
Ce lundi 21 septembre, en session à Dijon, le président du conseil départemental a précisé les nouvelles mesures pour lutter contre les incendies sur le mode «quand l’État ne fait pas, on essaie de trouver des solutions». Après des votes à l'unanimité, la «réserve de sécurité d'eau» a été discutée par l'opposition pour qui «une mare n'est pas une citerne».

Une session exceptionnelle pour répondre à un été historique en matière de feux de forêt. Ce lundi 21 septembre 2026, à Dijon, François Sauvadet (UDI), président du conseil départemental de la Côte-d'Or, a réuni les élus pour examiner les mesures qu'il avait esquissées, le 7 septembre dernier, lors d'une cérémonie de remerciement aux sapeurs-pompiers pour leur engagement (
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Les nouveaux moyens comprennent l'extension du nombre de caméras de surveillance des massifs forestiers associées à un système d'intelligence artificielle, la location d'un hélicoptère bombardier d'eau et la sensibilisation des collégiens à la sécurité civile – pour un budget global d'environ 1,5 million d'euros – ainsi que le développement de «réserves de sécurité d'eau».
Le sujet étant consensuel, le groupe d'opposition Côte-d'Or terres d'avenir a marqué sa différence politique en abordant le thème du financement des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), ce qui a provoqué quelques tensions avec la majorité : quand François Sauvadet a entendu une «polémique stérile», Christophe Avena a déploré une «caricature» de ses propositions.
Une minute de silence en hommage à plusieurs personnalités de la Côte-d'Or
En prenant la parole, François Sauvadet exprime une pensée pour Raphaël Garrault, agent départemental récemment décédé lors d'une prise de service.
Puis, le président du Département rend hommage à l'ancien sénateur François Patriat – «figure de notre département, (...) on avait en partage la même vision de l'avenir de la France» –, qui a été conseiller général du canton de Pouilly-en-Auxois de 1976 à 2008 et même vice-président de 1994 à 1998, à Camille Deschamps – dont «chacun connaissait la gentillesse et la profonde humanité» –, conseiller général du canton d'Auxonne de 1992 à 2004, et à Robert Grimpret – «ardent défenseur de la reconnaissance de la ruralité comme étant une chance pour la France et vrai républicain» –, conseiller général du canton de Montbard de 1998 à 2015.
Les élus départementaux respectent alors une minute de silence en mémoire de ces personnalités disparues.
Une saison d'incendies avec 31 feux de forêt
Le bilan de la saison 2026 des incendies échoie au colonel Larry Châtillon-Ouvrard, directeur du SDIS 21, pour qui l'année correspond à «une saison de bascule» après les jalons de 2015 et 2022 : «la durée entre chaque événement se réduit pour que, demain, cela devienne notre quotidien aux sapeurs-pompiers de la Côte-d'Or».
En France, en moyenne, les températures ont été supérieures de 3,6°C aux normales de saison en juin, juillet et août. La période a été également marqué par un déficit de pluviométrie, pouvant atteindre 40% à Longvic, et des taux d'humidité faibles.
Du 15 juin au 16 septembre, l'ensemble des zones ont été classées en risque sévère pour les feux de forêt, ce que est «inédit pour le département». Le SDIS s'est préparé en découpant le département en huit zones avec un dispositif différencié en fonction du risque auquel était soumise la zone question.
Dans ce contexte, «les feux d'espaces naturels ont touché l'ensemble de l'espace végétal du département» : «beaucoup de feux sont partis de champs et on gagné le sous-bois» et les sapeurs-pompiers ont dû traiter «beaucoup d'interfaces habitat-forêt et habitat-espace agricole». Sont survenus des feux dans des espaces naturels dont «la géographie était contrainte pour les services de secours parce que les véhicules ne pouvaient pas accéder».
«L’expérimentation de caméras sur le Mont Afrique a été primordiale», relève le professionnel de la sécurité civile.
Le SDIS 21 a recensé 372 incendies, dont 31 feux de forêt, ayant brûlé 650 hectares, 1.328 sorties de secours, 2.337 sorties d'engins, 2 heures 41 de durée moyenne d'intervention et 7.310 sorties d'agents réparties entre 1.080 agents, soit la moitié du corps départemental.
En particulier, l'activité a été intense du 8 au 12 juillet derniers avec 59 feux à traiter, dont l'incendie qui a brûlé 45 hectares à Nuits-Saint-Georges.
«La solidarité interdépartementale a montré tout son sens»
Cette année, pour la première fois, le SDIS 21 a fait appel à des renforts extérieurs. Ainsi des renforts venus de 8 départements sont intervenus à Couchey et à Marsannay-la-Côte, où 145 hectares ont brûlé.
«L'incendie a été détecté dès le départ avec la caméra du Mont Afrique, ce qui a permis de dimensionner les moyens de manière conséquente avec, dans l'heure, une demande de moyens aériens à la zone de défense», indique Larry Châtillon-Ouvrard.
«L'ensemble des personnels ont répondu présents», salue le directeur du SDIS 21, «le quotidien a perduré alors que la canicule générait d'autres types d'opérations de secours». «Jamais nous avons été en situation de rupture capacitaire.»
«La solidarité interdépartementale a montré tout son sens» avec 145 sapeurs-pompiers venus d'autres SDIS.
Malgré la charge opérationnelle locale, le SDIS 21 a participé à la solidarité nationale avec 13 actions de renforts dans le sud-est, 6 dans le sud-ouest ainsi que d'autres dans l'Yonne, la Haute-Saône et la Saône-et-Loire dont un feu de broussailles au Creusot, le 7 août, où 18 agents du SDIS 21 ont été envoyés (
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«Depuis début septembre, on a une vision 3D du feu»
Le SDIS 21 met déjà le cap sur 2024 : «le retour d'expérience va nous servir notamment au travers de la détection précoce». Le service va «développer l'utilisation des caméras» puisque «la société a développé des mises à jour très utiles» : «depuis début septembre, on a une vision 3D du feu», a précisé le directeur.
«On va continuer à adapter nos capacités d'intervention, notamment en termes de souplesse et de disponibilité des équipes et continuer à travailler avec nos partenaires sur la partie prévention», a-t-il ajouté.
À l'issue de ce propos, l'assemblée départementale applaudit chaleureusement l'«engagement collectif hors-normes» des sapeurs-pompiers côte-d'oriens durant cette saison
François Sauvadet assure que «les moyens opérationnels ne seront pas comptés» au SDIS 21
«Protéger les Côte-d'Oriens face à l'évolution des risques liés au changement climatique» constitue «une priorité» pour l'exécutif départemental, compétent en matière de sécurité civile.
Avant de lister les mesures qui seront examinées par la suite, François Sauvadet assure que «les moyens opérationnels ne seront pas comptés» au SDIS 21, ce qui implique de «continuer de faire des efforts de gestions» alors que «le risque incendie a changé d'échelle».
Dans le cadre d'une convention pluriannuelle portant sur la période 2024-2028, le Département apporte chaque année 23 millions d'euros au budget du SDIS 21, après une enveloppe de 17 à 18 millions d'euros de 2012 à 2020. Cette contribution représente 56% des ressources de l'établissement public. Suivent la Métropole de Dijon avec 9,8 millions d'euros et les différentes communes avec 7,2 millions d'euros. De plus, le Département attribue des enveloppes ponctuelles dédiées aux investissements de l'établissement public.
Le budget primitif du SDIS 21 totalise 67,7 millions d'euros dont 44,9 millions d'euros en fonctionnement et 22,8 millions d'euros en investissement. L'opérateur de sécurité civile compte 45 centres d’incendie et de secours, 2.130 collaborateurs et un parc de 390 engins opérationnels.
«On est au cinquième rang des SDIS [NDLR : de la même strate] pour les dépenses consacrées aux centres de secours», souligne le président du Département.
Christophe Avena soulève le sujet des ressources humaines du SDIS 21
Sécheresse, incendies, inondations... «le changement climatique modifie fortement les risques auxquels notre département est confronté», analyse Christophe Avena (PS), président du groupe d'opposition Côte-d'Or terres d'avenir. «Le risque évolue plus vite que les moyens qui sont consacrés. Nous soutiendrons tout ce qui semble utile à la protection des Côte-d'Oriens.»
En regard des équipements nouveaux proposés par l'exécutif départemental, l'opposant appelle à «penser aux femmes et aux hommes» : «nous devons continuer de recruter, de fidéliser les volontaires et faciliter leur disponibilité ; nous devons ouvrir le débat sur les effectifs de professionnels». «Plusieurs Départements ont choisi d'accompagner financièrement l'évolution des effectifs.»
L'opposant suggère que l'Assurance maladie prennent en charge les carences ambulancières «à la hauteur des coûts engagés»
Concernant l'enjeu des missions sanitaires des SDIS, en particulier des carences ambulancières, Christophe Avena considère qu'il revient «à chacun de payer en fonction de la destination» : «ce qui relève de la maladie doit être pris en charge par l'Assurance maladie (…) à la hauteur des coûts engagés».
«Une mare n'est pas une citerne»
Par ailleurs, dans le cadre d'«une politique de prévention et de résilience», le socialiste incite à «préserver les zones humides, restaurer les cours d'eau, maintenir les prairies, les haies et le bocage, favoriser l'infiltration d'eau, lutter contre l'artificialisation des sols». «Nous devons investir dans le domaine de la prévention et de l'adaptation écologique de nos territoires.»
Sur ces questions environnementales, connexes aux enjeux de ressource en eau, l'opposant considère que «l'eau nécessaire à l'agriculture et celle de la sécurité civile répondent à des usages différents» et refuse d'appréhender «les mares et étangs comme des points d'eau disponibles» car «une mare n'est pas une citerne». «Nous ne répondrons pas durablement à la sécheresse en fragilisant les zones humides.»
Le socialiste propose de flécher directement une part de la TSCA vers les budgets des SDIS
Sur les aspects budgétaires, Christophe Avena propose de «désynchroniser le mode de financement issu des Départements de la réalité des SDIS» en fléchant directement une part de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) vers les budgets des SDIS, assortie d'une «péréquation territoriale», et, conséquemment, de revoir le rôle du bloc communal dans la gouvernance des conseils d'administration des SDIS actuellement présidés, de fait, par les responsables des exécutifs départementaux (
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«Dissocier la responsabilité des SDIS du pouvoir départemental serait une catastrophe pour la sécurité civile française», répond François Sauvadet
François Sauvadet balaie les propositions de Christophe Avena sur le financement des SDIS comme étant «une polémique stérile», se situant «à contre-courant de l'histoire», car «la contribution départementale va bien au-delà de ce que la loi prévoit».
«La part de TSCA est de 13 millions d'euros et nous contribuons à hauteur de 23 millions d'euros», argumente le centriste. «Nous avons voté une voté un subvention exceptionnelle de 5 millions d'euros, quand l’État mettait 1,5 millions d'euros [NDLR : pour acquérir des engins incendie]», et «5 autres millions d'euros pour investir dans les centres de secours».
Revendiquant «un engagement fort», le président du Département assure que «la présence territoriale sera maintenue : nous fermerons aucun centre de secours».
Concernant la gouvernance des SDIS, François Sauvadet répond sur la dimension politique du conseil d'administration de ces services de sécurité civile : «déconnecter le pouvoir politique de la gestion du SDIS, c'est déconnecter la protection civile de la population» car «verser la TSCA, c'est renvoyer à un dialogue exclusif du SDIS avec l’État. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers, ne souhaite plus le versement direct de la TSCA.»
Toutefois, «les efforts supplémentaires ne peuvent pas être assumés par les seuls Départements», estime celui qui préside également l'association nationale des élus départementaux. «On demande à l’État qu'il participe également» avec «un système de financement pérenne des SDIS» car «l’État ne finance que 3% de la sécurité civile française».
«Dissocier la responsabilité des SDIS du pouvoir départemental serait une catastrophe pour la sécurité civile française», insiste le centriste, «les SDIS doivent faire les mêmes efforts de gestion que toutes les collectivités».
«Quand l’État ne fait pas, on essaie de trouver des solutions»
Durant le débat, Hubert Poullot (LR), président du SDIS 21, salue lui aussi l'action des sapeurs-pompiers et la solidarité entre les SDIS voisins. L'élu de la majorité demande à l’État «une réforme de la TSCA» et «une enveloppe exceptionnelle» pour acquérir des équipements.
La vice-présidente Emmanuelle Coint (LCOP) centre son propos sur les ressources humaines et défend l'action du SDIS en matière de formation ainsi que les initiatives concernant les jeunes sapeurs-pompiers. L'élue de la majorité déplore que «rien ne bouge» sur les carences sanitaires. «Quand l’État ne fait pas et que c'est une nécessité absolue, on essaie de trouver des solutions», glisse-t-elle à propos de la location d'un hélicoptère bombardier d'eau.
La vice-présidente Marie-Claire Bonnet-Vallet appelle à étendre le principe de la valeur de ce que l'on sauve aux «milieux naturels» puis présente le vœu de soutien au modèle français de sécurité civile – sur la base d'un vœu similaire portée par Départements de France auprès du gouvernement – qui incite l’État à «ouvrir immédiatement une réforme du financement des SDIS», à «augmenter les recettes issues de la TCSA» et «garantir une meilleure indemnisation des missions sanitaires» dans un contexte où le gouvernement porte un projet de loi de modernisation de la sécurité civile.
«Notre soutien est total aux pompiers de Côte-d'Or», déclare Céline Maglica (PS) qui se demande «comment ont fait pour trouver des moyens supplémentaires ?» La socialiste insiste tout particulièrement sur le fait que «les sapeurs-pompiers ne sont pas un service de taxi pour se rendre à un rendez-vous médical».
Le Département acquière des caméras-IA mises à disposition du SDIS 21
L'exécutif départemental envisage de généraliser à «100% des espaces naturels, boisés et forestiers exposés» de la Côte-d'Or l'expérimentation de caméras de vidéo-détection de départs de feu dotées d'un système d'intelligence artificielle qui «permettent d'intervenir beaucoup plus vite», de jour, en 3 minutes, comme de nuit, en 5 minutes.
«L'IA va donner une information plus rapide et plus précise pour adapter les moyens», assure le président du Département qui a fait le choix d'acquérir les caméras puis de les mettre à disposition du SDIS 21 pour des coûts d'achat de 500.000 euros et de fonctionnement annuel de 30.000 euros.
«Nos pompiers se sont formés à cette nouvelle technologie», souligne le centriste. «Nous allons utiliser nos propres capacités de calculs et de stockage pour apporter ce service».
Quand Martial Mathiron (divers gauche) demande un bilan de l'expérimentation menée au Mont Afrique, Hubert Poullot renvoie à la présentation du directeur du SDIS 21. «Les faux positifs représentent moins de 3%», ajoute François Sauvadet.
Un hélicoptère bombardier d'eau basé à l'aéroport de Dole-Jura
«Je propose d'engager les moyens nécessaires pour se doter d'un hélicoptère bombardier d'eau mutualisé», déclare François Sauvadet qui a débuté des discussions avec les Départements de la Saône-et-Loire, du Jura et du Territoire de Belfort.
L'exécutif prévoit donc de louer un tel équipement au moins pour 2027 en prépositionnant l'équipage à l'aéroport de Dole-Jura. Les décisions opérationnels relèveront de l'autorité préfectorale, en lien avec les SDIS.
«Encore une fois, les Départements vont se substituer à une responsabilité de l’État», glisse Christophe Avena.
«Nous manquons de moyens aériens en France», réagit François Sauvadet, «dans le Finistère, un hélicoptère peut intervenir dans l'ensemble du département en 15 minutes». Un tel équipement a contribué à préserver 300 hectares en 2025. «La géographie du risque incendie change, nous devons évoluer sur la géographie des moyens de lutte», abonde Martine Eap-Dupin (LCOP).
Le coût de location de l'équipage est estimé à 500.000 euros, potentiellement réparti entre les Départements impliqués. Un marché public sera prochainement lancé.
Expérimentation du dispositif «Génération sécurité civile Côte-d'Or»
Pour «prendre le relais» des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires dans un contexte de baisse démographique, le Département souhaite expérimenter le dispositif «Génération sécurité civile Côte-d'Or» dans quatre collèges, lancer des cadets de la sécurité civile, une section
L'ensemble de ces jeunes devraient ainsi apprendre «comment alerter, protéger, secourir, prévenir, s'engager» avec notamment une formation aux gestes qui sauvent et la possibilité de devenir Jeunes Sapeurs-Pompiers en milieu scolaire.
«Il s'agit de faire devenir nos jeunes des acteurs et des actrices de la sécurité civile», insiste Catherine Louis (LCOP). Selon François Sauvadet, ces jeunes pourraient, par la suite, «constituer une réserve citoyenne de la sécurité civile».
En 2025, 55 jeunes ont obtenu le brevet national de Jeune Sapeur-Pompier sur 56 candidats et 45 anciens JSP ont rejoint les rangs des sapeurs-pompiers volontaires.
Benoît Bordat (FP) interroge l'exécutif sur le choix des premiers collèges et les moyens financiers. En réponse, Catherine Louis évoque «un maillage territorial raisonné» entre les zones urbaines et rurales. La mise en œuvre du dispositif devrait reposer sur la contribution des personnels de collège ainsi que sur la participation de l'Union départementale des sapeurs-pompiers et d'anciens agents du SDIS 21.
Vers l'établissement de «réserves de sécurité d'eau» utilisables par les sapeurs-pompiers
Après avoir salué «la participation des agriculteurs» a la lutte contre les feux d'espaces naturels, François Sauvadet annonce une prochaine convention avec la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or et les services de l’État pour «définir une organisation structurée de la participation des agriculteurs à la lutte contre les incendies de forêt» et établir des «réserves de sécurité d'eau» prévues par la récente loi d'urgence agricole.
Le responsable de l'exécutif départemental fait le lien avec la baisse des récoltes des différentes productions agricoles et la démarche ayant permis de soutenir 36 projets agricoles de récupération de l'eau à hauteur de 400.000 euros en trois ans.
«D'autres projets seront soutenus et un recensement des ressources d'eau mobilisables sera effectué», indique le centriste.
François Sauvadet assure «protéger la biodiversité et faire du stockage d'eau»
Sur les sujets spécifiquement agricoles, Marc Frot (UDI) établit un constat dramatique de la situation des exploitations, des cours d'eau et des zones humides.
Un Plan Eau Côte-d'Or 2050 sera présenté prochainement avec 21 actions pour «participer à une adaptation du changement climatique». Les points d'eau non utilisés pour l'eau potable, étangs ou mares, seront recensés et les aides de stockage seront révisées pour être étendues à «toutes les eaux».
«L'année 2026 est une situation extrême», constate également Pierre Poillot (divers gauche) qui évoque un «remake de 1976» sauf que «1976 était plus sec, il n'avait pas plu pendant plus de cinq mois et demi mais il n'y avait pas la canicule».
Le conseiller départemental d'opposition rend hommage à l'action de Pierre Meunier qui a rendu possible le barrage de Chamboux, dans le Morvan, et à celle de François Patriat qui était intervenu auprès du Premier ministre Michel Barnier, en 2025, pour revoir l'obligation de transfert de la compétence eau potable aux intercommunalités.
Dans le cadre de la révision envisagée par l'exécutif, Pierre Poillot – qui ne s'exprime pas au nom du groupe Côte-d'Or terres d'avenir – propose que l'aide à la récupération d'eau puisse être ouverte aux collectivités ou syndicats ayant une compétence dans le domaine de l'eau. François Sauvadet retient l'idée et envisage de l'examiner prochainement pour «faire coïncider tous les usages».
Alors que Céline Tonot (PS) pointe une «contradiction» – «l'eau est une ressource essentielle mais il ne faut pas la voir que sous le prisme du stockage mais bien de la préservation car, à un moment, on aura plus rien à stocker» –, François Sauvadet assure, en même temps, «protéger la biodiversité et faire du stockage d'eau».
«On a protégé 21 espaces naturels sensibles, souvent ce sont des mares qui ne sont pas des stocks d'eau», argument le président du Département qui renvoie au Schéma de la biodiversité.
«Des changements culturaux vont intervenir», anticipe-t-il, «les cultures du maïs et du tournesol vont être remises en cause, on va privilégier les cultures du printemps». «La question de stocker de l'eau est centrale pour les usages du quotidien, notamment dans certaines zones karstiques. (…) Une vache et son veau boivent 130 litres d'eau par jour, en période estivale».
Déplorant les «doctrines» et préférant «retrouver le chemin du bon sens», le centriste s'interroge sur «les effets de la continuité écologique des zones humides» dont «l'arasement des petits barrages». «Le Département est la bonne échelle pour traiter le problème de l'eau.»
«Le modèle de sécurité civile fonctionne en France même s'il est à bout de souffle»
Alors que les précédentes mesures avaient été adoptées à l'unanimité, ce rapport est voté par la majorité, ainsi que par Pierre Poillot et sa binôme, tandis que le reste du groupe Côte-d'Or terres d'avenir s'abstient.
En revanche, à la grande satisfaction de François Sauvadet, le vœu sur «l'appel à la solidarité nationale pour un financement pérenne des SDIS» est voté à l'unanimité (lire ci-dessous). Toutefois, selon le centriste, «le modèle de sécurité civile fonctionne en France même s'il est à bout de souffle».
Jean-Christophe Tardivon
Appel à la solidarité nationale pour le financement pérenne des SDIS
(communiqué)
Alors que des incendies d'une ampleur inédite frappent notre pays, notre Assemblée refuse de voir une nouvelle fois le débat se limiter à l'urgence du moment.
Partout sur le territoire français, comme en Côte-d'Or, les sapeurs-pompiers font face à une réalité nouvelle : des feux de forêt plus fréquents et plus violents, des sécheresses durables, des inondations majeures, des crises sanitaires à répétition et une explosion des missions de secours à personne. Jamais nos pompiers n'ont été autant sollicités, et jamais la Nation n'a autant attendu d'eux.
Pourtant, nous continuons à financer leur action avec un système conçu pour les risques d'hier. C'est toute la contradiction actuelle : les défis explosent, mais les moyens n'évoluent pas à la même vitesse. Aujourd'hui, nous avons atteint un point de rupture.
Depuis des années, les Départements tirent la sonnette d'alarme. Les rapports remis au Gouvernement par André Accary et Jean-Luc Gleyze en 2022, par Hubert Falco en 2023, puis les travaux du Beauvau de la sécurité civile ont tous livré le même verdict : notre modèle de sécurité civile n'est plus dimensionné pour répondre aux risques et défis d’aujourd’hui.
À l'échelle nationale, les Départements assument à eux seuls près de 60 % des 5,6 milliards d'euros de budget des SDIS. Cette contribution est passée de 1,6 milliard d'euros en 2005 à 3,3 milliards d'euros aujourd’hui, soit un doublement en moins de vingt ans.
Chaque nouvel investissement, chaque équipement, chaque adaptation aux risques climatiques ou aux besoins opérationnels repose essentiellement sur les départements. Et dans le même temps l'explosion des dépenses sociales obligatoires, qui représentent désormais près de 70 % de nos budgets, et le gel de nos ressources, réduisent drastiquement nos capacités d'investissement.
Au moment même où les risques explosent, où les feux gagnent en intensité et où les besoins de protection des populations augmentent, nous, principaux financeurs de la sécurité civile, voyons nos marges de manœuvre s'effondrer.
On ne peut pas demander au Département d'investir toujours davantage alors qu'il est lui-même au bord de l'asphyxie budgétaire. À force d'attendre, c'est notre capacité collective à protéger nos concitoyens qui est fragilisée.
Le Conseil départemental de la Côte-d'Or demeure profondément attaché au modèle français, fondé sur l'engagement complémentaire des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. C'est un modèle de proximité efficace et reconnu adaptés aux nouveaux risques qui ne peut survivre durablement sans les moyens adéquats.
Face à cette urgence, les conseillers départementaux de Côte-d’Or soussignés appellent le Gouvernement à :
- Ouvrir immédiatement une réforme du financement des SDIS, assortie de ressources nouvelles et pérennes, à la hauteur des risques auxquels notre pays est désormais confronté ;
- Augmenter les recettes issues de la Taxe Spéciale sur les Conventions d'Assurance (TSCA) ;
- Garantir d’une meilleure indemnisation des missions sanitaires ne relevant pas des missions des SDIS.




























