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25/11/2020 14:53

QUARTIERS POPULAIRES : «Il faut qu’on soit dans l’opérationnalité car l’urgence sociale est là», déclare Thierry Falconnet

Maire de Chenôve et président de l’association des maires Ville & Banlieue de France, Thierry Falconnet parle de première victoire quant à l’obtention des 1% du plan de relance pour les territoires les plus vulnérables, tout en réaffirment la place et le rôle que doivent avoir les communes dans le déploiement de ce plan.

Nous vous en parlions à la suite du conseil métropolitain de la semaine dernière (retrouvez notre article en cliquant ici), Thierry Falconnet, maire de Chenôve et président de l’association des maires Ville & Banlieue de France devait aller porter des propositions au Premier ministre et en même temps alerter sur la situation aggravée dans les quartiers populaires du fait de la crise sanitaire.

Rappelant que l’appel transpartisan du 14 novembre «est aujourd’hui rejoint par 185 maires de toutes sensibilités politiques, de l’ensemble du territoire hexagonal et ultramarin», Thierry Falconnet a été reçu en visioconférence lundi 23 novembre avec 8 autres collègues élus.

À Matignon, le Premier ministre Jean Castex était bel et bien accompagné de quatre autres ministres ainsi que Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement... Une heure et demie d’échanges au cours de laquelle Jean Castex a répondu favorablement à la demande de l’association : 1% du plan de relance, soit 1 milliard d’euros, va être dédié aux quartiers les plus en difficulté sur le territoire national.

Des attentions désormais portées sur la méthode

C'est «une première victoire» selon Thierry Falconnet, qui ajoute tout de même : «Ce qui nous préoccupe, c’est la manière dont le gouvernement va ventiler et répartir ce milliard. C’est là où le bât blesse, car pour ce qui est de la méthode, le gouvernement est resté très évasif sur la manière dont on va travailler maintenant. Nous, nous souhaitons travailler avec le gouvernement, dans une démarche de co-construction sur ce plan d’urgence pour les banlieues et les quartiers populaires. Nous ne sommes pas en opposition à ce gouvernement car nous voulons que nos quartiers sortent de cette crise».

Le maire de Chenôve souligne : «Nous avons proposé la mise en place d’un Conseil national des solutions qui pourrait se substituer à d’autres instances qui selon nous sont inefficaces, comme le Conseil national des villes, et qui au plus près du terrain pourrait faire des propositions à diffuser sur l’ensemble du territoire. N'oublions pas que nous sommes tous des laboratoires d’innovation sociale.
Mais le premier ministre nous a renvoyé sur le Conseil national des villes. Maintenant, si celui-ci remplit ce rôle, on ne s’y oppose pas par principe, mais il faut qu’on soit dans l’opérationnalité car l’urgence sociale est là. C’est une réalité que nous vivons tous sur nos territoires. On a de plus en plus de travailleurs pauvres qui n’ont plus de quoi manger… Sans tomber dans le misérabilisme, il faut être réaliste».

Education, emploi, insertion, sécurité et tranquillité publique, renouvellement urbain, soutien aux associations, au sport, fiscalité locale… Les élus reçus ce lundi ont fait plusieurs propositions : passage immédiat de 80 à 200 cités éducatives ; création d’une dotation de surcharge scolaire dans les quartiers pour compenser les aménagements liés au dédoublement des classes notamment ; prise en compte «à l’euro près» des dépenses des communes liées à la Covid-19 ; création de 7.000 postes supplémentaires de médiateurs sociaux dans les quartiers avec de nouvelles missions tournant autour de l’accompagnement vers l’emploi, 200 millions d’euros pour les associations au lieu de 20 millions d’euros actuellement…

Qualifiée de «positive» par Thierry Falconnet, l’entrevue aura permis aux communes et élus concernés de faire valoir les quartiers prioritaires et d’alerter sur un décrochage républicain, face auquel «il est nécessaire de répondre ensemble, l’Etat avec les collectivités».

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier


La ministre déléguée Nadia Hai répond à Thierry Falconnet sur France Relance


Le communiqué :


Thierry FALCONNET, maire de Chenôve, Président de l’Association des Maires Ville & Banlieue de France, réagit après l’annonce de l’obtention des 1% du Plan de Relance pour les territoires les plus vulnérables.

Le 14 novembre dernier, près de deux cents élus locaux de tous bords politiques, Maires et Présidents d’agglomérations issus de territoires où vivent près de dix millions de nos
concitoyens, ont écrit au Président de la République pour l’alerter, une fois encore, sur la situation plus qu’inquiétante que connaissent leurs administrés dans d’importants bassins de vie vulnérables, urbains et rurbains, dans tout le à pays. Situation dont, hélas, la gravité s’est renforcée à l’aune de la crise sanitaire que nous traversons depuis le début de cette année.

Les conséquences de la pandémie de COVID 19 dans ces quartiers se sont ajoutées à tous les ingrédients déjà réunis sur le terrain pour constituer les prémices d’un « décrochage républicain » qui les inquiète également.

C’est pourquoi les élus signataires de cette lettre ouverte ont demandé à Emmanuel MACRON qu’1 % des 100 milliards d’euros dédiés par l’État au plan de relance soit consacré aux quartiers les plus en difficulté sur le territoire national. Cette proposition avait été soutenue par l’Association des Maires Ville & Banlieue de France présidée par Thierry FALCONNET, Maire de Chenôve en Côte-d’Or. « Je me félicité que l’appel que nous avons porté et adressé aux autorités face à l’urgence sociale ait été entendu », a indiqué Thierry FALCONNET. « Cet engagement est nécessaire pour les habitants de nos quartiers et de nos villes populaires qui sont les premiers touchés par les conséquences sociales et économiques de la crise. Nous sommes donc satisfaits d’avoir obtenu pour eux une première victoire. »

L’élu local, qui s’est beaucoup engagé sur ces questions, précise que ce milliard d’euros obtenu, dont on attend encore les modalités d’attribution et de répartition, sera plus qu’utile pour mener les politiques publiques indispensables dans des territoires où tous les indicateurs sociaux sont au rouge : progression du chômage, explosion des demandes d’aides alimentaires et des dettes locatives, forte augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA.

« Il permettra de répondre à l’urgence, mais cela doit être une première étape vers une mobilisation plus forte de tous les moyens nécessaires pour faire face à une crise inédite »,
prévient-il, « car les défis vont être importants pour celles et ceux qui en ont besoin dans les semaines et mois qui arrivent ».

Thierry FALCONNET, qui a été reçu avec huit autres de ces collègues hier par le Premier Ministre Jean CASTEX, participera à la première rencontre du Conseil National des Solutions, le 14 décembre à Roubaix, organisé par les signataires de l’Appel pour l’Égalité républicaine dans nos quartiers populaires.