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17/12/2020 13:30

DÉPARTEMENT : L’opposition, pour «une autre vision de la Côte-d’Or», vote contre le budget

La session départementale de l’examen du budget primitif 2021 de la Côte-d’Or a vu l’opposition qualifier d’insuffisantes les sommes engagées par la majorité dans un contexte de crise. Les Forces de Progrès ont voté contre le budget.

Au vu des échanges notamment sur la LiNo, vous l’aurez remarqué, l’opposition départementale avait choisi de critiquer la majorité départementale et surtout son président sur sa volonté de s’octroyer des compétences.

C’est d’ailleurs ce qu’a souligné Colette Popard, présidente des Forces de Progrès, dès les premières lignes de sa première intervention. «Ce budget est à l’image des 5 dernières années, beaucoup de dépenses prévues pour des compétences qui ne sont pas celles du Conseil départemental, au détriment de ce qui est l’objet premier de notre collectivité : les solidarités, la lutte contre la précarité, l’aide aux communes et intercommunalités». Cela pour dire on le comprend que les choix budgétaires de la majorité ne sont pas judicieux.

«Combien de centaines de milliers d’euros dépensés en frais d’études ?»

La LiNo est prise en exemple par l’opposition, mais aussi l’eau. «Combien de centaines de milliers d’euros dépensés en frais d’études pour des projets qui n’ont plus d’écologique que le nom ?», a interpellé Colette Popard, avant d’appeler le président du Département à la transparence concernant ses frais de communication ou encore sur les subventions étudiées en commission. Alors que les Forces de Progrès demandent également un audit sur la situation dans les EHPAD, elles ont dénoncé l’opacité et le manque de réponses de la majorité aux questions posées.

Sur le dossier du SDIS, Colette Popard s’étonne que la subvention au Service ne soit augmentée que de 500.000 euros pour 2021. «Mais nous demandons que cette subvention soit revue à la hausse depuis des années. Ce n’est pas suffisant. Voilà les résultats de votre politique depuis 5 ans».

«On ne gère pas le budget d’une collectivité en mettant l’argent de côté»


Insuffisant, c’est le qualitatif qui est implicitement revenu dans les propos des membres de l’opposition lors de cette session de l’examen du budget. Comme notamment sur l’augmentation du point GIR de 4,29%.

Concernant le désendettement du Département sur les cinq dernières années, que la majorité ne cesse de rappeler, la présidente des Forces de Progrès a voulu retourner l’argument en annonçant que l’opposition allait déposer 17 amendements pour un budget global de 20 millions d’euros «dont plus de deux millions financés par des économies sur différentes dépenses secondaires et 18 millions d’euros par l’emprunt».
Colette Popard a alors fait remarquer : «Les finances du Conseil départemental nous laissent aujourd’hui des marges de manoeuvre. Cette politique de désendettement elle a pu se justifier un temps j’en conviens mais aujourd’hui, face à la précarité, elle n’a plus lieu d’être. 18 millions d’euros d’emprunt, c’est moins que ce que vous remboursez tous les ans, c’est la moitié de ce que le Département épargne sur les dépenses de fonctionnement. On ne gère pas le budget d’une collectivité en mettant l’argent de côté».

Les critiques ont ensuite continué, sur la «réticence» ou «les oublis» de la majorité concernant l’augmentation des rémunérations des personnels des services de soins à domicile, la révision à la hausse des crédits alloués aux jeunes issus de l’Aide sociale à l’enfance ou encore le Fonds d’aide aux jeunes dont l’opposition dénonce une baisse des crédits dans le budget.
Les Forces de Progrès ont alors présenté des amendements visant selon elles à recentrer la politique départementale sur ses priorités avec davantage de pertinence. Sans oublier de faire des propositions pour l’environnement, notamment sur la rénovation énergétique des collèges et des EHPAD, «pour 4 millions d’euros en crédits d’investissement supplémentaires inscrits au budget primitif».

Pour finir, sur l’aide aux communes et intercommunalités, Colette Popard a demandé à revoir les critères d’éligibilité et d’aides des programmes 100% Côte-d’Or, «pas adaptés à la réalité du terrain que connaissent les communes».

«C’est dire comment vous considérez les propositions de votre opposition»


Ayant exposé «une autre vision de la Côte-d’Or» au travers de la présentation de ces 17 amendements, les Forces de Progrès n’ont évidemment pas eu gain de cause, face à une majorité préférant rester «dans ses clous».
À l’heure de la clôture mardi 15 décembre aux alentours de 13h30, Colette Popard a déploré : «Nous avons développé nos arguments tout au long de cette journée et demi. Vous avez en fait aperçu nos 17 amendements parce qu’il n’y a pas eu l’ombre d’une étude. C’est dire comment vous considérez les propositions de votre opposition. Nous voulions attirer l’attention de ceux qui nous écoutent sur le fait que nous sommes conscients qu’il va y avoir beaucoup de choses à faire pour des gens qui souffrent de plus en plus. On nous reproche de vouloir dépenser de l’argent mais à quoi ça sert de l’avoir de côté si des gens souffrent dehors ?».

Dans la lignée de l’opposition développée lors de cette session, les Forces de Progrès ont voté contre le budget primitif 2021.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

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