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01/10/2020 12:27

NUMÉRIQUE : L'opérateur Orange est mobilisé pour «apporter le meilleur des débits»

La crise sanitaire a pour conséquence un recours accru aux usages numériques. Le 30 septembre, Véronique Morlighem, déléguée régionale d'Orange, a fait le point sur le déploiement des réseaux d'avenir en Bourgogne-Franche-Comté et en Côte-d'Or. L'installation de la fibre est quasiment terminée dans la métropole dijonnaise. Toutes les antennes du département auront basculé en 4G d'ici la fin de l'année.
Héritière de France Télécom, ancienne entreprise publique qui détenait un monopole jusqu'en 1998, Orange intervient aujourd'hui dans un secteur concurrentiel et international où les opérateurs présents en France ont néanmoins des obligations fixées par l’État.

Aujourd'hui, en tant que géant des télécoms, Orange est tout à la fois gestionnaire de réseaux, prestataire de services pour les entreprises, fournisseur d'accès à Internet pour les particuliers et même propriétaire de chaînes de télévision, de radio ou encore de portail jeux.

Ce mercredi 30 septembre 2020 au siège dijonnais d'Orange, Véronique Morlighem, déléguée régionale Bourgogne, a effectué un point d'étape centré sur la construction et la gestion des réseaux. En effet, malgré le confinement et malgré l'été caniculaire, Orange poursuit le déploiement des réseaux d'avenir en Bourgogne-Franche-Comté.

«Les réseaux ont tenu»


Par la voix de Véronique Morlighem, Orange se revendique «très près des territoires». En Bourgogne-Franche-Comté, l'opérateur exploite toujours les 1,3 millions de lignes en cuivre de la région. Pour la déléguée régionale, il s'agit d'être «en contact avec les parties prenantes qui ont à voir avec l'aménagement numérique des territoires». Dans la région, Orange emploie 2.000 personnes dont 800 rien que dans la Côte-d'Or. Chaque département compte des boutiques et des centres d'intervention.

Revenant sur le confinement, Véronique Morlighem rappelle que «les réseaux ont tenu» durant le confinement et qu'«Orange a mis tout en œuvre pour faire en sorte de libérer des capacités» (lire notre article du 20 mars).

Durant cette période, les usages numérique se sont considérablement accrus : le télétravail a été multiplié par 10, la voix sur mobile par 3, les messageries instantanées par 5 et le trafic sur les accès internet fixe a augmenté de 20 à 30%. Face à cela, Orange a doublé la capacité de ses câbles sous-marins qui véhiculent 99% des échanges en très haut débit. L'engouement se poursuit post-confinement : les demandes de raccordement à la fibre optique ont augmenté de 50% depuis le mois de mai.

En tenant compte des nouvelles règles sanitaires, en France, 10.000 employés ont continué à intervenir : maintenance et déploiement des réseaux, plateaux téléphoniques et réouverture des boutiques. «Tous les acteurs ont remplis leurs missions» insiste la déléguée régionale même si certains techniciens ont eu à faire à des personnes qui ne souhaitaient pas que l'on rentre dans leur appartement pour procéder à des raccordements.

Orange construit 68 % des accès fibre en France


Concernant le déploiement des réseaux d'avenir, celui de la fibre à la maison ou au bureau (FTTH) constitue «le plus grand chantier industriel du moment» selon Véronique Morlighem. Orange construit le réseau jusqu'au pied des bâtiments et ensuite, l'entreprise ou le foyer choisit parmi les fournisseurs d'accès disponibles, Orange ou un autre. Ainsi, les activités de gestionnaire du réseau et de fournisseur d'accès sont bien séparées.

En France, 15.000 personnels sont actuellement mobilisés pour la conception et la construction des réseaux qui repart sur un rythme équivalent à celui d'avant la crise sanitaire. 10.000 prises raccordables sont posées chaque jour. Au deuxième trimestre, il y a eu 238.000 ventes nettes de raccordements à la fibre optique.

L'opérateur construit des réseau dans trois catégories de zones. Les zones dites «AMII» pour appel à manifestation d'intention d'investissement souvent centrées sur les grandes agglomérations. Les zones dites «AMEL» pour appel à manifestation d'engagement local et, enfin, des zones gérées directement par une collectivité locale, souvent le conseil départemental (retrouver le point d'étape du conseil départemental de la Côte-d'Or).

Dans les différentes zones AMII de France, Orange construit en fonds propres des réseaux qui seront mis à disposition des autres opérateurs selon les règles concurrentiels en vigueur. Depuis 2012, Orange a investi 9 milliards d'euros pour installer 13 millions de prises de fibre optique raccordables dans 3.600 communes.

Orange peut se retrouver à intervenir aussi dans des zones d'initiatives publiques, ce qui représente 3 millions de prises supplémentaires. En tout, l'entreprise des télécoms construit près de 68 % des accès à la fibre en France. C'est «une révolution industrielle» selon Véronique Morlighem qui ajoute que «toutes les équipes sont complètement concentrées sur ces déploiement afin de pouvoir apporter le meilleur des débits».

Le déploiement de la fibre est quasiment terminé dans la métropole dijonnaise


En Bourgogne-Franche-Comté, entre les différentes zones, Orange est présent à ce jour dans 555 communes avec 550.000 prises raccordables (147.000 foyers et entreprises ont été rendus éligibles en 2020).  Si l'on ne tient compte que des grandes agglomérations, Orange a déjà installé 472.000 prises raccordables avec un objectif de 610.000 prises d'ici fin 2022. En 2020, 84.000 prises ont été construites en huit mois.

Dans la Côte-d'Or, la zone AMII est constituée de 74 communes de la métropole de Dijon et de la communauté d'agglomération de Beaune. À terme, 60% des logements de la Côte-d'Or seront raccordables.

Dans la métropole dijonnaise, le déploiement qui a démarré en 2010 est quasiment terminé avec 143.000 prises raccordables couvrant la quasi totalité des habitations. En 2020, 18.000 prises raccordables ont été réalisées en huit mois.

Dans la communauté d'agglomération de Beaune, le chantier a démarré en 2014. La moitié des déploiements ont été effectués. Il reste 120 kilomètres de génie civil à réaliser. Des travaux qui mobilisent des entreprises locales. En 2020, 4.800 prises raccordables ont été posées en huit mois.

Affiner la couverture mobile en 4G


En ce qui concerne la téléphonie mobile, tout comme ses concurrents, Orange continue de déployer la 4G même si la 5G est dans les starting-blocks avec le lancement des enchères pour l'attribution des fréquences. De plus, Orange a des obligations de déploiement de la 4G en lien avec les décisions du New Deal Mobile instauré en 2018.

Chaque année, dans toute la France, les préfectures et collectivités locales proposent des sites qui sont mal couverts et 800 sont retenus et répartis entre les opérateurs pour améliorer la situation. Comme l'indique Véronique Morlighem, «Orange est à l'heure de ces obligations» avec treize sites en Bourgogne-Franche-Comté dont la couverture a été corrigée depuis 2018.

Autre obligation : passer les réseaux 2G et 3G en 4G d'ici la fin 2020. Il s'agit souvent de communes de moins de 250 habitants. Orange atteint ainsi un taux de couverture de 97,5% en Bourgogne-Franche-Comté. Dans la région, 2.070 communes sont couvertes en 4G avec 280 communes rendues éligibles en 2020.

La double possibilité de la fibre et du mobile


Orange s'inscrit dans les axes définis par le président de la République : haut débit pour tous en 2020, très haut débit pour tous en 2022 et fibre pour tous en 2025. Avec un débit de 30 Mb/s, la 4G est une solution d'accès au très haut débit. Pour autant, Véronique Morlighem signale que c'est un complètement des réseaux de fibre optique. Prévue pour un usage en mobilité, la 4G n'a pas la même stabilité qu'un accès fixe et ne peut donc le remplacer durablement.

Dans des pays d'Europe de l'est ou d'Afrique qui n'ont pas encore d'infrastructures en cuivre ou en fibre optique, il est intéressant de déployer un réseau mobile pour tous les usages. En revanche, dans les pays ayant un réseau fixe, Orange préfère consolider le réseau fibre afin d'apporter à la fois un accès  fixe et mobile. La fibre optique garantit la stabilité du réseau et la bande passante tandis que le mobile peut connaître des fluctuations suivant les sollicitations.

Pour les zones mal couvertes, il existe des accès par satellite ou encore une «box 4G» en tant que solution temporaire. En Bourgogne-Franche-Comté, 1.750 communes sont éligibles à la «4G Home». Dans la Côte-d'Or, 341 communes sont couvertes par la 4G (avec 38 nouvelles communes en 2020 dont 26 de moins 250 habitants) dont 279 éligibles à la 4G home.

La 5G fait partie de la logique environnementale d'Orange


Du fait de la crise sanitaire, le calendrier de déploiement de la 5G est en passe de subir des modifications. Les enchères pour les fréquences ont déjà dû être décalées. Pour l'instant, il est prévu le déploiement de quelques milliers de sites 5G d'ici 2024 afin, notamment, de couvrir tous les sites olympiques de Paris 2024. Les deux tiers de la population française devraient être éligibles d'ici 2025 avant une couverture totale du pays d'ici 2030.

Chaque année la consommation des données sur mobile augmente de 40% donc «Orange doit adapter en permanence son réseau pour répondre aux demandes de nos clients et leur permettre une qualité optimale de service» explique Véronique Morlighem. La 5G sera une des solutions pour éviter une saturation qui se profile d'ici 2022. «On est prêt à commencer à déployer des villes en France d'ici la fin de l'année [2020]» indique la déléguée régionale.

Le développement de la 5G s'inscrit dans le plan stratégique «Engage2025» qui se réalisera à l'aune de la responsabilité sociétale de l'entreprise (RSE) (lire le communiqué sur le recyclage des téléphones). Contrairement au lancement de la 4G, la notion de réduction de la fracture numérique est intégrée au lancement de la 5G. Les nouveaux produits bénéficieront d'écoconceptions. La déléguée régionale met ainsi en avant l'efficacité énergétique de la 5G par rapport à la 4G : deux fois moins de consommation au lancement, 10 à 20 fois moins de consommation en 2030.

Par ailleurs, Orange s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% entre 2015 et 2025 en incluant 40% d'énergies renouvelables dans son mix énergétique en France. De plus, l'opérateur affiche un objectif de «neutralité carbone» d'ici 2040. Véronique Morlighem l'assure : «la 5G fait partie de cette logique environnementale».

Jean-Christophe Tardivon