
Ce jeudi 10 juillet, la ministre Catherine Vautrin a salué «une exception française» après avoir découvert les Hospices civils de Beaune. «On fait beau pour conduire à la santé», a déclaré le maire Alain Suguenot, en référence au fondateur de l'Hôtel-Dieu, alors que le projet mobilise 86 millions d'euros.

Les Hospices civils de Beaune se reconstruisent sur eux-mêmes dans la tradition de leurs fondateurs Nicolas Rolin et Guigone de Salins. La présence d'amiante dans le bâtiment H du centre hospitalier Philippe le Bon, datant des années 1970, a conduit l'établissement de santé et la commune à opter pour la construction d'un nouvel ensemble immobilier.
Ce jeudi 10 juillet 2025, Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles du gouvernement de François Bayrou, a présidé la cérémonie de pose de la première pierre du nouvel hôpital.
L'événement s'est déroulé en présence d'Alain Suguenot, maire de Beaune et président du conseil de surveillance des Hospices civils, Benoît Byrski, sous-préfet de Beaune, René Lioret (RN), député de la Côte-d'Or, François Patriat (REN), sénateur de la Côte-d'Or, Francine Chopard (PS), conseillère régional de Bourgogne-Franche-Comté chargée du sanitaire et social, Emmanuelle Coint (LCOP), première vice-présidente du conseil départemental de la Côte-d'Or, Pierre Bolze (LR), vice-président de la communauté d'agglomération Beaune côte et sud, Jean-Jacques Coiplet, directeur de l'agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté, Guillaume Koch, directeur des Hospices civils, ainsi que du Docteur Emmanuel Vigreux, chef du pôle médecine, et de Louise Duchini,membre de la congrégation des Sœurs hospitalières.
«Un hôpital à taille humaine», selon Guillaume Koch
En dehors de la région beaunoise, les «Hospices» sont principalement connus soit pour leur Hôtel-Dieu, à l'architecture emblématique, soit pour leur domaine viticole, fleuron du vignoble bourguignon. Pourtant, pour la population du territoire, c'est bel et bien l'établissement de santé, fondé en 1443, qui est identifié.
«Nous sommes un hôpital à taille humaine», a rappelé Guillaume Koch, «qui regroupe tout de même les sites de Beaune, Seurre, Arnay-le-Duc, et de Nuits-Saint-Georges». «Nous offrons à la population du sud Côte-d'Or, en partenariat avec les établissements de notre [groupement hospitalier de territoire] des soins de proximité et de qualité et en toute sécurité. (…) Toute la communauté est encore très attachée à nos valeurs originelles : l'hospitalité, la charité et l'humanité.»
Urgences, maternité, pédiatrie, néonatologie, chirurgie, cancérologie, gériatrie, imagerie, rééducation et les longs séjours font partie des principales unités du centre hospitalier qui compte environ mille lits et recense plus de mille personnels.
«Innover au service des patients et des personnels»
Conscients de «la vétusté des locaux» et pour «innover au service des patients et des personnels», les Hospices civils de Beaune ont lancé la construction de deux nouveaux bâtiments : l'un pour l'hospitalisation – d'une superficie totale de 15.000 m² –, l'autre pour la prise en charge ambulatoire. Cela sur un terrain leur appartenant, au voisinage immédiat des édifices existant.
Pour cette «nouvelle étape dans la vie des Hospices», l'établissement de santé mobilise 86 millions d'euros, dont 12,2 millions d'euros cofinancés par l’État dans le cadre du Ségur de la santé.
Les bâtiments ont été dessinés par Architexture-Studio et sont réalisés par C3B, filiale de Vinci Construction, et Citinea. La livraison du bâtiment ambulatoire est prévue mi-2027, si possible avant la vente des vins. Celle du bâtiment d'hospitalisation pour 2028.
«Nous sommes très ambitieux pour l'avenir de notre hôpital», a assuré Guillaume Koch qui envisage la reconstruction de l'hôpital de Seurre et, à plus longue échéance, un nouvel EHPAD à Beaune.
«On fait beau pour conduire à la santé», relève Alain Suguenot
«Merci la vente des vins des Hospices», a lancé à son tour Alain Suguenot en saluant le monde du vin, représenté notamment par Albéric Bichot, président de la Fédération des négociants-éleveurs de la Grande Bourgogne. «Cet événement est historique puisque c'est un tout nouvel hôpital. (…) L'idée de Nicolas Rolin et Guigone de Salins était de toucher l'invisible, c'est faire beau pour conduire au sacré ; ici, on fait beau pour conduire à la santé.»
Avec les nouveaux bâtiments, les plateaux techniques seront regroupés et les circulations optimisées pour améliorer la sécurité des patients, parturientes et personnes âgées incluses (lire ci-dessous).
La prévention, une piste d'économies pour le modèle social
En prenant la parole, Catherine Vautrin a d'emblée défendu le «socle républicain» et le «modèle social» qui en découle, au moment où l'on célèbre le 80ème anniversaire de la Sécurité sociale. «Ce modèle intergénérationnel est basé sur le fait que les actifs s'engagent pour celles et ceux qui nous ont permis d'être ce que nous sommes, c'est à dire nos aînés.»
Sur un montant global de 650 milliards d'euros, ce modèle social est en déficit de 22 milliards d'euros. La membre du gouvernement a exprimé sa volonté de «le ramener vers l'équilibre», cela en «optimisant» et en «faisant certaines économies».
«Chacun d'entre nous est concerné», a insisté la ministre en référence aux enjeux de prévention, incitant la population concernée à participer plus encore aux campagnes de vaccination contre la grippe ainsi qu'aux dépistages des cancers de l'utérus, du sein ou du côlon-rectum.
Malgré ce contexte de redressement des comptes publics, la ministre assure que «l'hôpital a encore des capacités d'investir». «Le Ségur a été la prise de conscience de la nécessité, tant en investissement qu'en fonctionnement, d'apporter des réponses.»
La ministre applaudit le développement d'un pôle mère-enfant
Selon Catherine Vautrin, les Hospices civils de Beaune constituent «une exception française» en raison du financement du centre hospitalier en partie par les recettes de la vente des vins du domaine.
Ayant visité – sans les médias – le service de gériatrie où elle a échangé avec des personnels, la ministre a salué «l'engagement des soignants» et a fait passer le message que «le vieillissement s'organise, l'adaptation du domicile est accompagné par l’État ; bien vieillir, c'est aussi s'occuper de soi».
En entendant qu'un pôle mère-enfant serait développé dans les nouveaux locaux, la ministre a enchaîné sur la politique familiale du gouvernement de François Bayrou, en particulier sur les enjeux de démographie, comme elle l'avait fait lors de l'assemblée générale de l'UNAF, le 14 juin dernier, à Dijon (
lire notre article).
Visite de l'Hôtel-Dieu
Au moment des cadeaux protocolaires, Guillaume Koch a remis à Catherine Vautrin une bouteille d'un grand cru du domaine des Hospices civils de Beaune ainsi qu'un livret sur l'Hôtel-Dieu et le premier exemplaire d'un jeu de société – conçu en interne – destiné aux élèves aides-soignants.
En amont de la cérémonie, Catherine Vautrin a été accueillie à l'Hôtel-Dieu pour une rapide visite du site au cours de laquelle la médiatrice culturelle Chloé Le Brech a rappelé les aspects sanitaires, politiques et religieux liés à la fondation des Hospices civils de Beaune puis à leur développement jusqu'à aujourd'hui.
Jean-Christophe Tardivon
Deux nouveaux bâtiments pour une offre de soins modernisée
(communiqué)
Le projet architectural prévoit la construction de deux bâtiments majeurs :
• Un bâtiment d’hospitalisation, dont la livraison est prévue pour 2028,
• Un bâtiment ambulatoire, qui sera opérationnel dès 2027.
Ces deux ensembles permettront une réorganisation complète des parcours de soins, avec une prise en charge des patients modernisée, plus fluide et mieux articulée autour des services d’urgences, des blocs opératoires et des services de médecine.
Le bâtiment d’hospitalisation sera structuré de la manière suivante :
• Rez-de-chaussée : installation de la pharmacie hospitalière, entièrement reconnectée au secteur logistique et aux quais de livraison, ainsi qu'une cour logistique et technique unique pour garantir une irrigation interne optimale.
• 1er étage : regroupement des unités de médecine 1 et médecine 2, avec environ 60 lits d’hospitalisation, en lien direct avec l’hôpital de jour médical situé dans le bâtiment ambulatoire.
• 2e étage : un pôle mère-enfant, où l’on retrouvera le bloc obstétrical, directement relié au bloc opératoire pour assurer la sécurité des interventions ainsi que les services d’hospitalisation de néonatologie, de la maternité et de la pédiatrie.
• 3e étage : accueil de 30 lits d’hospitalisation en chirurgie, et de 20 lits dédiés à la médecine gériatrique aiguë.
Le bâtiment ambulatoire, de son côté, comprendra :
• Rez-de-chaussée : service de soins intensifs, à proximité immédiate des urgences.
• 1er étage : unités de médecine ambulatoire.
• 2e étage : le service de chirurgie ambulatoire qui sera directement relié au bloc opératoire.
• 3e étage : l’hôpital de jour de rééducation en cardiologie, garantissant un parcours cohérent pour les patients cardiaques.
Cette articulation entre les deux bâtiments permettra une prise en charge plus efficace, avec une circulation optimisée des patients, des professionnels et des flux logistiques.










































Photographies JC Tardivon
Visuels Architexture-Studio