
Ce lundi 18 décembre, à Dijon, le président du conseil départemental a lancé les débats devant conduire au vote du budget 2024. Pour lui, «pas de stratégie de repli, pas de plan d'austérité mais un budget offensif».
Après le débat portant sur les orientations budgétaires, le conseil départemental de la Côte-d'Or réunit ses élus durant deux jours, ces 18 et 19 décembre pour examiner le détail du budget primitif de l'année 2024.
Ce lundi 18 décembre 2023, François Sauvadet (UDI), président de la collectivité, a défendu la politique portée par la majorité dans un contexte d'effet ciseau entre augmentation des dépenses sociales et diminution des ressources grâce au «choix courageux» du désendettement.
«Nos charges sociales explosent»
«Nous sommes dans un temps particulièrement difficile pour notre pays», lance d'emblée François Sauvadet en débutant son propos liminaires, faisant principalement référence aux coûts de l'énergie et aux prestations sociales.
«Nous sommes la collectivité la plus exposée», analyse-t-il, «nos charges sociales explosent et nous devons faire face à une chute de nos droits de mutation à titre onéreux».
L'exécutif relève que la diminution des ressources en 2023 atteint 25 millions d'euros. Une baisse qui devrait se poursuivre jusqu'à fin 2024. Par rapport à la crise financière de 2008, la collectivité a perdu depuis les ressources liées à la taxe foncière et bénéficie de dotations qui ne sont pas indexées sur l'inflation.
D'autres coûts sont liés à «la montée des précarité», pour certains correspondant à «des charges imposées par le gouvernement sans concertation» comme la hausse du point d'indice des rémunérations des agents territoriaux, l'augmentation de l'allocation du RSA et les effets du Ségur de la Santé.
Ainsi, l'exécutif estime que la prochaine augmentation du RSA de 4,6% voulue par le gouvernement représentera en 2024 2,6 millions d'euros de dépenses en plus.
«Pas de stratégie de repli, pas de plan d'austérité mais un budget offensif»
«En 4 ans, le niveau de dépenses a augmenté de 81 millions d'euros», résume François Sauvadet, «la situation est préoccupante, on ne pourra continuer de nous demander toujours plus avec des ressources en chute libre».
«Il faut faire face : pas de stratégie de repli, pas de plan d'austérité mais un budget offensif», martèle le centriste qui revendique «un budget solidaire, pour continuer d'investir et préparer l'avenir de nos enfants». «Cela veut dire continuer d'aménager et de développer le territoire, d'apporter des services aussi bien à la ville comme à la campagne. (…) Nous maintiendrons notre présence territoriale.»
«Nous pouvons faire face parce que nous avons fait des choix courageux ces dernières années», assure le président de la collectivité, «comme se désendetter de 100 millions d'euros et rechercher toutes les voies d'efficience».
355 millions d'euros pour les solidarités humaines
Le budget des solidarités humaines de la collectivité atteindra 355 millions d'euros en 2024, soit 10 millions d'euros de plus qu'en 2023, ce qui représente 62% des dépenses.
Dans le détail, 70,7 millions d'euros sont fléchés pour «protéger [les] enfants et leurs familles», soit 10 millions d'euros de plus qu'en 2023. 96,3 millions d'euros pour les personnes âgées, soit 3 millions d'euros de plus. 73 millions d'euros pour l'insertion et le RSA, soit 4,5 millions d'euros de plus. 93 millions d'euros pour le handicap, soit 8 millions d'euros.
Par ailleurs, la collectivité votera une enveloppe exceptionnelle de 300.000 euros destinée aux associations d'aide alimentaire, soit une augmentation de 50%.
Seront prolongées, au moins jusqu'en juin 2024, des aides aux travailleurs modestes pour le maintien dans l'emploi. Depuis 2022, 560.000 euros ont été versés pour «faire face aux dépenses de carburants».
«Nous serons au rendez-vous des solidarités envers les Côte-d'Oriens», insiste le président du Département.
Le Plan Marshall Côte-d'Or concernera également la Ville de Dijon
Après plusieurs années de relations tendues, Département de la Côte-d'Or et Ville de Dijon ont apaisé leurs échanges depuis 2022. Cela amène François Sauvadet à annoncer qu'en 2024 le Département contractualisera avec la Ville de Dijon dans le cadre du Plan Marshall.
De plus, le Département entrera au capital de la société publique locale Dijon Bourgogne Events qui exploite le parc des expositions dijonnais : «notre objectif est d'accompagner la promotion de la destination Côte-d'Or dans 100% du département, y compris Dijon».
103 millions d'euros pour les dépenses d'équipement
En matière d'investissement, le Département mobilisera 130 millions d'euros en 2024, soit 20 millions d'euros de plus qu'en 2023. 27 millions d'euros sont fléchés pour le déploiement de la fibre optique. Ce «chantier du siècle» aura coûté 142 millions d'euros, il est financé à 52% par le Département.
Selon la collectivité, tous les habitants ont accès au haut débit à 8 Mb/s et à la 4G. 93% des logements disposent du très haut débit à 30 Mb/s.
Il reste donc 103 millions d'euros inscrits au budget principal pour les dépenses d'équipement.
1,5 million d'euros pour les routes du Tour de France 2024
Dans le détail, pour sécuriser les routes et déployer des voies pour les mobilités douces, le Département mobilise 30 millions d'euros dont 1,5 million d'euros pour les routes où passeront les coureurs du Tour de France 2024.
«Avoir les Jeux olympiques en France, le passage de la Flamme et le passage du Tour de France en Côte-d'Or est une formidable opportunité pour donner à voir aux spectateurs du monde entier la beauté et la richesse de nos paysages et de notre patrimoine», se félicite François Sauvadet.
23 millions d'euros pour la sécurité civile
Alors que 32,5 millions d'euros seront consacrés à la transition énergétique, une société d'économie mixte Côte-d'Or Solaire sera créée pour équiper les bâtiments publics et les collèges en panneaux solaires photovoltaïques.
La collectivité rappelle que les 23 premiers collèges engagé dans un plan de sobriété ont économisé 20% d'énergie en 5 ans. De futures économies d'eau dans les collèges sont envisagées pour atteindre 20.000 m3 par an.
En matière de sécurité civile, 23 millions d'euros seront engagés pour le SDIS 21, soit 1,5 million d'euros de plus qu'en 2023, dont 5 millions d'euros pour la rénovation et construction des casernes, en priorité pour celles accueillant des sapeurs-pompiers volontaires.
En 2024, débutera la construction du bâtiment Osmose, un «écocampus» qui regroupera des services départementaux favorisant «la qualité de vie au travail».
«L'action du Département est moderne»
Alors qu'Éric Woerth s'est vu confier une mission sur la décentralisation par le président de la République, François Sauvadet défend la strate des Départements et évoque également un entretien avec la Première ministre : «il n'est pas question de revenir sur l'existence des Départements».
«Si les Départements sont incontournables, c'est grâce à notre agilité, à notre rapidité d'action, notre capacité à nous adapter, à innover, et à notre réactivité pour répondre aux difficultés», revendique celui qui est également président de l'Assemblée des Départements de France qui assure derechef que «l'action du Département est moderne, elle est tournée vers l'avenir et surtout, dans le contexte que nous connaissons, elle est essentielle pour la solidarité et la cohésion de la Nation.»
Jean-Christophe Tardivon