Recherche
> Côte d'Or > Côte d'Or
25/02/2020 21:16

SALON DE L'AGRICULTURE : François Sauvadet annonce qu'il y aura un plat de viande à côté du menu végétarien dans les collèges de Côte-d'Or

Le président du conseil départemental de la Côte-d'Or est arrivé ce mardi matin pour une journée marathon au Salon international de l'Agriculture à Paris. Actualisé avec les précisions de François Sauvadet.
L'annonce a été faite devant un pavé de bœuf charolais servi à 9 heures du matin ce mardi 25 février 2020 au restaurant Le Flexitarien du stand d'Intebev. Le Département respecte la loi et la journée avec un menu végétarien. Pour autant, François Sauvadet a indiqué à ses interlocuteurs du monde agricole qu'il y aura prochainement un plat de viande servi en même temps que le menu végétarien pour donner le choix aux élèves et cultiver le goût.

Actualisé le 25 février 2020 à 21h16 :

Des repas végétariens chagrins


Cette annonce est un élément de la «bataille contre l'agribashing» auquel est sensible François Sauvadet. Il déplore «ce qu'on entend matin, midi et soir sur la consommation de viande qui deviendrait dangereuse». Même, cela l'agace : «franchement, c'est scandaleux, c'est une instrumentalisation à des fins d'enjeux financiers».

Il dit «regretter» la loi qui impose un repas végétarien par semaine. «Notre ambition, dans les collèges de Côte-d'Or, c'est d'offrir une diversité du goût et de retrouver le sens du goût et des produits locaux» lance-t-il à ses interlocuteurs autour de la table sur stand Interbev, l'organisation professionnelle des éleveurs de bétail et de races à viande. Le sujet des repas végétarien «chagrinait» beaucoup de personnes dans le monde de l'élevage selon Jean-Pierre Fleury d'Interbev Bourgogne-Franche-Comté.

Le Département a donc envoyé un courrier aux principaux des collèges du département : «il y aura le choix qui sera offert, en même temps qu'il y aura un menu végétarien, c'est la loi, il y aura de la viande et le choix de viande pour ceux qui le souhaitent».

«Un élevage allaitant très respectueux de l'environnement»


Interrogé par Infos-Dijon, François Sauvadet a précisé son propos : «nous avons la chance d'avoir des producteurs de grande qualité, un élevage allaitant qui est très respectueux de l'environnement. On n'est pas dans des situations avec des batteries d'élevage dans notre département de la Côte-d'Or. Dans les prés de l'Auxois, on a une vache à l'hectare. C'est un attachement que l'on veut montrer à notre agriculture parce que nous sommes fiers de nos agriculteurs».

«Dans les collèges, ce que nous voulons, c'est offrir des repas équilibrés donc on a beaucoup travaillé sur tous ces sujets avec les fédérations de parents d'élèves et les professionnels. Des repas équilibrés issus de produits locaux. Découverte des goûts parce que chaque famille à sa tradition, que ce soit un temps d'éducation aussi par rapport à la lutte contre le gaspillage alimentaire».

«On a tort de vouloir légiférer sur tout. Décréter qu'un jour il y aura un repas végétarien qui soit imposé partout dans le département comme en France, ce n'est pas une idée que je trouve acceptable. Je vais offrir la possibilité de consommer un repas végétarien pour celui qui le souhaite, un repas avec la viande pour celui qui le souhaite».

Pour ce repas supplémentaire, François Sauvadet compte sur les cuisiniers de chaque collège pour que ce soit de la viande de production locale, charge au Département d'organiser «en proximité» des circuits d'approvisionnement en viande bovine, volailles et poisson.

Organiser des circuits d'approvisionnement de proximité


L'agriculture est «probablement le secteur économique qui a été appelé à vivre le plus de mutations depuis ces trente ou quarante dernière années et c'est un secteur qui va en vivre encore profondément avec les changements climatiques. Donc nous avons une responsabilité, c'est de les accompagner pour faire face aux aspirations nouvelles des consommateurs et en même temps pour qu'ils puissent continuer de remplir leur mission dignement, c'est-à-dire en ayant un revenu de leur travail, et leur mission première, c'est de nourrir l'humanité».

L'objectif de la loi Agriculture et Alimentation est d'atteindre en 2022 50% de produits locaux et 20% des produits bio dans la restauration scolaire. Un objectif atteignable sur les circuits locaux selon François Sauvadet mais «très difficile» sur l'aspect bio et local même s'il veut conserver cette ambition «pour se rapprocher au maximum de cet objectif».

Jean-Christophe Tardivon

Lire notre article sur la naissance d'un nouveau fromage


Retrouver la visite marathon de François Sauvadet


Retrouver notre article sur les débats autour du tarif de la restauration dans les collèges de Côte-d'Or