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08/03/2022 16:12
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HUIT MARS : Le protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences conjugales en Côte-d’Or mis à jour

En cette journée internationale des droits des femmes, le protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences conjugales en Côte-d’Or a été mis à jour pour la période 2021-2024. Une trentaine de partenaires mettent en synergie leurs compétences pour accentuer et améliorer la lutte.
Selon des chiffres communiqués par la préfecture de la Côte-d’Or, en 2020 dans le département, 700 victimes ont été prises en charge par la Gendarmerie, 678 ont été reçues en commissariat de Police, 12 téléphones grave danger ont été attribués par le parquet à des victimes accompagnées par l’association France Victimes, et près de 700 femmes ont pris contact avec l’association Solidarité Femmes. 11 auteurs ont été évincés du domicile conjugal.

«Renforcer la coordination des interventions de chacun»



«Nous savons toutes et tous que toutes les victimes ne poussent pas les portes d’une association et encore moins celles d’un commissariat ou d’une gendarmerie. Il nous faut continuer à améliorer l’accueil, à former ceux et celles qui les écoutent et les prennent en charge, pour que les chiffres noirs diminuent», a alors déclaré Myriel Porteous, sous-préfète de Beaune, en introduction à la signature du protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences conjugales pour la période 2021-2024. Il est établit par le comité de pilotage et de prévention de lutte contre les violences conjugales.
Un protocole qui selon la représentante de l’État vise à «faire connaître les sphères de compétences et les missions de chaque acteur. Il doit renforcer la coordination des interventions de chacun dans le cadre des parcours des victimes et des auteurs et donc faciliter la prise en charge globale».

«Les chiffres ne baissent pas encore mais ils indiquent que l’on repère mieux, que l’écoute se renforce, que les femmes osent plus pousser les portes des associations», a noté Myriel Porteous, pour dire implicitement qu’une telle dynamique partenariale se traduit par la hausse des démarches poussées aujourd’hui, par et pour des femmes victimes de violences conjugales. En n’oubliant pas de traiter aussi la question des auteurs.

«Nous avons encore des marges de progression»


Ce mardi 8 mars 2022 en préfecture de la Côte-d’Or, de précédentes actions générées dans le cadre du protocole ont été soulignées, comme les conventions pour l’éviction et la prise en charge du conjoint violent ou bien la convention sur le dépôt de plainte à l’hôpital. Les intervenants ont aussi parlé à plusieurs reprises de l’importance de la formation des agents des collectivités par des associations spécialisées.

«Sur la période 2018-2021, le nombre de procédures pour violences conjugales a doublé. Et le nombre d’infractions liées à des violences dites moins graves ou en tout cas ne donnant pas lieu à des jours d’ITT, comme les violences verbales et psychologiques au sein du couple, a fortement augmenté. Tout cela pour dire aussi que nous avons encore des marges de progression», a noté Olivier Caracotch, procureur de la République de Dijon.

«L’esprit de ce protocole est en application, de plus en plus et de mieux en mieux en partenariat», a apprécié Jean-Claude Dunand, directeur départemental de la sécurité publique de Côte-d’Or, ayant annoncé que le commissariat de Police de Dijon devrait pouvoir compter sur deux psychologues, dont une dès cet été, dans l’optique de mettre en place une écoute approfondie des femmes victimes de violences conjugales.

Au niveau des collectivités locales et territoriales, la Ville de Dijon par la première adjointe au maire Nathalie Koenders et le Département de la Côte-d’Or représenté par sa première vice-présidente Emmanuelle Coint ont réaffirmé le financement d’intervenants et travailleurs sociaux «aux côtés des forces de l’ordre». Les acteurs de la santé ont eux insisté notamment sur la nécessité d’avancer sur la question du psychotraumatisme des femmes victimes de violences conjugales.

«C’est un crève-coeur de ne pas pouvoir répondre

à toutes les sollicitations»


Quant aux associations, France Victimes a fait savoir qu’une cellule psychologique a été mise place pour renforcer l’accompagnement des victimes mais aussi ne pas négliger l’impact des situations conjugales sur les enfants. «80 % des femmes victimes de violences conjugales que nous accompagnons sont avec des enfants», a fait remarquer Jean-Dominique Caseau, président de France Victimes 21.
Pour Solidarité Femmes 21, sa directrice Anne Joseleau a fait part de son émotion de voir une telle dynamique se poursuivre, même si les moyens font toujours défaut : «C’est un crève-coeur de ne pas pouvoir répondre à toutes les sollicitations».

«Le soutien aux associations est renforcé», a assuré Myriel Porteous. En insistant aussi sur le sens d’un tel protocole : «Les violences subies par les femmes constituent la manifestation la plus aigüe de l’inégalité hommes-femmes. Cette violence s’opère dans toutes les sphères de notre société et les réponses à apporter pour les enrayer nécessitent une mobilisation forte des acteurs publics aux côtés des associations et l’ensemble des ministères, des acteurs de l’État sur le terrain et des collectivités qui sont mobilisés».

La SDAT, l’hôpital de Beaune, l’UDCCAS et le centre médico-psychologique de Dijon ont rejoint officiellement la dynamique ce 8 mars 2022. Le protocole signé intégrera aussi le plan départemental de prévention de la délinquance.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Les partenaires du Protocole :


ETAT

- Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité femmes-hommes (DRDFE21)
- Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS)
- Direction départementale de la sécurité publique
- Groupement de gendarmerie

JUSTICE

- Tribunal judiciaire de Dijon – siège et parquet
- Service penitentiaire d’insertion et de probation (SPIP)

COLLECTIVITES TERRITORIALES

- Conseil départemental de la Côte-d’Or (21)
- Union départementale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (21)
- Dijon Métropole
- Ville de Dijon et CCAS Dijon
- Ville de Chenôve
- Ville de Longvic
- Ville de Talant – CCAS de Talant
- Ville de Quetigny – CCAS de Quetigny

ORGANISMES SOCIAUX ET ETABLISSEMENTS PUBLICS

- Agence régionale de santé (ARS)
- Caisse d’allocations familiales
- Centre hospitalier universitaire de Dijon
- Centre hospitalier universitaire de Dijon-unité médico-judiciaire et institut médico-légal
- Hospices civils de Beaune
- Centre médico-psychologique-centre hospitalier la Chartreuse

PERSONNES QUALIFIEES

- Conseil de l’ordre des avocats
- Conseil départemental de l’ordre des médecins

ASSOCIATIONS

- Solidarité femmes 21
- ADEFO - alternative thérapeutique a la violence conjugale et familiale (Althea)
- France victimes 21
- Centre d’informations sur les droits des femmes et des familles 21 (CIDFF 21)
- Centre parental de la Croix Rouge
- Association dijonnaise d’entraides des familles ouvrieres (ADEFO)
- ADEFO - SIAO 115
- Société dijonnaise d’assistance par le travail - SDAT


















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