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13/04/2020 03:26

LONGVIC : Rémi Confection produit 500 masques barrières par jour

Après une semaine d'interruption au début du confinement, Rémi Confection a rapidement relancé l'activité dans son atelier à Longvic. La demande en blouse médicale était importante puis a suivi la demande en masques. Autour de la gérante Marie Brunel, les couturières se sont adaptées.
Rémi Confection existe depuis 1955 comme l'explique Marie Brunel, gérante de la société. Son métier traditionnel est de fabriquer des blouses et des vêtements techniques qui sont vendus aux distributeurs tels que les Travailleurs réunis à Quetigny. Le magasin France Uniforme Service jouxte l'atelier. Il s'agit d'une activité de négoce pour fournir de l'équipement de sécurité.

Dès le début du confinement, de nouvelles commandes


À l'annonce du confinement, la plupart des employés sont rentrés chez eux. Seules deux couturières sont restées avec la gérante pour expédier des commandes en cours de blouses médicales. Une directrice commerciale en région parisienne a été placée en activité partielle. Quelques employées sont en arrêt de travail afin de garder des enfants.

Très vite, fin mars dernier, de nouvelles demandes de blouses ou de masques sont arrivées. Le stock de blanc a été vidé rapidement. Les distributeurs habituels approvisionnaient notamment des établissements de santé et des établissements médico-sociaux. Ils ont fermé eux aussi. De ce fait, Rémi Confection se retrouve à livrer en direct des EHPAD ayant passé une commande à un distributeur.

Des masques non-chirurgicaux vendus à prix coûtant


Marie Brunel a donc rappelé du personnel. Elle a commandé plusieurs milliers de mètres d'un tissu 50% polyester et 50% tencel à l'Allemand Melchior et l'atelier réalise à présent des masques de protection double épaisseur à trois plis, selon le patronage de l'AFNOR (disponible sur le site de l'AFNOR).

Le tissu est matelassé en plusieurs épaisseurs afin de le découper en un volume important. Ensuite vient la piqûre des plis, la pose de biais et d'élastique. Puis les masques sont emballés par sachet de vingt.

Rémi Confection vend ces masques non-chirurgicaux à prix coûtant. Ils sont très demandés par les entreprises du bâtiment pour leurs employés ainsi que par les forces de sécurité intérieure (lire le communiqué du ministère du Travail). Même les Lions Clubs a acheté 900 masques pour en faire don au personnel de l'association d'aide à domicile ADMR 21 (lire le communiqué).

Aujourd'hui, une coupeuse et cinq couturières produisent 500 masques par jour, ce qui est un maximum compte tenu de la taille de l'atelier, initialement prévu pour du prototypage et de la confection sur mesure. Le vendredi 9 avril 2020, les commandes représentaient 30.000 masques soit deux mois de travail.

«On navigue à vue»


Rémi Confection a participé au projet «1.000 blouses pour le CHU» en fournissant 25.000 mètres du tissu avec un bord côte qui sera remis aux couturières volontaires.

«On navigue à vue» indique Marie Brunel alors que le stock de blouse est vide et que les ateliers en Tunisie ne sont plus opérationnels. «Tant qu'il y aura besoin de masques, on fera des masques à notre petit niveau» assure la gérante.

Jean-Christophe Tardivon