22 juin, «le programme le plus important depuis le déploiement du très haut débit» avec 63 millions d'euros d'autorisations de programme dédiées à la production d'eau. Malgré le contexte budgétaire, «il faut continuer à investir parce que c'est vital pour l'avenir», a-t-il revendiqué.

À l'approche du milieu de l'année, ce lundi 22 juin 2026, à Dijon, le conseil départemental de la Côte-d'Or a abordé son traditionnel budget supplémentaire pour ajuster sa comptabilité publique.
Après avoir rappelé la position de Départements de France sur les dépenses non compensées par l’État, François Sauvadet (UDI), président de la collectivité et de l'association d'élus, a souligné les enjeux en matière de production d'eau et de services numériques. Peu après, l'opposant Christophe Avena a dû quitter la salle.
Une session un jour de vigilance rouge à la canicule
En tout début de session, alors que la climatisation rafraîchit la salle des séances, François Sauvadet rappelle les mesures de la collectivité pour faire face à la canicule (
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«Notre engagement au côté des plus fragiles est plein et entier», insiste le président du Département en évoquant les EHPAD ou encore le collège Jean-François Champollion où des élèves avaient cours dans des équipements modulaires peu adaptés aux fortes chaleurs.
«Les dépenses pilotable seront maîtrisées et devront tenir dans l'épure de notre budget primitif»
Le budget supplémentaire comprend 3,7 millions d'euros de crédits nouveaux, soit une variation de dépenses de 0,65% : «cela veut dire notre précision que l'on a mis à l'élaboration de notre budget primitif». En novembre, la décision modificative budgétaire portera sur les allocations individuelles de solidarité, dont le revenu de solidarité active.
«Les dépenses pilotable seront maîtrisées et devront tenir dans l'épure de notre budget primitif», martèle le responsable de l'exécutif départemental qui s'attend, dans un contexte d'«explosion de la dépense sociale et des ressources en baisse», des coûts énergétiques supplémentaires, notamment en carburants. «Si on veut continuer toutes nos missions, il faut rechercher des voies d'efficience.»
«Nous n'acceptons plus aucune dépense nouvelle qui ne soit pas compensée et financée»
«Il faut que l’État arrête de charger la barque pour consolider notre modèle social qui est, à terme, menacé», poursuit François Sauvadet. «Nous n'acceptons plus, tous les Départements de France, plus aucune dépense nouvelle qui ne soit pas compensée et financée.»
«Suppression» de la dotation de soutien à l'investissement des Départements (DSID), «amputation» du Fonds vert... «comme les Côte-d'Oriens, on a moins d'argent et on doit faire mieux avec ce que nous avons», considère l'élu centriste. «On doit rechercher à ce que les euros dépensés aillent bien à ceux auxquels ils sont destinés.»
63 millions d'euros d'autorisations de programme pour la production d'eau potable
«Il faut continuer à investir parce que c'est vital pour l'avenir», défend François Sauvadet qui propose, à l'étape du budget supplémentaire, que le plan d'investissement soit «avancé». Cela concerne le patrimoine immobilier, le soutien aux communes et l'eau.
Ce dernier sujet constitue «le programme le plus important depuis le déploiement du très haut débit» avec 63 millions d'euros d'autorisations de programme, au côté des syndicats d'eau, qui seront amorties sur 50 ans. En particulier, près de 700.000 euros sont dédiés à des crédits d'étude pour «démarrer sans plus tarder» les projets aux Maillys et à Grobsois.
Le budget supplémentaire intègre 5 millions d'euros qui sont fléchés pour l'entretien des routes. «J'assume le choix politique d'être au côté des communes», insiste François Sauvadet.
«On n'est pas en compétition avec l'ARNIA»
Le président du Département enchaîne avec les «stratégies du futur» et prône «une [intelligence artificielle] souveraine, respectueuse des libertés, maîtrisée par les services du Département, en étroite collaboration avec la Commission nationale de l'informatique et des libertés».
«On n'est pas en compétition avec l'[Agence régionale du numérique et de l'intelligence artificielle], on voit beaucoup plus loin», déclare-t-il, quelques jours après un entretien avec Jérôme Durain (PS), président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, avec qui il a convenu «que les Départements conservent la main sur ce sujet majeur pour nos communes et l'avenir de nos territoires». «On est dans une perspective de service global à la commune et à ses habitants. (…) Les Départements sont beaucoup plus agile à porter ce sujet que les immenses Régions.»
«La sincérité des comptes, c'est rendre service à la démocratie»
Avec ce budget supplémentaire, les dépenses de fonctionnement 2026 atteignent 586,2 millions d'euros, les recettes de fonctionnement 637,4 millions d'euros et les dépenses d'investissement (hors remboursement du capital de la dette) 101,1 millions d'euros.
«J'insiste sur la sincérité de nos comptes», déclare François Sauvadet au regard cette fois du compte administratif, devenu compte financier unique. «Les investissements ont été réalisés. (…) La sincérité des comptes, c'est rendre service à la démocratie. (…) Dire ce que l'on va faire et faire ce que l'on a dit, c'est la meilleur réponse que l'on a à apporter aux vendeurs de peur qui nourrissent les populisme.»
«La chambre régionale des comptes vient souligner la qualité du travail engagé en matière de restauration scolaire (…) et du dialogue social en matière de ressources humaines», commente le président du Département à la lecture des notes des magistrats financiers. «Ce Département est décidé à continuer de préparer notre avenir pour ne pas avoir à le subir.»
Léger malaise de Christophe Avena
Le début de séance a été marquée par un léger malaise de Christophe Avena (PS), président du groupe d'opposition Côte-d'Or terres d'avenir. Au moment de son intervention de politique générale, s'annonçant centrée sur la critique de la politique départementale de production d'eau potable, le socialiste s'est interrompu et a quitté la salle.
Céline Tonot (PS), vice-présidente du groupe d'opposition et maire de Longvic, étant absente pour participer aux Assises de la transition énergétique, Christophe Avena a confié la lecture de la suite de son document préparatoire à Patrick Audard (PS) et son pouvoir à sa binôme Marie-Thérèse Pugliese (PP). Selon nos informations, Christophe Avena est retourné à son domicile pour prendre un peu de repos.
Les débats ont ensuite repris pour aborder le rapport de la chambre régionale des comptes de Bourgogne-Franche-Comté, puis les délibérations concernant justement le thème de l'eau (
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Jean-Christophe Tardivon


