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10/11/2020 19:49

DIJON : Une manifestation devant le rectorat pour dénoncer une rentrée «méprisante et anormale»

Ce mardi 10 novembre 2020, des revendications ont été exprimées jusque devant la direction du rectorat.

À l’appel de quatre organisations syndicales - SNUipp-FSU 21, FNEC FP FO 21, Sud Education Bourgogne Solidaires et CGT Educ’action -, c’est devant le rectorat de Dijon qu’un rassemblement était organisé ce mardi en début d'après-midi. La manifestation avait été autorisée par la préfecture de la Côte-d’Or, de même que le défilé demandé.

L’action ayant rassemblé 70 à 80 personnes au plus fort de la manifestation, les personnes s’étant mobilisées sont finalement restées devant le rectorat, pour exprimer leur colère quant à la rentrée scolaire du 2 novembre mais aussi pour soutenir six de leurs collègues reçus par la direction du rectorat pour faire remonter de multiples revendications.
Tour à tour devant l’entrée principale du rectorat avenue Marbotte, largement décorée de slogans ciblant notamment la politique du gouvernement et la gestion «dictatoriale» du ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer, Christine Bernery et Fabian Clément, co-secrétaires du SNUipp-FSU 21, Virginie Alvarez, secrétaire départementale du SNUDI-FO 21, Luc Garnodier, de la CGT Educ’action, et Pierre Laine, co-secrétaire académique de Sud Education Bourgogne Solidaires, ont exprimé cette colère, allant de l’autoritarisme de Jean-Michel Blanquer - dont la démission a été demandée et scandée plusieurs fois - jusqu’aux violences policières constatées dernièrement en France en réponse à des manifestations lycéennes.

«Une mise en danger des personnels, des élèves et des familles»


Ce qu’ont martelé les militants syndicaux dans des propos appuyés, c’est la revendication d’être choyés - «car nous ne le sont pas malgré tout ce que dit Jean-Michel Blanquer» -, de pouvoir travailler en sécurité dans les écoles, au lieu actuellement selon eux d’entretenir «la mise en danger des personnels, des élèves et des familles».
Pour les organisations syndicales, rien que le respect de la distanciation physique n’est pas possible avec des classes à plus d’une trentaine d’élèves.

«De vraies mesures de protection (masques FFP2, tests, gel, médecine de prévention, médecine scolaire, prise en compte des personnels vulnérables...) ; le respect de nos droits et de nos statuts (notamment sur la protection) ; la création des postes statutaires et le recrutement massif sur liste complémentaire pour alléger les effectifs ; le recrutement des personnels de vie scolaire, d'AESH ; la suppression du jour de carence et la reconnaissance de la Covid comme maladie professionnelle ; l'aménagement des programmes scolaires ; un nouveau calendrier du bac qui annule les E3C et qui rétablit des épreuves terminales, nationales, anonymes et ponctuelles...».
Telles étaient les revendications majeures portées ce mardi après-midi. Sans oublier le sentiment que l’hommage à Samuel Paty a été galvaudé du fait de «l’impréparation et du mépris» appliqués par le gouvernement vis-à-vis des enseignants.

Après près de deux heures d’entretien avec la secrétaire générale du rectorat, Sandrine Benyahia, ainsi que le directeur de cabinet de la rectrice, la délégation s’est livrée à un débriefing, pour le moins mitigé. «La sécurité a apparemment primé sur l’hommage à Samuel Paty d’après ce qui nous a été dit, en raison de l'attentat terroriste avant la rentrée. Pour ce qui est du cadre sanitaire à respecter, on a ensuite rappelé que c’est infaisable à tous les niveaux». Débriefing mitigé car la direction du rectorat n’a évidemment pas dévié des orientations du ministre de l’Education Nationale.

Une piste quand même à creuser pour les représentants syndicaux : le fait que le protocole sanitaire puisse être plus ou moins adapté en fonction de la configuration des établissements. Avec l’intention de demander la formation de demi-groupes là où ce n’est pas le cas... Sinon, les craintes ont été confirmées sur l’avenir du bac et la diminution des effectifs enseignants…

Contradictions sur les chiffres


Au cours de la manifestation, deux tendances affirmées par le rectorat ont été contredites par les organisations syndicales.

La première : «Madame la rectrice dit que seulement 50 élèves ont été contaminés en une semaine, alors que Santé Publique France annonce une moyenne, pour les élèves de 0 à 9 ans, de 50 élèves contaminés, par jour… Sur les 7 derniers jours, Santé Publique France fait part d’un triplement des contaminations, alors que la rectrice annonce une diminution par trois des cas positifs…».

La seconde contradiction porte sur le taux de grévistes ce mardi 10 novembre : «On estime à 25% le taux d’enseignants en grève dans le département».
À la mi-journée, le rectorat de Dijon a communiqué les données sur l’académie : 4 % contre 8,38 % au niveau national (toutes académies) pour la moyenne générale pondérée ; 4,5 % contre 9,58 % au niveau national pour la moyenne générale des enseignants ; 2,73 % contre 8,78 % au niveau national pour la moyenne des enseignants dans le 1er degré ; 6 % contre 10,36 % au niveau national pour la moyenne des enseignants dans le 1er degré.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier