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08/07/2020 05:52

RESTAURATION : Patrick Jacquier espère que «les touristes français et étrangers seront au rendez-vous pour relancer l'activité»

L'assemblée générale de l'UMIH 21 a eu lieu le 2 juillet dernier en visioconférence. Les préoccupations liées aux conséquences de la crise sanitaire ont été au cœur des débats. Allégement fiscal, approvisionnement local et recrutement des jeunes étaient au menu.
L'assemblée générale de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie de Côte-d'Or (UMIH 21) devait avoir lieu le 6 avril 2020. Du fait du confinement, elle a été reportée et s'est tenue le 2 juillet dernier en visioconférence.

La réunion a été animée par Patrick Jacquier, président de l'UMIH 21, avec des interventions de Hubert Jan, président des restaurateurs au niveau national de l'UMIH, et de Virginie Raisson-Victor, présidente du Lépac (laboratoire de recherches spécialisé en géopolitique prospective), à propos du tourisme du futur.

«Redonner du sens à la vie de nos entreprises»


Revenant sur le confinement, Patrick Jacquier a rappelé «n'avoir jamais connu à ce jour un arrêt aussi brusque et total de notre activité», ce qui incite à «repenser notre façon de vivre et redonner du sens à la vie de nos entreprises».

Heureusement, «la solidarité nationale a été au rendez-vous pour nous soutenir» a souligné le président de l'UMIH 21 en référence aux mesures gouvernementales d'accompagnement économique. Patrick Jacquier a aussi remercié les municipalités dijonnaise et beaunoise pour ne pas avoir prélevé de droit de terrasse (lire le communiqué de la Ville de Dijon).

Pendant la crise sanitaire, l'UMIH 21 a informé ses membres, a mis en place «une page spéciale coronavirus» sur son site Internet et 600 adhérents ont été contactés directement. Le protocole sanitaire et les fiches métiers de l'UMIH nationale ont été diffusés.

Si les hôtels, les restaurants ou encore les bars ont pu rouvrir, ce n'est toujours pas le cas des discothèques dont le sort est encore en négociation. Patrick Jacquier a donc eu «une pensée forte pour le monde de la nuit».

«Il faut au plus vite alléger les charges des entreprises»


De manière plus globale, la situation reste «alarmante» et Patrick Jacquier espère que «les touristes français et étrangers seront au rendez-vous pour relancer l'activité» car «le secteur touristique est encore dans le coma». En mai 2019, 37.000 chambres avaient été réservées dans le département. En mai 2020, il n'y en a eu que 2.000. Le taux d'occupation est passée de 70% à 3,7% sur la même période.

«Pour échapper au dépôt de bilan, il faut au plus vite alléger les charges des entreprises» a lancé Patrick Jacquier en direction des décideurs politiques. Et de demander au gouvernement un plan de relance en «abaissant la fiscalité» du secteur. L'UMIH 21 demande aussi aux assureurs de «prendre leurs responsabilités» et invite se membres à «communiquer positivement pour rassurer les clients».

«Quoi de plus beau que la Côte-d'Or» s'est enthousiasmé le président de l'UMIH 21 qui compte sur l'agence de développement touristique pour une campagne de communication attrayante (lire notre article sur les perspectives de Côte-d'Or Tourisme).

«Il nous faut reconstruire reprendre espoir et innover» a martelé Patrick Jacquier en citant Miako Usui, le fondateur du Reiki au Japon au début du XXème siècle : «dans chaque épreuve, ne cherchons pas l'ennemi, cherchons l'enseignement».

L'UMIH met la pression sur les assureurs


Du point de vue national, Hubert Jan a constaté «de nouvelles adhésions qui arrivent tous les jours» vues comme «la récompense de l'investissement que l'on porte à l'ensemble de nos collègues tout du long de l'année, tout du long de cette crise». Lui aussi a salué les mesures gouvernementales : «heureusement que l'on a eu le chômage partiel parce qu'on a pu sauvegarder nos emplois». Même si, aujourd'hui, «on a beaucoup de nos salariés qui n'ont pas voulu forcément reprendre le travail à la réouverture de nos entreprises».

Alors que l'UMIH a attaqué la fédération des assureurs par une procédure pré-contentieuse, les avocats des deux parties se parlent à présent. Hubert Jan estime que les pertes d'exploitation cumulées pourrait atteindre entre 7 et 10 milliards d'euros en 2020. Un contrat d'assurance spécifique hôtel-café-restaurant devrait être mis au point dans l'été pour le proposer aux établissements.

Promouvoir l'agriculture française dans les restaurants


Concernant le sujet délicat du port du masque à la fois par les personnels, notamment en cuisine, et par les consommateurs, souvent rétifs, Hubert Jan a invité les adhérents à «ne pas se fâcher avec les clients, ils sont trop précieux». Il espère un allègement des protocoles après la fin de l'état d'urgence sanitaire du 10 juillet.

Pour sa part, Patrick Jacquier a appelé au respect du protocole sanitaire – tout en souhaitant sa suspension «le plus rapidement possible» – par crainte de voir certains restaurateurs capter des clients dans l'illégalité face aux établissement scrupuleux. «La solidarité est importante» a-t-il insisté.

Revenant sur les combats du syndicat patronal, Hubert Jan a annoncé avoir obtenu un déplafonnement des cartes de ticket restaurant uniquement destiné aux restaurateurs. Cela afin d'éviter que ce ne soit la grande distribution qui en bénéficie.

Aux restaurateurs côte-d'oriens, Hubert Jan a lancé le message d'acheter des produits issus de l'agriculture française. Et pour les clients : «restez en France, mangez dans nos restaurants». Les restaurateurs auront alors «la légitimité de promouvoir des produits de l'agriculture française». Même si le représentant de l'UMIH ne confirme pas ce chiffre, le ministère de l'Agriculture aurait signalé que 55% de la restauration commerciale achèteraient des viandes issues de l'agriculture étrangère.

Le difficile recrutement des apprentis


Assistant elle aussi à l'assemblée générale en visioconférence, la députée de la Côte-d'Or Fadila Khattabi (LREM) est intervenue pour indiquer aux adhérents de l'UMIH que «les députés de la majorité sont à leurs côtés». Elle a rappelé l'arrivée d'un plan de soutien «à l'automne» avant d'évoquer les mesures concernant l'apprentissage.

«On remercie le gouvernement sur cet effort-là» lui a répondu Hubert Jan. Pour autant, l'UMIH fait montre de quelques inquiétudes dans les possibilités de recruter effectivement des apprentis.

Localement, Creativ' a annoncé avoir engagé des travaux «pour faire essayer de faire venir des jeunes dans nos métiers» a rappelé Patrick Jacquier. Sur ce dossier, Creativ' (ex-Maison de l'emploi et de la formation du bassin dijonnais) et l'UMIH vont s'associer à Vitagora (le pôle de compétitivité goût-nutrition-santé de Bourgogne-Franche-Comté et d'Île-de-France) afin de mettre sur pied un événement de promotion des métiers, intitulé «de la fourche à la fourchette, la voie des talents», qui serait programmé en février 2021.

Jean-Christophe Tardivon

Retrouver notre article sur la piétonnisation autour des Halles à Dijon