
Selon l'INSEE, «cette concentration économique autour de Dijon pose la question de l’équilibre territorial».
Entre 2017 et 2021, l’emploi total progresse en Côte-d’Or à un rythme plus soutenu que dans la région. Le secteur tertiaire marchand est très présent, notamment dans la santé. Le tissu économique côte-d’orien se caractérise par une forte présence d’établissements appartenant à des entreprises de taille intermédiaire ou plus grandes encore.
La dynamique économique émane en grande partie de l’agglomération dijonnaise, ce qui soulève des enjeux environnementaux et d’équilibre territorial.
La hausse de l’emploi est quasi continue depuis 2015
Département le plus vaste de Bourgogne-Franche-Comté, la population de Côte-d’Or atteint 537 600 habitants. Il se situe au croisement de grands axes de communication routiers (autoroutes A6 et A31) et ferroviaires (Paris et Rhin-Rhône). Avec le Doubs, il fait partie des deux départements de la région encore en croissance démographique. Sa population comme son activité économique sont en grande partie concentrées sur l’agglomération dijonnaise.
Fin 2021, la Côte-d’Or compte 243 100 emplois, chiffre en progression depuis 2015. La hausse est particulièrement nette entre 2017 et 2021, +4,4 % contre +1,9 % en moyenne dans la région. De 2021 à 2024, les effectifs salariés continuent de progresser fortement (+2,5 %), alors qu’ils stagnent au niveau régional.
Avec près d’un emploi sur deux, le poids du tertiaire marchand est important. Corollairement, la Côte-d’Or est le département le moins industriel de la région, avec 11,5 % de l’emploi, un peu en deçà du niveau national. Le tertiaire non marchand et l’agriculture ont des poids similaires à leur niveau régional.
Malgré l’importance de la viticulture et de sa main-d’œuvre, seuls 3,4 % de l’emploi total travaillent dans l’agriculture. Cela s’explique par la présence également de grandes exploitations orientées dans la culture de céréales, moins génératrices d’emplois.
Les 15 plus grands établissements ont pour la plupart des activités tertiaires
Fin 2021, les 14 150 établissements du secteur marchand privé non agricole emploient 140 600 personnes, en hausse de 3,0 % comparé à fin 2017. Parmi les 200 établissements marchands de plus de 250 salariés de la région, un sur quatre est implanté en Côte-d’Or contre un sur cinq toutes tailles confondues. En revanche, le tissu économique ne dépend pas de très grands établissements, aucun ne dépassant le millier de salariés.
Dès lors, plus modestes, les quinze plus grands établissements du département concentrent 6,0 % des effectifs du secteur, bien en dessous de la moyenne régionale. Seuls trois d’entre eux sont industriels : JTEKT Automotive, Delpharm Dijon et les Maroquineries Thomas. Implanté à Semur-en-Auxois, ce dernier est le seul situé en dehors de l’agglomération dijonnaise.
Du côté tertiaire, la santé est bien représentée avec trois établissements, dont le Centre Leclerc spécialisé en cancérologie (soins, recherche et formation), qui est l’établissement le plus important de Côte-d’Or.
En 2021, l’ensemble des établissements marchands côte-d’oriens ont généré 9 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 61 200 euros par salarié, contre 60 100 en moyenne dans la région. Par ailleurs, 64 % des effectifs dépendent d’un groupe ayant son siège en France, soit six points de plus qu’en moyenne dans la région.
Grandes entreprises et ETI structurent le tissu économique
En 2021, le tissu économique de la Côte-d’Or se caractérise par une part importante d’emploi dans les établissements dépendant d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) et de grandes entreprises. Ils accueillent 55 % des salariés du secteur marchand contre 49 % au niveau régional.
La part d’emplois émanant de grandes entreprises est particulièrement élevée dans les secteurs de l’énergie, du transport et des activités financières, avec la présence des sièges régionaux de grands établissements bancaires. Il en est de même dans la santé et l’hébergement médico-social, en lien avec des mouvements de concentration, principalement au sein du groupe mutualiste VYV. Les ETI, quant à elles, sont davantage tournées vers l’industrie.
La majorité des secteurs surreprésentés dans le département ont un emploi en croissance. C’est particulièrement le cas des activités juridiques, comptables et d’ingénierie et plus généralement de l’ensemble des services aux entreprises. À l’inverse, les effectifs reculent dans le transport-entreposage, secteur bien implanté en Côte-d’Or, particulièrement au sein du groupe La Poste.
L’agglomération dijonnaise concentre une grande partie des richesses
Avec 60 % de l’emploi départemental, l’agglomération dijonnaise concentre une part importante de l’activité économique et de la croissance de l’emploi. Celle-ci est reliée à l’axe Rhin-Rhône au sud par l’autoroute A31 et à l’est par l’A39. Cette dorsale, allant de Mâcon à Belfort, se caractérise toutefois par des déplacements domicile-travail relativement peu intenses inter-agglomérations, malgré la présence de nombreuses infrastructures de transport. Cette situation peut être un frein au développement économique de chacun des territoires.
Dans le reste du département, l’emploi progresse également dans la zone d’emploi de Beaune, soutenu par la filière viticole. Plus au nord, il recule depuis 2007 dans celle de Châtillon-Montbard. Cette concentration économique autour de Dijon pose la question de l’équilibre territorial avec des fragilités observées au sein des territoires ruraux éloignés. Elle met aussi en lumière des enjeux environnementaux, notamment autour des navettes domicile-travail.
Bénédicte Piffaut (Insee)
Communiqué



Un laboratoire de recherche d'Urgo, à Chenôve (image d'illustration JC Tardivon)