
Après les feux de forêt de cet été, le conseil départemental compte engager 1,5 million d'euros pour mettre en place de nouveaux moyens de protection. Le président de la collectivité l'a indiqué, ce lundi 7 septembre, à Dijon, lors d'une cérémonie de remerciement aux sapeurs-pompiers mobilisés ces dernières semaines.

«Au nom de l'ensemble des Côte-d'Oriennes et des Côte-d'Oriens : merci !» Tel était le «message tout simple» que François Sauvadet a adressé aux sapeurs-pompiers mobilisés au cours des feux d'espaces naturels cet été, lors d'une cérémonie organisée dans les Jardins du Département, ce lundi 7 septembre 2026, à Dijon.
La cérémonie faisait suite à celle organisée par la préfète de la Côte-d'Or, le 31 août dernier (
lire notre article). Cette fois, François Sauvadet a fait des annonces supplémentaires devant plus de 70 personnes, principalement des sapeurs-pompiers.
Ont participé plusieurs conseillers départementaux, de la majorité comme de l'opposition dont Hubert Poullot (LR), président du SDIS 21, et Christophe Avena (PS) – siégeant dans l'opposition, vice-président du SDIS 21 – , ainsi que le contrôleur général Larry Châtillon-Ouvrard, directeur du Service départemental d'incendie et de secours de la Côte-d'Or (SDIS 21), et la colonelle Céline Guilbert, directrice adjointe – ayant pris ses fonctions, le 1er juillet dernier, pour succéder au colonel Bertrand Lepoutère, désormais affecté dans le Nord – et Jacques de Loisy, président de la chambre départementale d'agriculture.
Une pensée pour les sapeurs-pompiers décédés en service
«J'ai envie de vous dire merci tout d'abord pour votre engagement sans faille dans la période que nous venons de vivre et que nous vivons toujours», a expliqué François Sauvadet (UDI), président du conseil départemental de la Côte-d'Or, «on voit bien que la canicule se poursuit».
«Je voudrais, en tout premier lieu, qu'on ait une pensée pour les quatre pompiers qui ont été victimes de ces méga-feux», a-t-il déclaré gravement, «et une pensée aussi pour tous ceux qui ont été blessés, pour tous ceux qui ont vécu des traumatismes et pour toutes les personnes qui ont perdu leurs biens et leurs maisons».
Du «professionnalisme» des sapeurs-pompiers à «l'exemplaire mobilisation citoyenne»
«La Cote-d'Or n'a jamais connu une situation aussi tendue depuis bien des années», a alerté le responsable de l'exécutif départemental, «on avait déjà connu une situation difficile en 2022, qui avait constitué en quelque sorte un avertissement». «Quatre ans plus tard, on assiste à un véritable basculement.»
Depuis le début 2026, la Côte-d'Or a connu 417 incendies – dont 28 feux de forêt – pour un total de 650 hectares ravagés par les flammes. Le bilan est difficile à comparer avec les années précédente faute de décompte approprié jusque là.
Dans ce contexte, le président du Département a salué le «professionnalisme» des sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires, l'«implication» des forces de sécurité intérieure et des agents des services d'entretien des routes départementales, l'«aide logistique» apportée par des agriculteurs ainsi que «exemplaire mobilisation citoyenne».
D'importants budgets affectés dès 2022
En tant que président de l'association d'élus Départements de France, François Sauvadet avait sollicité André Accary (divers droite), président du Département de la Saône-et-Loire, et Jean-Luc Gleyze (PS), président de la Gironde, afin d'établir un diagnostic au niveau national. Cela avait débouché sur le pacte capacitaire passé entre l’État et les Départements, doté de 150 millions d'euros.
En Côte-d'Or, en 2022, l’État avait ainsi engagé 1,5 millions d'euros auxquels le Département a ajouté 5 millions d'euros afin que le SDIS 21 puisse acquérir 14 engins incendie à prépositionner près de massifs forestiers à risque, dans le Morvan, dans le Châtillonnais ou encore à Cîteaux. S'est ajoutée un engagement d'un million d'euros supplémentaires annuellement pour l'entretien des centres de secours.
«L'IA peut être un vrai appui»
La Côte-d'Or participe actuellement à une expérimentation de surveillance des massifs par des caméras couplées à des systèmes informatiques recourant à l'intelligence artificielle. Deux sont installées au Mont-Afrique et «ont fait la preuve de leur efficacité» pour détecter précocement des fumées dans un rayon de 20 km, à 360°.
Sur ce site, selon le président du Département, 80% des départs de feu ont été détectés par le système avant une alerte humaine : «ce sont des minutes précieuses et la possibilité d'évaluer visuellement en temps réel l'incendie et de permettre le dimensionnement optimal des moyen». «Tout se joue dans l'anticipation et l'agilité de la réaction. (…) L'IA peut être un vrai appui.»
Vers un recours aux caméras IA et à un hélicoptère bombardier d'eau
Le 21 septembre prochain, une session exceptionnelle du Département sera consacrée à l'examen du financement de nouveaux outils pour le SDIS 21.
Ainsi François Sauvadet a proposé de «généraliser la couverture du département en caméras boostées à l'IA» couplée au «jumeau numérique» du territoire afin de constituer «un outil extrêmement moderne». «Nous allons d'ailleurs être le premier département français à développer l'IA sur l'ensemble [du territoire]».
Même si «les moyens aériens relèvent de la responsabilité de l’État», le Département de la Côte-d'Or envisage de s'associer avec la Saône-et-Loire et le Jura pour louer un hélicoptère bombardier d'eau positionné à l'aéroport Dole-Jura, «dès l'été prochain», de façon à pouvoir « multiplier les rotations et les largages dans les premières minutes des départs de feux ». «Ce sera un outil pour nous permettre d'éviter le pire.»
Le SDIS 21 avait dû solliciter l'aide d'hélicoptères bombardiers d'eau venant de Châteauroux et de Saint-Étienne pour lutter contre l'important feu de forêt à Couchey.
L'infrastructure aéroportuaire jurassienne comprend déjà un «pélicandrome», une base de ravitaillement de produits retardants destinée aux avions bombardiers d’eau de la Sécurité civile.
Un futur plan «Génération sécurité civile Côte-d'Or»
Face au déclin démographique de la population, le nombre de sapeurs-pompiers risque de se réduire. Ils sont aujourd'hui 283 professionnels et 1.729 volontaires.
«La question du renouvellement est primordiale», a alerté François Sauvadet, «c'est la question de l'engagement». «Nous avons fait beaucoup pour relancer le volontariat. (…) Il y a des sections de jeunes sapeurs-pompiers qui n'existaient pas ou qui ont repris vie.»
L'exécutif départemental, en lien avec les services de l’Éducation nationale, prévoit donc «un grand plan côte-d'orien de sensibilisation et de mobilisation de nos jeunes, notamment dans les collèges, qu'on appellera Génération sécurité civile Côte-d'Or».
Il devrait comprendre «une sensibilisation de nos jeunes» pour «leur dire que le destin collectif dépend de l'engagement de chacun» ? Cela pourrait prendre la forme d'«une expérimentation de cadets de la sécurité civile, une section et expérimentale de jeunes sapeurs-pompiers – y compris en milieu scolaire – et un plan d'information, de formation et de sensibilisation des collégiens aux premiers gestes qui sauvent».
Une enveloppe de 1,5 million d'euros soumise au vote des élus
Entre l'acquisition de caméras IA, le partage de la location d'un hélicoptère bombardier d'eau et l'effort de mobilisation des volontaires, l'enveloppe qui sera soumise aux élus départementaux lors de la session extraordinaire devrait avoisiner 1,5 millions d'euros.
«Nous avons un seul devoir collectif : protéger nos compatriotes et leurs biens», a lancé François Sauvadet, «les moyens opérationnels, en Côte-d'Or, ne seront pas comptés». En 2026, la contribution de la collectivité au financement du SDIS 21 s'élève à 23 millions d'euros.
«Je demande que les Départements soient aidés pour faire face à cette nécessité d'investir face à des incendies qu'on n'avait jamais connu», a souligné le président de l'association d'élus qui revendique auprès du gouvernement « une réforme du financement des SDIS » pour «investir en moyens humains mais aussi en moyens matériels».
En conclusion, François Sauvadet a rappelé son «attachement» au modèle de sécurité civile français, «fondé sur les deux piliers, les professionnels et les volontaires». «La sécurité civile est, pour nous, en Côte-d'Or, une priorité absolue. (…) Donc les Côte-d'Oriens doivent se sentir rassurés. (…) Le Département ne compte pas détourner le regard pendant que notre territoire brûlerait.»
Jean-Christophe Tardivon




















