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02/09/2020 21:52

JUSTICE : Ludovic Rochette refuse de «mettre une GoPro sur l'écharpe tricolore»

Le président de l'AMF 21 a joué la carte de la provocation pour alerter sur l'augmentation des agressions de maires. En marge de la table-ronde de ce mercredi 2 septembre, il réagit à la proposition du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti de caractériser comme outrage des insultes faites à l'encontre des élus. 
L'Association des Maires de la Côte-d'Or ou AMF 21 avait contribué à réunir des maires pour la table-ronde qui s'est déroulée à la préfecture en fin de déplacement du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti ce mercredi 2 septembre 2020 à Dijon.

Étaient présents des maires de sensibilités diverses, de taille de communes variées, venant des campagnes ou bien des villes, nouvellement élus ou ayant de l'ancienneté, ayant été agressé ou pas. «Pas encore» lance Ludovic Rochette, président de l'AMF 21 en guise de provocation pour susciter des réactions face à une situation inquiétante. «Une partie de la population ne respecte plus les dépositaires de l'autorité» constate Ludovic Rochette.

Selon les chiffres de l'AMF, 233 maires ont été agressés de janvier à juillet 2020. Pour toute l'année 2019, ils avaient été 383 à subir des coups ou des insultes, contre 361 en 2018.

Par ailleurs, le tabou de l'agression des élus tombe : «il y a de plus en plus de témoignages d'élus qui sont agressés» indique le président de l'AMF 21, ajoutant qu'«il faut que les auteurs d'agression sachent que les agressions ne pourront plus être cachées».

L'AMF 21 veut développer le couple maire-procureur


Durant la table-ronde, Éric Dupond-Moretti a présenté son projet de circulaire et l'a discuté avec les élus ainsi qu'avec les représentants de la préfecture, des forces de sécurité intérieure et du parquet. Une concertation saluée par l'AMF 21 : «il y a eu un dialogue au niveau national et une déclinaison locale pour voir si le premier cadre de la circulaire allait dans le bon sens».

Évoquant des «relations très constructives» avec le procureur de la République de Dijon, Ludovic Rochette invite à développer «le couple procureur-maire» partout en France. Une proposition qui semblerait avoir la faveur du Garde des Sceaux.

Le président de l'AMF 21 signale effectivement un procureur de la République de Dijon «très à l'écoute des élus», ayant une visite du tribunal de grande instance et qui se déplacera à l'assemblée générale de l'association. Ludovic Rochette demande au ministère d'instaurer un cadre d'échange entre les procureurs et les réseaux des maires avec, notamment, une ligne dédiée permettant aux maires de contacter le parquet.

Par ailleurs, les élus présents ont renouvelé les demandes de formations supplémentaires pour les nouveaux maires, par exemple à propos de leurs pouvoirs de police et sur les modalités d'application ou encore à propos de la façon de gérer des conflits.

Comment prouver l'outrage ?


Alors que le ministre de la Justice a annoncé la caractérisation du délit d'insulte en tant qu'outrage, l'AMF 21 indique accueillir «favorablement» le principe avec une interrogation : «comment cela va s'articuler ?» car «si on a un délit d'outrage, je connais des dizaines de maires qui en ont été victimes».

Et se faisant de nouveau provocateur, Ludovic Rochette refuse de devoir «mettre une GoPro sur l'écharpe tricolore» comme ces caméras-piétons qui équipent à présent certains policiers pour attester les agressions qu'ils subissent et documenter leurs propres interventions.

«Comment va-ton prouver cet outrage ?» demande simplement le président de l'AMF 21, renvoyant à la question des moyens humains mis au service de la justice et de leur répartition sur le territoire.

Éric Dupond-Moretti l'a promis, il retiendra certaines idées des élus locaux pour les intégrer à la prochaine circulaire répondant aux situations d'agressions des maires.

Jean-Christophe Tardivon

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