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17/05/2022 12:22

LÉGISLATIVES : «Le programme d’Arnaud Montebourg a une singularité qui mérite d’être défendue», affirme Clément Van Melckebeke

Clément Van Melckebeke est le candidat de la coalition Gauche républicaine sur la troisième circonscription de Côte-d’Or. Avec plusieurs soutiens dont l’ancienne députée Kheira Bouziane, il a présenté ce lundi 16 mai sa candidature «pour continuer à porter les idées d’Arnaud Montebourg».
Clément Van Melckebeke, 31 ans, cadre au rectorat de Dijon après avoir été enseignant en lettres et histoire au lycée professionnel Antoine à Chenôve et en italien, est originaire d’Aix-en-Othe dans l’Aube. Il vit à Dijon depuis une dizaine d’années. Ayant investi le terrain politique en 2021 pour soutenir la campagne d’Arnaud Montebourg à l’élection présidentielle, le jeune militant de L’Engagement se lance aujourd’hui comme candidat à la députation dans la troisième circonscription de Côte-d’Or.

Il veut «continuer à porter le projet d’Arnaud Montebourg» sous la bannière de la Gauche républicaine, coalition de L’Engagement présidé par Arnaud Montebourg, du Mouvement républicain et citoyen, de la Gauche républicaine et socialiste, des Radicaux de gauche, de la Nouvelle gauche socialiste, de l’Écologie populaire et du mouvement Socialistes.


Son suppléant, Fouad Addou, 42 ans, sans étiquette politique, enseignant en lettres et histoire depuis quinze ans au lycée Antoine à Chenôve, a accepté d’accompagner dans cette campagne «un homme d’engagement qui porte les valeurs d’une République sociale».

«Je reste fidèle à mes convictions»


Pour Clément Van Melckebeke, sa candidature se justifie, «au nom d’une autre union de la Gauche», qu’il qualifie même implicitement de plus légitime que l’Union populaire, en rappelant qu’Arnaud Montebourg voulait rassembler la Gauche en amont de l’élection présidentielle. «Et puis, il n’y a pas eu d’accord entre L’Engagement et la France Insoumise donc je reste fidèle à mes convictions, mes idées et au parti que je représente. Le programme d’Arnaud Montebourg a une singularité qui mérite d’être défendue», fait remarquer le candidat.

Son profil lui fait dire aussi qu’il «ne veut pas laisser la jeunesse à la candidate de Reconquête, la seule autre candidate jeune dans cette circonscription». L’occasion de lancer : «Avant d’être des fachos, les électeurs d’extrême-Droite sont des fâchés». Clément Van Melckebeke veut leur parler autrement.
Son profil là aussi lui permet de mettre en avant «l’importance du renouvellement en politique car nous sommes nombreux à ne pas se sentir écoutés». Le néo-candidat s’engage à ne se présenter «à aucune autre élection s’il est élu député et à ne faire pas plus de deux mandats de député».

L’urgence de «lutter contre les disparités entre la métropole et la campagne»


À l’heure de donner les grandes lignes du projet qu’il a l’ambition de porter encore, Clément Van Melckebeke dresse un constat : «L’aire de la démondialisation est venue. Arnaud Montebourg avait raison avant tout le monde. Les crises sanitaire et climatique montrent qu’il était sur la bonne voie».

Le candidat de la Gauche républicaine sur la troisième circonscription de Côte-d’Or porte également attention à l’équilibre territorial, en s’intéressant à «la Côte-d’Or périphérique et non pas seulement à la métropole dijonnaise». Selon lui, il est urgent de «lutter contre les disparités entre la métropole et la campagne, réconcilier deux Frances qui ne se rencontrent plus, celle des quartiers populaires et celle des campagnes. Ce sont les mêmes victimes de la politique ultra-libérale d’Emmanuel Macron, ceux qui ne sont rien comme il disait. Ceux qui ne sont rien mais qui font tout».

Parmi les propositions qu’il formule et présentera jusqu’à mi-juin, il y a «le retour à la terre que proposait Arnaud Montebourg, le rachat par l’État de logements vacants et délabrés afin de les mettre à disposition de personnes ayant pour projet de les rénover et de s’installer en Côte-d’Or». La hausse des indemnités des maires de petites communes est aussi évoquée.

Dans le programme qu’il défend, Clément Van Melckebeke ne cache pas certains points communs avec l’Union populaire, comme la hausse des salaires en-dessous de 2.000 euros, l’augmentation du smic - «à 1.400 euros en début de mandat et 1.600 euros en fin de mandat» - et la revalorisation des salaires des enseignants - «+30 % en cinq ans». Le manque d’attractivité du métier est criant, «une crise de vocations» selon lui : «Lors de la dernier session du Capes en mathématiques, 1.035 places étaient ouvertes pour 800 admissibles seulement».

Au nom de la justice sociale, le candidat retient aussi l’application d’un dividende salarié dans toute entreprise de plus de dix personnes.

L'idée d'une VIème République et les préoccupations écologiques font partie du programme défendu.

«Ce qui compte, c’est le pacte républicain qui nous unit»


A contrario, le militant de L’Engagement assure ne pas balayer «certains problèmes. La France n’est pas une nation ethnique mais civile et politique. Ce qui compte, c’est le pacte républicain qui nous unit», a-t-il lancé en rapport à la question de la laïcité ainsi qu’à la défense des valeurs de la République.
Il ne veut pas non plus «laisser les problématiques de sécurité à la Droite ou à l’extrême-Droite et ne pas considérer qu’elles sont moins importantes que les questions sociales. La sécurité est la première de nos libertés. Il faut y apporter des réponses de Gauche. Comme la mise en place d’une police de proximité et une justice pénale accessible à tous et plus rapidement».
De même pour l’immigration, «car l’hospitalité pour tous, c’est en fait l’hospitalité pour personne».

En toile de fond, Clément Van Melckebeke prend le temps de s’arrêter sur la souveraineté, «qu’il faut retrouver dans l’énergie et dans le sanitaire notamment. Arnaud Montebourg avait également de l’avance sur cette question-là. C’est l’idée que les citoyens décident de leur propre vie, mais pas les marchés ni les élites. Il est important d’avoir une part raisonnable de souveraineté quand les intérêts de la nation sont en jeu. On ne peut pas demander à des cabinets de conseil américains des rapports pour orienter la politique publique. Il y a aussi une nécessité de réorienter la construction européenne, défendre les intérêts de la France sans détruire l’Europe».

Pour le candidat à la députation, «l’Assemblée nationale doit devenir un espace de résistance démocratique, pour protéger les droits et les intérêts des citoyens». En assurant : «Je ne serai pas un député pantin. Je ne cherche pas une place au soleil et les mandats d’élus ne sont pas des rentes à vie. Je serai un député différent, combatif et libre». Un député «qui sera dans l’opposition de la majorité présidentielle», se positionnant en complémentarité de l’offre politique à Gauche.

Une candidature pour «ceux qui n’ont pas été entendus»


Une centaine de candidats sont investis par cette coalition de la Gauche républicaine en France. Clément Van Melckebeke précise : «On ne se positionne pas contre NUPES. On espère tous se retrouver au second tour. On voit aussi que l’Union populaire, de dernière minute, n’est pas facile de leur côté. J’aurai pu faire le choix de retirer ma candidature si j’avais senti du côté de la candidate de la France Insoumise, Patricia Marc, une candidature pour gagner. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti. Sur des éléments programmatiques, il aurait été de toute façon nécessaire de clarifier un certain nombre de points, sur la laïcité, sur la manière dont ils parlent de la Police».

À Genlis, au restaurant Les Mets Fleuris ce lundi 16 mai 2022, où il a notamment salué une commune retenue pour le programme «Petites villes de demain», le candidat était entouré de plusieurs de ses soutiens. Malika Hamacha, assistante administrative détachée au ministère de la justice, est sa directrice de campagne.

Députée de la troisième circonscription de Côte-d’Or de 2012 à 2017, élue sous l’étiquette du PS, Kheira Bouziane est la présidente du comité de soutien de Clément Van Melckebeke. Engagée dans la fronde des députés PS, Kheira Bouziane a fait partie «de ceux qu’on n’a pas entendus à l’époque». Elle affirme aujourd’hui : «La candidature de Clément n’est pas contre qui que ce soit, mais elle est pour quelque chose, pour défendre les idées de Montebourg».

Parmi les premiers soutiens du candidat, on peut aussi relever les noms de Céline Maglica et Gaëlle Thomas, conseillères départementales de Côte-d’Or, Gérard Cariteau, référent de la GRS en Côte-d’Or, Olivier Gauthron, conseiller municipal de Genlis et communautaire de la Plaine Dijonnaise, Khammay Souvanlasy, conseiller municipal de Quetigny, Thomas Loisier, référent local des Jeunes pour Montebourg, Yannis Tsaknakis, étudiant à SciencesPo.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier







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