
«Les crédits et les engagements que j'ai pris ne seront pas touchés en Côte-d’Or par l'impact considérable sur nos finances départementales des sollicitations qui sont faites par l'État et que je juge incompréhensible», a exprimé le président de l'Assemblée des Départements de France, lors de l'inauguration de la Ferme Côte-d'Or, à la Foire de Dijon, ce jeudi 7 novembre.

C’est sur le ring que François Sauvadet a fait son discours inaugural de la ferme de Côte-d’Or, ce jeudi 7 novembre 2024, à la Foire de Dijon. Et ce n’est pas anodin que ce lieu ait été choisi car le président du Département a su dire les mots et il ne les a pas pesés...
Remonté contre les injustices et résolument défenseur des agriculteurs, François Sauvadet a renouvelé sont soutien au monde de l’agriculture : « Gardez confiance, je sais que c'est dur pour vous mais moi je serai votre avocat sur le plan national, en permanence, comme je l’ai toujours été.»
Dans une plaidoirie de plus d’un quart d’heure, comme une bouteille jetée à la mer, le président de l'Assemblée des Départements de France aura démontré qu’il tenait encore la barre fermement et qu’il ne laissera pas la barque couler.
François Sauvadet
Président du conseil départemental de la Côte-d'Or
« Je lance un appel aujourd'hui à l'ensemble des pouvoirs publics, et je le fais comme président du département de France, pour qu'on arrête d'importer des produits chez nous qui viennent déstabiliser les marchés et qui ne respectent pas les mêmes normes qui sont des normes légitimes du caractère de sécurité et de préservation de notre environnement.»
« Je trouve inadmissible et je le dirais demain au Premiers Ministre, qu'on vienne faire les poches des départements pour aller combler un déficit de l'État dont nous ne sommes pas responsables.
Je répète, nous ne sommes pas responsables. Je n'ai pas demandé la suppression des impôts et du foncier bâti, je n'ai pas demandé le transfert avec des dotations, je ne l'ai pas demandé.
Mais aujourd'hui, on est confronté à des difficultés majeures. Jamais je n'ai vu les départements dans une telle difficulté financière et on prévoit de nous faire contribuer à hauteur de 2,2 milliards d'euros par un prélèvement sur nos propres ressources pour combler le déficit.
Mais quelle France on veut ?! Si on affaiblit le département, on va affaiblir notre fonction sociale en mettant d’un côté les agriculteurs en difficulté , mais on va affaiblir aussi le soutien que nous apportons résolu en direction du monde rural. Si on veut éviter l'accélération du phénomène de métropolisation, si on veut redonner de l’espoir au monde rural, et notamment aux agriculteurs, alors oui, il faut qu'on continue d'être à vos côtés résolument.Je vous le dis et ce n'est pas pour vous faire plaisir mais parce que je pense que c'est l'intérêt supérieur du pays, et je le dis pour avoir exercé moi-même des responsabilités ministérielles. »
« Il n'y aura pas d'avenir dans notre pays sans reconsidérer l'accompagnement que nous apportons à nos agriculteurs. C'est aussi un problème européen, il faut arrêter de croire que nous produisons trop !
Nous allons avoir un défi alimentaire majeur dans l'espace mondial parce que nous sommes plus nombreux et que le changement climatique fait qu'il y a des terres qui seront moins arables.
Donc c'est un enjeu. Je vous annonce aujourd'hui que je vais devoir faire des choix, des choix politiques stratégiques. Je l'ai dit ce matin, nous avons fait nous-mêmes l'effort de rechercher le maximum d'efficience pour que nos agents ne soient pas déstabilisés par la situation et qu'on puisse continuer d'assumer nos missions d'accompagnement pour les plus fragiles, ceux qui sont au bord du chemin, victimes d'un handicap. Accompagner nos aînés dignement là où ils veulent finir leur vie, c'est-à-dire chez eux, puis ensuite dans des établissements de proximité. C'est notre sens. Je souhaite que chacun puisse se voir un avenir où il a choisi de vivre dans mon département. Et je souhaite que le phénomène de métropolisation avec ces drames que l'on connaît, y compris dans toutes les villes moyennes car ce n'est pas qu’à Dijon, d'explosion de violences. Si on veut un nouveau modèle, il faut vraiment qu'on s'en donne les moyens. »
« Je vous l’annonce ce soir, devant vous : Les crédits et les engagements que j'ai pris ne seront pas touchés en Côte-d’Or par l'impact considérable sur nos finances départementales des sollicitations qui sont faites par l'État et que je juge incompréhensible.
Donc je vous le dis, on ne fera pas plus mais on ne fera pas moins. Je maintiendrai les crédits et on continuera. Je continuerai d'être également défenseur des produits 100% Côte-d’Or. »
« Devant nous, nous avons un défi considérable. Nous avons mes chers amis, 30% de nos agriculteurs qui vont être en retraite, c'est-à-dire qui vont quitter les exploitations, dans les dix prochaines années.
Je redis que l'enjeu essentiel aujourd'hui en redonnant confiance à nos aînés, c'est aussi de permettre à nos jeunes de se voir un avenir dans ce métier qui est probablement le plus beau métier du monde, parce que c'est celui qui consiste à nourrir la planète et en nourrissant la planète, on entretient nos paysages, nos territoires et ils doivent être exploités pour continuer d'avoir leur caractère qui est si attractif.
C'est un acte de foi dans l'avenir que je voudrais vous dire. Gardez confiance, je sais que c'est dur pour vous mais moi je serai votre avocat sur le plan national, en permanence, comme je l’ai toujours été. Pour moi vous faites partie de l'intérêt vital du pays et de son avenir, au même titre que l'industrie, parce que nous devons nous réapproprier cet enjeu collectivement, sinon un jour nous aurons des réveils brutaux. »
« Je souhaite que les producteurs, c'est un modèle d'ailleurs qui peut aider le développement national, ne soit pas simplement la résultante du dialogue entre les industriels et la distribution. Les agriculteurs doivent reprendre toute leur place et qu'on parte tout d'abord du produit agricole, de son coût, pour fixer ensuite un prix que la compétition doit rendre attractif pour l'ensemble de la population française, car je n'oublie pas que beaucoup de nos compatriotes connaissent des difficultés.
Donc je suis fier de vous, ça paraît bête de dire ça, mais je le ressens profondément quand je vois tous ces animaux ici, quand je vois le temps que vous passez, même si si vous êtes parfois bien seuls sur vos exploitations, pour montrer simplement à nos jeunes que vous êtes là, que c'est important que vous soyez là, c'est important que vous témoignez de la beauté de vos métiers. »
« Gardons confiance dans l'avenir de notre pays. Vous savez, on traverse aujourd'hui d'énormes difficultés, je l'ai dit, singulièrement le monde agricole. Notre pays a toujours connu des difficultés. Ce qu'il faut maintenant, c'est qu'on redonne du sens pour savoir où nous voulons aller avec notre pays dans un monde en plein bouleversement.
Le modèle que nous avons bâti doit être préservé, le modèle de production d'agriculture familiale doit être préservée. Une agriculture ouverte à tous les talents qui voudront venir à nos côtés pour produire, produire bien, produire sain, produire en qualité. »
« Exprimer avec force ces difficultés, c'est aussi attendre des résultats. Nous avons une responsabilité publique, politique. Nous sommes un centième de la France et ce centième de France qui a le beau nom de Côte-d’Or restera résolument aux côtés de l'agriculture et de ces producteurs, je vous le dis. »
« Dans un département comme le nôtre, on a la chance d'avoir un grand nombre de productions de qualité reconnues pour un certain nombre d'entre elles mondialement.(…) La réalisation de cet espace demande un grand nombre de moyens, notamment des moyens financiers.
La profession agricole toute seule ne serait pas capable de faire ça financièrement. Et là je voudrais insister quand même, prendre le temps de remercier très sincèrement, très chaleureusement le conseil départemental, et puis la volonté exprimée par le Président Sevadet de continuer à mettre des moyens à quoi qu'il arrive. » a salué Vincent Lavier, Président de la chambre de l’agriculture.
Manon Bollery



