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25/06/2021 23:14

RÉGIONALES : Julien Odoul se présente en «rempart à la gauche et à l'extrême-gauche»

Dans un meeting en plein Morvan ce vendredi 25 juin, le candidat du Rassemblement National a présenté sa vision du bilan de la présidente sortante pour mieux faire ressortir sa proposition de «priorité régionale». Par la même occasion, Julien Odoul a particulièrement ciblé les Verts ainsi que Gilles Platret.
Bard-le-Régulier, 550 mètres d'altitude, 70 habitants. Cette commune rurale du parc naturel régional du Morvan a été retenue ce vendredi 25 juin 2021 pour une réunion publique de Julien Odoul, candidat du Rassemblement National au second tour des élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté.

Le 20 juin dernier, 151.626 électeurs ont voté pour la liste conduite par Julien Odoul, soit 7,71% des inscrits et 23,19% des suffrages exprimés. Dans un contexte de déconfinement, la faible participation de 34,87% est pointée par le parti de Marine Le Pen, grand perdant du premier tour. En 2015, le Front National avait recensé deux fois plus de voix en Bourgogne-Franche-Comté.


C'est donc la dernière ligne droite pour mobiliser les électeurs. Une dernière réunion en présentiel cette fois, entre meeting et garden party. Le temps est clément, l'altitude apporte de l'air sous le soleil de fin d'après-midi.

La réunion se tient effectivement à l'extérieur, sur une propriété privée. Une estrade est installée sous une petite grange. Le maire de Bard-le-Régulier, Patrick Gernotte (sans étiquette) accueille le candidat. Environ 80 personnes sont présentes, dont une part importante de colistiers.

Un changement d'affiche pour le second tour


Si les visages de Marine Le Pen et Julien Odoul apparaissent sur la banderole en fond de tribune, il est à noter que le candidat figure seul sur les panneaux électoraux depuis lundi.

«Les affiches ont évolué parce que c'est le second tour et que la campagne est différente, les enjeux sont différents, il faut mobiliser différemment. (…) Pour le second tour, on élit un président de Région donc Marine Le Pen n'avait plus vocation à être présente sur cette affiche mais elle est partout présente, sur les tracts, sur la banderole, dans le cœur de tous les militants qui sont ici à Bard-le-Régulier», explique Julien Odoul en marge du meeting.

Le candidat, réfutant toute consigne nationale, indique qu'il s'agit «de rassembler au-delà du Rassemblement National, c'est à dire les électeurs de droite qui ne veulent pas de la gauche».

«Monsieur Platret est devenu un candidat inutile qui gêne l'alternance»


«L'objectif est véritablement d'incarner l'alternance et surtout le barrage à la gauche, à l'extrême-gauche, avec cette fusion entre la candidate socialiste et les Verts, les extrémistes verts. Il n'y a qu'un seul vote utile qui est le vote Rassemblement National que j'incarne et j'appelle au large rassemblement pour une Région qui protège à la fois la sécurité, l'emploi, l'équilibre territoriale et surtout qui protège les valeurs de la République qui vont être menacées si les Verts arrivent à la direction de la Région», développe Julien Odoul.

«Monsieur Platret est devenu un candidat inutile qui gêne l'alternance», analyse le candidat, «je lui ai tendu la main, il ne l'a pas souhaité, je tends la main à ses électeurs tout simplement pour empêcher que notre Région soit cogérée par les extrémistes verts».

Julien Odoul cible les Verts


«La gestion des Verts dans leurs municipalités a été extrêmement préoccupante», renchérit Julien Odoul, «c'est un parti qui a une vision totalitaire de la société, c'est un parti qui ne respecte pas les valeurs de la République, c'est un parti qui a des accointances avec l'islamisme, qui développe le communautarisme, qui le finance. On le voit à Strasbourg, on le voit à Grenoble. C'est un parti qui est totalement dingue et déraciné, on le voit pour retirer les sapins de Noël, pour des menus sans viande».

«Le barrage peut être fait. Si les électeurs du Rassemblement National se déplacent, ils gagnent. À chaque fois qu'ils se sont déplacés, ils ont gagné. Je compte sur un sursaut démocratique dimanche», déclare le candidat.

«Mon programme, je l'ai axé sur la défense de la ruralité»


Bard-le-Régulier se trouve à proximité des trois frontières de la Côte-d'Or, de la Nièvre et de la Saône-et-Loire. «Le Morvan est une terre de résistance et nous avons besoin de résistants», déclare Julien Odoul pour expliquer le choix du village, «je pense que le Rassemblement National fait figure aujourd'hui de seul mouvement de résistance au système, à toutes les politiques qui font du mal à la Bourgogne-France-Comté. C'est un territoire rural. Mon programme, je l'ai axé sur la défense de la ruralité, sur le rééquilibrage territorial, notamment avec mon bouclier rural, sur la préservation des oubliés de la ruralité qui représentent l'immense majorité de la Bourgogne-Franche-Comté».

«Il y a une volonté de fausser le scrutin»


Concédant que sa propre campagne a été «plombée» par des «boules puantes à foison», Julien Odoul préfère allumer le contre-feu de la distribution de la propagande électorale en indiquant que, dans l'Yonne et le Territoire-de-Belfort notamment, sa profession de foi n'aurait pas été intégrée dans les enveloppes expédiées par la préfecture pour le second tour.

«Il y a une volonté de fausser le scrutin, délibérément, et, comme par hasard, c'est dans mon département où je suis arrivé en tête, on peut s'interroger», insiste-t-il.

La quadrangulaire vue comme «une chance»


Premier à monter sur l'estrade, Dominique-Alexandre Bourgois commence par remercier les colistiers et militants pour «le travail réalisé» durant la campagne. Géraldine Grangier prend brièvement la parole pour mobiliser : «on y croit, on veut que ça change, on veut une nouvelle politique».

Rapidement, Jacques Ricciardetti transmet le micro à Julien Odoul pour un discours de 45 minutes devant une assistance apparaissant de prime abord attentive voire résignée. Un seul drapeau français sera brandi de façon épisodique.

Le premier mot du candidat sera pour les maires vus comme les «premiers représentants de la République dans nos communes» avant d'enchaîner sur le «Trafalgar démocratique» du premier tour, faisant porter la responsabilité de l'abstention au «gouvernement» qui aurait «tout fait pour qu'elle soit massive».

Julien Odoul rappelle avoir alerté sur le niveau potentiel d'abstention dès la mi-mai (lire notre article). En conséquence de quoi, le candidat de Marine Le Pen incite à «reconquérir la souveraineté du peuple». Dans l'immédiat, la quadrangulaire du second tour est vue comme «une chance» : «elle permet aux électeurs du Rassemblement National de dicter cette élection».

Le candidat passera en revue tous ses thèmes de campagne : Région qui «protège», défense de la ruralité, réaménagement des petites communes, médecins salariés...

Une longue séquence concerne les plans sociaux et les suppressions d'emploi annoncés dans les entreprises installées en Bourgogne-Franche-Comté dont MBF Aluminium, «aveu de la trahison d'une Région coupable»

«Marie-Guite Dufay a rendu la Région la moins attractive de France, sauf pour les migrants», lance l'orateur sous les applaudissements, regrettant que les budgets dédiés à la formation en français n'aient pas été redirigés au soutien des entreprises régionales durant la crise sanitaire.

«Le social, c'est aider les nôtres avant les autres», résume Julien Odoul. «Avec nous, aucun euro du budget régional ne sera consacré à d'autres priorités que celles des Bourguignons et des Francs-Comtois, c'est la priorité régionale», lance-t-il sous un tonnerre d'applaudissements.

Le candidat du RN propose alors sa vision du bilan de la gestion de la présidente sortante, s'attachant au «prix du vivre-ensemble», évoquant la politique de la ville comme une «folie». «Nous, nous agirons pour éradiquer la délinquance en Bourgogne-Franche-Comté», assure l'orateur.

Solidarité internationale, art contemporain, éoliennes, augmentation de la fiscalité sur les cartes grises ou les carburants, privatisation du domaine de Pontigny, subvention du festival des Idées sont décriés.

«Gilles Platret a fait semblant de parler comme le RN»


Appelant à la mobilisation autour de sa candidature en tant que «rempart à la gauche et à l'extrême-gauche», Julien Odoul s'adresse une nouvelle fois «aux électeurs Républicains» avant de tacler Gilles Platret : «il a fait semblant de parler comme le RN, il a fait semblant d'agir comme le RN, il a fait semblant de copier toutes les propositions du Rassemblement National !»

«Une voix pour Platret, c'est une voix pour Dufay, une voix pour Dufay, c'est une voix pour l'extrême-gauche», martèle Julien Odoul qui conclut par un «la victoire est devant nous» qui soulève l'enthousiasme de l'auditoire.

Le meeting se termine par une Marseillaise tandis que la soirée se prolonge autour du buffet préparé par les militants quelques heures avant la fin de campagne.

Jean-Christophe Tardivon






























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