Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Côte d'Or > Côte d'Or
20/12/2020 17:24

DÉPARTEMENT : L’eau, ça brûle entre majorité et opposition

Un rapport relatif à la stratégie départementale de l’eau était à l’ordre du jour de la dernière session du Conseil départemental de la Côte-d’Or. Elle a fait l’objet de désaccords profonds entre la majorité et l’opposition, celle-ci trouvant que des réponses ne sont pas données par le Département «aux principaux acteurs de terrain».

Selon l’expression, on dit parfois que l’eau coule de source quand les choses sont évidentes, logiques. Eh bien, au sein de l’hémicycle départemental de la Côte-d’Or, l’eau ne coule pas de la sorte. Au contraire, elle brûle.

Dans ses propos liminaires de cette session des 14 et 15 décembre derniers, Colette Popard, présidente des Forces de Progrès, avait répété à l’image des sessions précédentes et notamment du débat d’orientation budgétaire que le Département doit rester dans ses compétences et y mettre plus de moyens.

La présentation par Dominique Girard du rapport sur la mobilisation des ressources de Grosbois-en-Montagne et des Maillys ainsi que d’une autorisation de programme relative à la mise en application de la stratégie départementale de l’eau a ravivé les divergences sur la question.
«Cette stratégie est une prise en compte des besoins en eau de la totalité des Côte-d’Oriens», a déclaré Dominique Girard.

Le Département «ne doit pas se substituer aux principaux acteurs»


«On ne vous dit pas que le Département ne doit pas s’intéresser à l’eau. Simplement, il ne doit pas se substituer aux principaux acteurs», est intervenu Pierre Poillot à l’issue de la présentation du rapport.
Le conseiller départemental d’Arnay-le-Duc, qui est aussi président du syndicat mixte du barrage de Chamboux, a ensuite appelé le président du Département au dialogue et à la concertation, «avec les acteurs locaux, auxquels la loi confie cette compétence».

Si cette compétence n’est donc pas celle du Conseil départemental comme le rappelle à chaque fois l’opposition, celle-ci s’interroge sur la pertinence des projets que veut porter le Département.
Pour Pierre Poillot, créer une nouvelle ressource des Maillys est un projet qui ne date pas d’hier et qui n’est pas judicieux. Quant à Grosbois, l’élu d’opposition a affirmé son désaccord aussi bien sur le fond que sur la forme. En demandant le retrait des documents de propos selon lesquels le syndicat d’Arnay-le-Duc connaîtrait des problèmes récurrents en eau. Et en interpellant le président : «Vous avez engagé une étude sur l’évaluation des besoins au niveau départemental dont les conclusions sont attendues dans 9 mois. Et en même temps, vous avez engagé un marché de maîtrise d’oeuvre pour la mise en oeuvre d’infrastructures de production d’eau à partir du barrage de Grosbois».
L’opposition dénonce une anticipation incohérente, «une précipitation» de la majorité sur la question, sans oublier de pointer «un marché qui porterait sur un montant d’opérations de 15 millions d’euros HT, sans que la moindre information ne soit donnée sur le contenu correspondant».

L’opposition appelle à «une approche raisonnée du sujet, un bon usage des fonds publics» et au «respect de la libre administration de chaque collectivité dans son domaine». Elle a voté contre ce rapport, au motif que «rien n’a changé et que l’incohérence s’est même accrue» depuis le présentation de la stratégie départementale de l’eau il y a plusieurs mois. En accusant implicitement la majorité d’opacité sur le dossier.

«Nous avons une vision globale et non fragmentée de l’eau»


Pour la majorité départementale, il s’agit sur ce dossier d’une question de légitimité, au-delà d’une stricte compétence. «C’est une légitimité morale, territoriale, sociale, ce n’est pas un coup politique porté par les vents changeants d’une opinion versatile», a défendu Dominique Girard, avant de marteler : «Nous avons une vision globale et non fragmentée de l’eau. Oui, plusieurs projets n’ont pas abouti aux Maillys, mais c’est une action patiente et réfléchie. Le Département n’est pas un trou noir dévorant les collectivités. L’eau est un bien commun à partager et non à accaparer. Nous avons cette responsabilité territoriale de faire que, partout, les territoires puissent continuer à fonctionner, avec de l’eau pour tous. Il faut que nous pilotions nos territoires par le futur et non pas par les expériences du passé».
Sur le positionnement du Département, le conseiller départemental a ajouté : «Le 12 novembre 2020, lors d’un comité de pilotage, le préfet a confirmé le rôle du Département dans cette action territoriale autour de l’accompagnement des agriculteurs. Et je vous rappelle que la loi NOTRé préconisait un regroupement des syndicats des eaux».

François Sauvadet est allé encore plus loin dans la démarche en déclarant que la concrétisation d’une telle action serait la création à terme d’un syndicat départemental de l’eau. Pour le président du Département de la Côte-d’Or, c’est «un enjeu d’avenir face au changement climatique, en tenant compte des mutations considérables. Le défi qui est devant nous, c’est la solidarité». François Sauvadet ne le cache pas : il veut un autre modèle de l’approvisionnement en eau pour l’avenir.

Les arguments apportés sur la forme se trouvent notamment dans le registre de la participation à l’aménagement de la Côte-d’Or et du travail sur les interconnexions. Quant aux réponses données à l’opposition, celle-ci les attend toujours.
C’en était trop pour Pierre Poillot, qui a décidé de ne plus écouter «ces incantations» et de quitter la session pendant que les membres de la majorité départementale réaffirmaient leur démarche, «pour une eau partout, accessible à un prix pour tous et de meilleure qualité».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Le budget 2021 en détails


François Sauvadet annonce «300 millions d’euros pour les solidarités»


La majorité expose un budget solide et prudentiel «pour agir à long terme»


L’opposition, pour «une autre vision de la Côte-d’Or», vote contre le budget


Ça coince sur la LiNo entre majorité et opposition


Majorité et opposition tournent autour du rond-point de la LiNo