
«Le Sénat aura évidemment son mot à dire dans la préparation budgétaire», a rappelé le président de Départements de France, ce lundi 13 octobre, à Dijon. «Je compte sur le président Larcher pour que la raison l'emporte».
Tard dans la soirée de ce dimanche 12 octobre, l’Élysée a diffusé un communiqué pour faire connaître les choix d'Emmanuel Macron suite aux propositions de Sébastien Lecornu pour composer ce qu'il est convenu d'appeler le gouvernement Lecornu II (
lire le communiqué).
Ce lundi 13 octobre, en marge d'une session du conseil départemental de la Côte-d'Or qu'il préside, François Sauvadet a répondu aux questions d'
Infos Dijon. Issu des rangs de l'UDI, le Côte-d'Orien est également président de l'Assemblée des Départements de France, depuis 2021.
«J'ai pris acte de cette nomination»
Que vous inspire la composition du gouvernement Lecornu II ?«J'ai pris acte de cette nomination. Je connais plusieurs des ministres, des personnalités reconnues avec lesquelles j'ai beaucoup travaillé. Je pense notamment à Jean-Pierre Farandou [NDLR : président du groupe SNCF sur le départ, nouveau ministre du Travail], à Stéphanie Rist [NDLR : adhérente de Renaissance, députée du Loiret depuis 2017, désormais ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées], certains de mes collègues la connaissent très bien et m'ont dit son souhait d'avancer.»
«Maintenant, le vrai rendez-vous de ce gouvernement, c'est mardi : déclaration de politique générale avec le sort que l'Assemblée nationale va réserver à ce gouvernement.»
«Ce que je souhaite, c'est qu'on ait un budget pour la France, qu'on recherche les voies de convergence qui le rendent possible sans aggraver le déficit de notre pays.»
«Je le souhaite d'autant plus que nous avons besoin d'un peu de visibilité pour la suite. Il faut que chacun sache que pas de budget, cela veut dire loi spéciale, ça veut dire que la dépense continue de filer, parce que ce n'est pas la reconduction du budget de l'an dernier. Est-ce que l'on peut se le permettre ? Je ne le crois pas !»
«J'espère que l'esprit de responsabilité prévaudra, comme ça s'est passé au conseil départemental, ce matin.»
«Je n'ai pas l'intention de participer au brouhaha ambiant»
Concernant les équilibres politiques du gouvernement, l'UDI soutient sans participer. Que pensez-vous de cette formule ?«Je n'ai pas pris part à ce débat. J'ai ma liberté de ton et de penser que je continue de cultiver et que j'ai exercées pendant des décennies. (…) Je n'ai pas l'intention de participer au brouhaha ambiant.»
«Je prends acte de la volonté de l'UDI qu'il y ait un budget, je la partage. Sur les modalités, chaque famille politique a ses raisons liées aux prochaines échéances. Il y a d'abord une urgence.»
François Sauvadet rappelle les accords obtenus avec le gouvernement Bayrou
Qu'est-ce que cette instabilité peut impliquer pour la collectivité ?«Pour les Départements les plus fragiles, nous étions arrivés à une discussion avec la ministre des Comptes publics sur le fait que nous ne serions pas appelés à participer à un nouveau prélèvement – notamment le fameux Dilico.»
«La deuxième chose, qui me paraissait très importante, c'est que nous avions obtenu dans un premier temps qu'il y ait 300 millions d'euros qui aillent aux Départements les plus fragiles et l'idée que plus aucune dépense nouvelle ne nous soit imposée.»
«C'est exactement ce que je demande au nouveau gouvernement : qu'on arrête de charger la barque des Départements et que chaque dépense nouvelle qui serait engagée soit compensée par l’État sans quoi, on sera tous en très grande difficulté. Il y a déjà plusieurs Départements qui sont en situation de quasi faillite. Je l'avais annoncé, aujourd'hui on y est. Si on continue comme ça, c'est tous nos budgets de nos collectivités qui vont droit dans le mur et notamment de nos Départements.»
«C'est la vie des Français qui va être directement impactée»
«J'espère qu'on ne fera pas machine arrière parce que, derrière, c'est la vie des Français qui va être directement impactée. Quand, dans un département, on va commencer à fermer des routes départementales faute de pouvoir refaire le pont et d'avoir les capacités financières à investir, on va rentrer dans du très lourd.»
«Dès lors que la déclaration de politique générale sera faite, si le gouvernement tient, on rentrera dans les discussions budgétaires, également avec le Sénat où le débat se poursuit. Il y a encore quelques jours, j'étais avec le président du Sénat, avec l'ensemble des sénateurs, le président de la commission des affaires sociales du Sénat. Le Sénat aura évidemment son mot à dire dans la préparation budgétaire ; je compte sur le président [Gérard] Larcher pour que la raison l'emporte.»
Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon