Recherche
> Côte d'Or > Côte d'Or
30/07/2020 20:41

MUSIQUE : «Jouer à ciel ouvert, dans la plaine d'Alésia, c'est hyper-puissant» confie la violoncelliste Hermine Horiot

Originaire de Dijon, la concertiste a cette fois joué seule sur scène lors de l'ouverture du festival Image sonore le 23 juillet dernier. Hermine Horiot livre ses impressions après une prestation entre fortifications romaines et colline d'Alise-Sainte-Reine.
Aujourd'hui violoncelliste concertiste, Hermine Horiot est née et a grandi à Dijon. Jusqu'à l'âge de 15 ans, elle a étudié au conservatoire à rayonnement régional Jean-Philippe-Rameau avant de partir pour le conservatoire de Paris.

«Je suis spécialiste en rien» lance avec humour Hermine Horiot pour signifier qu'elle peut tout autant aborder la musique baroque que la musique contemporaine. «J'adore la musique de chambre, c'est vraiment ce qui m'anime le plus. Ensuite, c'est plus des coups de cœur avec des répertoires» confie-t-elle.

«Un festival comme ça, c'est un bonheur !»


Faire l'ouverture d'Image sonore le 23 juillet 2020 au pied du MuséoParc Alésia est «une joie absolue» pour Hermine Horiot, «un festival comme ça, c'est un bonheur ! Je trouve ça génial de pouvoir prendre ce risque-là pour les programmateurs, de faire venir une violoncelliste d'étiquette classique».

Au programme : «Chanson de Solveig» de Edvard Grieg (1867), «Thème & Variations» de Jean Sibelius (1887), «Fantasia Sopra Laudi» d'Ingvar Lidholm (1921), «Fratres» d'Arvo Pärt (1977), «Gramata cellam - The Book» Peteris Vasks (1946), «Fluctuation 13» de Nicklas Schmidt (2017) et «Tant la fragilité est intacte» de Hélios Azoulay (2018).

«Ce qui rassemble ces musiques, c'est leur profondeur. Elles sont très oniriques. Pour la plupart, elles sont modernes mais elles ont en commun cette magie qui fait qu'on ne les reçoit pas comme des musiques purement intellectuelles» explique la violoncelliste avant d'ajouter qu'«elles sont très colorées, c'est des paysages sonores, elles sont très visuelles, je suis tombée amoureuses d'elles à des moments différents de ma vie».

«J'ai vraiment senti une différence dans ma façon de jouer»


Il y a trois ans, Hermine Horiot a enregistré un disque. Elle a alors contacté Julien Podolak pour qu'il réalise une adaptation électroacoustique de la partie pour piano de «Fratres» une des musiques les plus connues du compositeur minimaliste Arvo Pärt. De fil en aiguille, Julien Podolak a composé plusieurs «interludes électroacoustiques».

«C'est une forme très libre» s'enthousiasme la musicienne. Une liberté qui a pu s'exprimer dans le cadre extérieur du festival Image sonore, au pied du centre d'interprétation. Des bruitages de train ont résonné à proximité de la gare de Venarey-Les Laumes, des avions sont passés dans le ciel et sont intégrés à la pièce musicale au même titre que les sonorisations initialement prévues.

Jouer dans la prairie qui entoure le MuséoParc Alésia, entre le bâtiment signé par l'architecte suisse Bernard Tschumi et les fortifications romaines évoquant le siège conduit par Jules César, convoquait évidemment une ambiance particulière.

«Il y a l'aspect de nature qui a énormément compté, plus que je ne l'aurais cru» déclare la violoncelliste après le concert. «Jouer à ciel ouvert, dans la plaine d'Alésia, c'est hyper-puissant. J'ai vraiment senti une différence dans ma façon de jouer, j'étais plus connectée à ce que je faisais. Le fait que le public puisse bouger, j'adore. Ça nous sort de notre zone de confort, de la salle, c'est très décomplexant tout en restant concentrée» partage-t-elle.

Membre de l'ensemble des Dissonances depuis douze ans, Hermine Horiot joue régulièrement à l'Opéra de Dijon. Elle participe aussi aux Musicales de Fontaine-lès-Dijon ou encore aux Rencontres PontiCelli de Flavigny-sur-Ozerain.

Jean-Christophe Tardivon

La culture transversale d'Image sonore s'implante dans le territoire de l'Auxois

Au coeur du chaudron gaulois avec le MuséoParc Alésia