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07/07/2025 03:58

PATRIMOINE : «L'inscription des climats du vignoble de Bourgogne à l'UNESCO parle au monde entier», assure Audrey Azoulay

La directrice de l'UNESCO s'est exprimée lors du temps officiel de l'anniversaire des dix ans de l'inscription, ce vendredi 4 juillet, à Puligny-Montrachet, en présence de François Rebsamen. Selon Aubert de Villaine, les climats du vignoble de Bourgogne constituent «un modèle universel auquel se réfèrent toutes les viticultures de terroir du monde».
L'heure était aux congratulations, ce vendredi 4 juillet 2025, à Puligny-Montrachet, au moment de célébrer l'anniversaire des dix ans de l'inscription des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Lors du temps officiel à la cuverie du domaine Leflaive – un bâtiment neuf construit en bois et paille, revendiqué «zéro carbone» –, treize orateurs se sont succédé pour revenir sur les souvenirs en amont du dossier, se remémorer l'annonce de l'inscription, ovationner Aubert de Villaine et rappeler les actions engagées depuis.

En revanche, alors que c'était le but affiché par les organisations, les perspectives tissées pour les dix prochaines années sont restées floues. Les orateurs se sont contentés de déclarations d'intention, remettant les actions concrètes à la prochaine définition d'un nouveau plan décennal.

Un anniversaire sans Rachida Dati


L'événement était placé sous le haut-patronage de Rachida Dati. La présence de la ministre de la Culture du gouvernement de François Bayrou, annoncée de longue date, était même confirmée quelques jours auparavant mais une signature de convention, à Paris, est apparue dans son agenda au même moment.

C'est la deuxième fois en quelques mois que le monde du vin côte-d'orien doit faire face à une défection lors d'un temps officiel. Le 12 octobre dernier, à Dijon, l'inauguration du nouveau siège de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a eu lieu sans Emmanuel Macron. Le président de la République était pourtant pressenti pour participer (lire notre article).

Du coup, personne n'a songé à excuser Rachida Dati. En son absence, Audrey Azoulay, directrice générale de l'UNESCO et ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, ainsi que François Rebsamen, ministre de l'Aménagement du territoire et président de la Métropole de Dijon, ont capté les projecteurs.

Étaient également présents notamment Paul Mourier, préfet de la Côte-d'Or, Alexandra Pascal, maire de Puligny-Montrachet, Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Claire Bonnet-Vallet, vice-présidente du Département de la Côte-d'Or, Nathalie Koenders, maire de Dijon, Alain Suguenot, maire de Beaune, Laurent Delaunay, président du Comité Bourgogne (ex-BIVB), Brice de la Morandière, représentant la quatrième génération d'exploitants du domaine Leflaive, ainsi que de Gilles de Larouzière et Aubert de Villaine, respectivement président et président d'honneur de l'Association des climats du vignoble de Bourgogne.

Les climats du vignoble de Bourgogne constituent «un modèle universel auquel se réfèrent toutes les viticultures de terroir du monde»


«Cette inscription (…) est un engagement, un devoir de transmission et de responsabilité», résume Alexandra Pascal, première à prendre la parole, «la responsabilité de préserver nos paysages, nos murs de pierres sèches, nos cabotes, de garder vivante la mémoire de nos anciens tout en préparant l'avenir pour nos enfants».

Aubert de Villaine se souvient du jour où, neuf ans après la fondation d'une association dédiée, les ambassadeurs de l'UNESCO ont élevé, à l'unanimité, au rang du patrimoine mondial «cette culture bourguignonne qui fait de nous, de notre territoire un paysage culturel vivant et unique au monde». 

«Cet héritage est, aujourd'hui, un modèle universel auquel se réfèrent toutes les viticultures de terroir du monde», souligne-t-il. «Il faut le protéger sans le figer.»

Une beauté à transmettre


Aubert de Villaine partage son admiration pour «la Bourgogne de nos villages, avec leurs caves et leurs cuveries serrées autour de leurs églises, celle des centres historiques de nos grandes villes, où le passé et le présent se chevauchent et se respectent, celle des vignerons, héritiers du passé et surtout bâtisseurs de l'avenir, cette Bourgogne moderne qui vit dans le présent, toujours prête à progresser, à aller de l'avant pour remplir la page blanche des temps nouveaux, mais qui chérit et protège son passé car elle sait que, si elle le perdait, elle perdrait aussi son âme». «C'est toute cette beauté que nous avons le devoir de transmettre.»

«Une réflexion sur la valorisation touristique du site»


Gilles de Larouzière rappelle que l'inscription au patrimoine mondiale de l'UNESCO engage à «protéger, valoriser et transmettre». Depuis 2015, ont été réalisés dans les vignes des travaux dont le coût est estimés à 8 millions d'euros dont la moitié financée par les 60 mécènes de l'association. À ce jour, 66% de l'aire bénéficie d'une protection forte.

Parmi les principales actions menées par l'association, figure la participation au parcours de médiation de la Cité des climats et de vins de Bourgogne, à Beaune, et, désormais, la préparation du 90ème anniversaire de la Route des grands crus qui aura lieu en 2027.

Le président de l'Association des climats de Bourgogne appelle à «une réflexion sur la valorisation touristique du site» tout en évitant «les travers du surtourisme» notamment pour «respecter l'activité des habitants dont les vignerons».

En matière de «transmission», un programme destiné au jeune public a été initié en 2017. En 2025, dix classes ont participé à un travail sur les climats au travers des arts, des sciences naturelles, de l'histoire et de la géographie.

Les axes du prochain plan décennal


Prochainement, «une stratégie de long terme» sera traduite dans un nouveau plan de gestion de dix ans débutant en 2026.

Il déclinera les actions de façon à renforcer la protection environnementale et paysagère, renforcer le travail de protection et de mise en valeur de la zone écrin, poursuivre le travail de transmission auprès des jeunes générations, consolider la gouvernance, parfaire la délimitation du site en intégrant les abbayes de Saint-Vivant et de Cîteaux, faire que l'ensemble des communes se dotent d'un plan local d'urbanisme et, enfin, obtenir du législateur une protection spécifique aux sites UNESCO.

«Les climats sont des témoins de l'évolution de notre vignoble»


Laurent Delaunay revient sur la définition des climats en insistant sur «le temps long» pour produire des vin : «les climats deviennent un modèle, une philosophie, une culture. (…) Les climats sont des témoins de l'évolution de notre vignoble».

Le président du Comité Bourgogne évoque le défi du changement climatique qui fait qu'«aucun millésime ne ressemble à ses prédécesseurs» et conclut en souhaitant que les climats puissent «inspirer le monde entier».

«Les climats sont une grande victoire pour Dijon»


Se plaçant sur un terrain plus politique, Nathalie Keonders (PS) rappelle «l'engagement de la première heure» de François Rebsamen (FP, ex-PS), alors maire de Dijon et son rapprochement avec Alain Suguenot (LR) et Aubert de Villaine pour créer une association en 2006. 

L'actuelle première édile dijonnaise exprime une pensée pour Alain Millot (PS), maire de Dijon en 2015, décédé 23 jours après l'annonce de l'inscription.

«Les climats sont une grande victoire pour Dijon», indique l'oratrice, rappelant que l'aire d'inscription couvre les vignes de Marsannay-la-Côte, Chenôve et les parcelles de Montre-Cul à Dijon ainsi que le secteur sauvegardé du centre-ville de la capitale des ducs de Bourgogne.

«La Route des grands crus commence à Dijon et s'étend jusqu'à Santenay, c'est ainsi depuis 1937», glisse la socialiste qui appelle à «un climat de concorde» avec le Département de la Côte-d'Or en vue de son 90ème anniversaire.

La maire de Dijon considère qu'il reste «des margez de progrès» en matière de tourisme, en particulier d’œnotourisme : «ce travail contribue à renforcer la visibilité internationale de Dijon à travers le prisme des climats».

«Cette inscription a honoré la vision d'un territoire qui sait conjuguer tradition et excellence»


À son tour, Alain Suguenot partage ses souvenirs en remontant à une idée initiale en 1992 et se félicite d'«un rare exemple de l'union de l'ensemble de nos territoires».

Le maire de Beaune souligne «les siècles de travail, de passion et d'intelligence collective» qui ont façonné un «esprit bourguignon» et abouti aux climats du vignoble de Bourgogne. «Cette inscription a honoré une vision, celle d'un territoire qui sait conjuguer tradition et excellence, culture et nature, agriculture et civilisation».

Le premier édile beaunois insiste sur «le monde façonné par la main de l'homme, pierre par pierre, cep par cep, génération après génération» et conclut par «la promesse que nous continuerons à faire vivre les climats» pour faire de la Bourgogne viticole «non seulement une terre d'exception mais une terre d'exemplarité».

«Cette inscription profite à toute notre région»


François Sauvadet (UDI) étant excusé, Marie-Claire Bonnet-Vallet (LCOP) représente le Département de la Côte-d'Or. À ce titre, elle salue sa collègue du Département de la Saône-et-Loire Élisabeth Roblot, présente dans l'assistance.

«Cette inscription profite à tout notre département et à toute notre région, (…) elle permet de rayonner à l'international», assure celle qui est également présidente de Côte-d'Or attractivité avant d'envisager de faire de «la Route des grands crus une destination d'exception».

«La volonté du Département est de continuer à accompagner les acteurs dans les mutations auxquelles ils doivent faire face», signale l'oratrice en insistant sur l'enjeu de «la gestion de la ressource en eau».

«La Région a été très présente autour de la notoriété des vins»


«Nous avons été à vos côtés dignement, résolument, comme il le fallait», lance Marie-Guite Dufay, «il y a eu le travail de fourmis des acteurs de la Mission des climats». «Cela s'est traduit dans les investissements sur les Cités des vins».

«Puis, il y a eu l'investissement de la Région [Bourgogne-Franche-Comté] sur la Cité internationale de la gastronomie, à Dijon. La Région a été très présente autour de la notoriété des vins. Il y a eu l'installation de l'Organisation internationale de la vigne et du vin dans l'hôtel Bouchu d'Esterno de Dijon», développe la responsable de l'exécutif régional.

La socialiste alerte sur le fait que «la vigne n'est pas épargnée» par le changement climatique et transmet aux acteurs des climats un message d'encouragement : «la recherche sera, pour vous, d'un très grand recours».

«L'éducation fait partie intégrante de la convention de 1972»


Audrey Azoulay se félicite que la convention pour le patrimoine mondial de l'UNESCO soit «populaire, plébiscitée et positive». Rédigée en 1972, elle porte la vision que «pour contribuer à la paix, il faut reconnaître, protéger, valoriser, transmettre le patrimoine culturel et naturel». 

«Cette inscription des climats [du vignoble] de Bourgogne [à l'UNESCO] parle au monde entier», assure la directrice qui salue «l'alliance entre le génie humain et la nature». «On vient reconnaître que la plus petite parcelle est suivie, nommée, chérie.»

«Cela montre [aux jeunes enfants] qu'il y a une possibilité de créer de la valeur, d'avoir des sociétés prospère qui se développent en respectant leur environnement», analyse l'oratrice.

«L'éducation fait partie intégrante de la convention de 1972, cette dimension qui est d'expliquer, de faire prendre conscience de ce trésor. Je pense que les jeunes générations y sont très sensibles, particulièrement ici, en Bourgogne, à cause de ce lien avec la nature», développe-t-elle avant de vanter les effets du «multilatéralisme» quand il est «concret, populaire, ancré, sincère».

Les applaudissement de l'assistance pour Aubert de Villaine


«Neuf interventions, ça traduit cet engagement collectif, ce partenariat que nous avons su créer pour remporter cette belle victoire», remarque François Rebsamen alors que l'assistance supporte, stoïque, la chaleur étouffante de la cuverie après deux heures de discours, aidée en cela par les éventails distribués à l'arrivée. 

«On vous doit beaucoup», adresse le ministre à Aubert de Villaine, provoquant les applaudissements chaleureux des participants, debout, pour rendre hommage au fer de lance du dossier de candidature.

«De Dijon aux Maranges, nous avons un paysage absolument exceptionnel»


François Rebsamen poursuit en faisant partager son «amour très cher» pour la Bourgogne avant d'exhorter à «ne pas arrêter de lutter contre le changement climatique».

«De Dijon aux Maranges, en passant par Beaune, nous avons un paysage absolument exceptionnel» enchaîne le président de la Métropole, «dans la ville [de Dijon], la réussite des climats a permis de modifier profondément cette ville dans son attractivité». «Cette grande aventure, nous la portons aujourd'hui tous ensemble et nous allons continuer de le faire.»

Signature du «Pacte des climats»


Au gré des discours, les différents protagonistes ont signé le «Pacte des climats» qui les engagent pour les dix prochaines années. 

La cérémonie se termine alors par une photographie de groupe où est brandi symboliquement le panneau des 66 signatures puis par le traditionnel ban bourguignon.

Jean-Christophe Tardivon

Les climats du vignoble de Bourgogne fêtent les dix ans de l'inscription à l'UNESCO


Quatre mille personnes pour fêter les climats du vignoble de Bourgogne à Puligny-Montrachet









Les climats du vignoble de Bourgogne fêtent les dix ans de l'inscription à l'UNESCO



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