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07/05/2022 19:38

SANTÉ : Le mieux-être dans les EHPAD se règlera par le recrutement et la fidélisation des personnels selon Didier Martin et Fadila Khattabi

Les deux députés LREM de la Côte-d’Or ont participé à une table ronde sur «l’EHPAD de demain» lundi 2 mai à Plombières-lès-Dijon. Loin de l’EHPAD-bashing, ils ont fait le point avec les professionnels concernés sur les pistes d’amélioration identifiées suite à la publication de la mission d’information sur le contrôle des établissements pour personnes âgées.
En mars 2022, un rapport d’information a été édité par l’Assemblée nationale, un rapport de 550 pages dressant les constats et émettant des propositions sur la prise des aînés en établissements (lire le communiqué). C’est le résultat notamment d’une mission d’information parlementaire sur le contrôle des EHPAD conduite par la commission des affaires sociales. Car rappelons que la sortie en début d’année du livre «Les Fossoyeurs» du journaliste Victor Castanet a mis «le scandale des EHPAD» au coeur des débats.


Pour Didier Martin, député LREM de la première circonscription de Côte-d’Or, co-rapporteur de la mission d’information évoquée, il est important d’«établir un diagnostic partagé de ce qu’est l’EHPAD d’aujourd’hui et de se demander quel pourrait être l’EHPAD de demain».

Ce fut l’intérêt d’une table-ronde initiée par le député sur le thème «Préparons les Ehpad de demain : diagnostic et préconisations», lundi 2 mai 2022 à l’hôtel-de-ville de Plombières-lés-Dijon. Trois heures d’échanges animés par Vincent Harbulot ont permis de faire le point avec des représentants de directions d’établissements, des professionnels de santé, mais aussi des représentants des familles et des élus, notamment du conseil départemental de la Côte-d’Or ayant la co-tutelle des EHPAD avec l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté. Députée de la troisième circonscription de la Côte-d’Or et présidente de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, Fadila Khattabi était aussi conviée à cette table ronde.

Les discussions ont porté sur la gouvernance des établissements, leur financement et leur contrôle, les soins au sein de ceux-ci ne devant pas se limiter au simple hébergement, les ressources humaines pour une meilleure organisation du temps de travail des personnels et enfin «l’EHPAD de demain» comme équipement du territoire décliné suivant différentes formules spécifiques aux besoins du territoire et des résidents.

«Il faut se poser la question du manque de personnel»


L’enquête de Victor Castanet a dénoncé «une maltraitance» au sein des établissements. «Pour éviter la maltraitance institutionnelle, il faut se poser la question du manque de personnel, de compétences», a répondu Fadila Khattabi, en soulignant que l’objectif est aujourd’hui de mettre les moyens pour monter progressivement à un taux d’encadrement global de 8 personnels pour 10 résidents, alors que la moyenne est d’un peu plus de 6 aujourd’hui.

Si la députée mesure que l’amélioration des conditions de travail de même que le plan de recrutement et de formation lancé «prendront du temps», elle s’est exprimée aussi pour une simplification du financement des EHPAD, ou en tout cas pour «plus de transparence» sur celui-ci, pour éviter les marges arrières dont a été notamment accusé le groupe Orpéa et contre lequel l’État a porté plainte. «Il faut que l’ARS, qui gère les soins, et les Départements, qui gèrent la dépendance, se parlent. Que les financements soient appropriés et justement attribués», a alerté Fadila Khattabi.

«Que les financements publics soient transparents et traçables»


Didier Martin a martelé «que les financements publics soient transparents et traçables dans les comptabilités des établissements», l’intérêt premier n’étant pas de faire de l’EHPAD-bashing ou de fustiger tous les actionnaires, mais de «faire baisser le coût d’hébergement et donc le reste à charge des familles par le financement public», a insisté le député, en rappelant que l’accompagnement à l’investissement de l’État et en l’occurrence certaines orientations développées dans le cadre du Ségur de la santé s’inscrivent dans cet objectif.

«La rénovation des établissements pour personnes âgées et la revalorisation des personnels, c’est plus de 2,5 milliards d’euros dans le Ségur», a réaffirmé Fadila Khattabi.

Quant à la co-tutelle ARS-Départements, les deux parlementaires ne l’ont pas remise en cause malgré des suggestions émises lors de la table ronde par Emmanuelle Coint, première vice-présidente du Département de la Côte-d’Or ayant posé la question de la pertinence d’une tutelle unique.

«L’ARS, telle qu’elle est organisée et structurée aujourd’hui, n’est pas en capacité d’aller au contact de chaque établissement. À l’inverse, le Département aujourd’hui n’est pas organisé pour une approche sanitaire poussée. Si on va vers une seule tutelle, il faudra que celle ou celui qui a la tutelle évolue considérablement pour être en capacité de l’assumer. Mais n’oublions pas une chose, l’ARS gère l’argent de la sécurité sociale. Donner demain aux Départements cette gestion-là de la branche, donc à des collectivités territoriales libres d’administration, ce ne serait pas sans conséquence», a réagit Didier Martin, ayant plutôt insisté sur le besoin de «recruter mais aussi de fidéliser» des personnels «à qui l’on demande peut-être trop».

Sans oublier des emplois intérimaires à réguler, «qui restent dans des temps raisonnables mais qui ne soient pas institutionnalisés» selon le parlementaire s’étant exprimé pour la poursuite approfondie du plan de recrutement lancé par le gouvernement.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier





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