
Ce mardi 17 février, après avoir exposé le bilan de l'année 2025 en matière de délinquance, le préfet de la Côte-d'Or s'est projeté en 2026 en intégrant l'ubérisation des trafics de stupéfiants. Le bilan comprenait également les violences intrafamiliales et même la sécurité routière car «il y a de la délinquance».
En 2024, le ministère de l'Intérieur a initié des opérations «place nette» centrées sur la lutte de proximité contre les trafics de stupéfiants. L'engagement s'est poursuivi en 2025 avec un plan d'action départemental de restauration de la sécurité au quotidien au point que, pour la Côte-d'Or en particulier, le préfet Paul Mourier se félicite des résultats obtenus : «nous avons porté des coups réels sur les trafiquants de drogues».
Ce mardi 17 février 2026, à Dijon, autour du préfet de la Côte-d'Or, les représentants des forces de sécurité intérieure et le procureur de la République ont établi un bilan de l'année 2025 concernant donc les trafics de drogues, les atteintes aux biens et aux personnes – dont les violences intrafamiliales – ainsi que les infractions économiques. De plus, cette année, le bilan a été élargi à la sécurité routière.
La délinquance est «contenue» en Côte-d'Or
Pour la Côte-d'Or, le ministère de l'Intérieur a transmis seize indicateurs «les plus significatifs» concernant les crimes et délits enregistrés en 2025 et rapportés au nombre d'habitants afin de les comparer au reste de la Bourgogne-Franche-Comté et à l'ensemble du territoire national.
Seul l'indicateur côte-d'orien concernant le trafic de stupéfiants est sensiblement supérieur à la moyenne nationale. Selon Paul Mourier, «c'est le résultat de l'action qui est conduite avec intensité depuis longtemps mais qui s'est accentuée au cours de l'année 2025».
Les quinze autres statistiques sont en baisse par rapport à 2024. «D'une manière générale, la délinquance est considérée comme toujours trop haute mais qui est contenue, et, quelque part, maîtrisée», analyse le préfet de la Côte-d'Or.
À noter que l'indicateur concernant les homicides ressort à zéro, en raison d'un petit nombre de crimes rapporté à 1.000 habitants.
Les trois raisons de la priorité donnée à la lutte contre les trafics de stupéfiants
La lutte contre les trafics de stupéfiants a été formalisée dans le plan d'action départemental de restauration de la sécurité au quotidien (
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«C'est une question de santé publique, notamment vis à vis des jeunes», considère tout d'abord Paul Mourier, «il n'y a pas de drogues douces, il n'y a pas de drogues dures, il y a des stupéfiants qui créent des dommages, pour certains d'entre eux, irréversibles chez les jeunes».
«C'est devenu une question de souveraineté nationale», enchaîne le préfet, «certaines de nos institutions sont menacées ; il y a des menaces directes ou indirectes exercées sur des fonctionnaires – policiers, gendarmes, magistrats, greffiers, personnels de préfecture... – et de la corruption». «C'est la remise en cause de l'état de droit !»
«Du narcotrafic découlent beaucoup d'autres faits de délinquance : des rixes, de la prostitution, des assassinats entre bandes, des vols avec armes», analyse-t-il enfin. «Si on lutte contre la criminalité organisée nationalement et internationalement, on lutte beaucoup d'autres faits.»
«On s'est doté de moyens juridiques dans un état de droit», rappelle le représentant de l’État en référence à la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic qui s'appuie sur ce qui avait été fait en matière de terrorisme pour créer le parquet national anticriminalité (
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«Plus un point de deal fixe» en Côte-d'Or
Dans la pratique, en 2025, «neuf points de deal [ont été] complètement démantelés». «Dans le département, il n'y a plus un point de deal fixe sur lequel il y a quotidiennement des dealers et des consommateurs», insiste Paul Mourier.
«Les forces de police et de gendarmerie ont harcelé de manière quotidienne le trafic de stupéfiants», relève le préfet avec, en 2025, 2.618 opérations anti-stupéfiants ont été conduites par les forces de sécurité intérieure, soit 24% de plus qu'en 2024.
246 affaires de trafic ont donné lieu à au moins une interpellation (+42%). Dans ce cadre, près de deux tonnes de stupéfiants ont été saisies, représentant (20,2 millions d'euros, +18%). Parallèlement, de avoirs criminels ont été saisis pour une valeur marchande de près de 2 millions d'euros (+136%).
Ces 23 millions d'euros ne constituent qu'une partie de ce qui a été retiré à l'économie souterraine en Côte-d'Or puisque le Groupe interministériel de recherche de Dijon coordonnent d'autres actions au niveau régional (
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Quatre règlements de compte ont été déjoués en Côte-d'Or dont «une tentative d'homicide qui n'a pas pu se dérouler grâce à l'action de la Police nationale sur l'agglomération de Dijon».
«Les résultats sont là mais rien n'est gagné en la matière», tempère le préfet, «nous avons porté des coups réels sur les trafiquants de drogues».
Des «têtes de réseau» aux Grésilles ont été arrêtées
En particulier, dans le quartier des Grésilles, devenu emblématique de l'action des trafiquants de drogues, 371 opérations anti-stupéfiants ont été menées en 2025 (soit 14% des opérations côte-d'oriennes de ce type). Cela a conduit à la saisie de 50 kg de stupéfiants (2,5% des saisies départementales) et à l'interpellation de 198 individus.
«Le quartier des Grésilles était devenu la plaque dijonnaise de vente de stupéfiants en pied d'immeuble», relève Frédéric Vincent-Genod, directeur interdépartemental de la Police nationale de Côte-d'Or.
Ont été menées «des opérations quotidiennes de voie publique avec les brigades anti-criminalité, les brigades spécialisées de terrain, les policiers en tenue qui ont abouti à démanteler un trafic de premier niveau», «des procédures de niveau intermédiaire visant les tenanciers des points de deal» ainsi que «des opérations sommitales, déclenchées mi-septembre 2025». Résultat : «nous avons arrêtés l'ensemble des têtes de réseau présentes sur le territoire français».
«Nous avons ramené de la tranquillité dans le quartier des Grésilles»
Même si «sur cinq points de deal, plus aucun ne subsiste», «nous sommes très vigilants parce que ça peut reprendre à tout moment», explique Frédéric Vincent-Genod, «en décembre, il y a eu encore des ouvertures sporadiques de quelques heures par semaine»
Si «le quartier n'a plus le même visage», «le trafic n'est pas éradiqué puisqu'il y a une uberisation», note toutefois le policier, «ça insécurise [les trafiquants] puisqu'ils doivent prendre la route avec des produits». «Nous nous sommes réorganisés pour intercepter ces trafics ubérisés : nous avons plus d'une interpellation par jour sur cette dernière semaine.»
«Nous avons ramené de la tranquillité dans le quartier des Grésilles», insiste Paul Mourier, «c'est la première fois de ma carrière que je reçois des courriers de remerciements».
Néanmoins, le représentant de l’État déplore l'incendie partiel du collège Jean-François Champollion, constituant «des représailles» de la part des trafiquants. «Nous nous attaquons à des groupes mafieux constitués, puissants et revanchards», confirme le représentant de la Police nationale qui se félicite que des incendiaires présumés aient été arrêtés (
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«La fin du modèle du point de deal»
«On va intensifier notre action», reprend Paul Mourier pour évoquer les priorités de l'année 2026, «on va adapter les modes d'action des forces de l'ordre face à de nouvelles formes de trafic : ubérisation, drive...» «On assiste à une mutation des modes de distribution avec la fin du modèle dominant, celui des points de deal.»
«On mène une action départementale, il faut également intensifier l'action au niveau régional», considère le préfet de la Côte-d'Or, «c'est une nouvelle dimension qu'on va donner à l'action des forces de sécurité intérieure».
«Nos concitoyens ont envie de voir des policiers, des gendarmes»
«Les atteintes aux biens sont globalement stables», enchaîne le préfet de la Côte-d'Or qui relève cependant des chiffres «contrastés».
En effet, si les vols violents sans arme diminuent de 9,8% en 2025 par rapport à 2024, les vols sans violence contre les personnes augmentent de 10,4%. Si les vols de véhicules baissent de 4,2%, les cambriolages de logement bondissent de 14,9%.
Sur une dizaine d'années, ces différentes atteintes aux biens sont relativement stables : -0,2% pour les vols sans violences contre des personnes, +0,1% pour les cambriolages de logement.
Le préfet annonce donc vouloir «intensifier la présence sur le terrain des forces de sécurité» : «il faut qu'elles soient visibles, ça rassure nos concitoyens». «Nos concitoyens ont envie de voir des policiers, on envie de voir des gendarmes.»
Le travail de prévention sera poursuivi au travers des opérations Tranquillité vacances et de participation citoyenne.
«La sécurité est l'affaire de tous – des élus, des concitoyens – dans le cadre d'opérations encadrées», rappelle Paul Mourier qui incite les communes à «renforcer le maillage de la vidéoprotection» comme l'ont fait récemment Montbard et Châtillon-sur-Seine notamment.
Augmentation des atteintes aux personnes dont les violences intrafamiliales
Les atteintes aux personnes ressortent globalement en hausse, en particulier dans le champ des violences intrafamiliales. Les atteintes volontaires à l'intégrité physique augmentent de 4%, le nombre de victimes de violences physiques intrafamiliales de 1,8% pour concerner 1.485 victimes (+9% depuis 2016).
«C'est quatre faits par jour donc certains d'entre eux peuvent être particulièrement sordides», insiste le représentant de l’État, «c'est un véritable fléau». «J'y vois une perte de repères sociaux, une perte de valeurs de ce qui constitue une famille. (…) On y voit souvent la consommation d'alcool, également de produits stupéfiants. On assiste à une banalisation de la violence. La prévention est absolument indispensable, l'éducation des plus jeunes pour qu'ils ne tombent pas dans ce type de violence ou qu'ils ne répètent pas les violences qu'ils ont subies.»
Ainsi, le préfet de la Côte-d'Or rappelle avoir renouvelé une convention de partenariat afin de renforcer les actions de prévention des violences intrafamiliales (
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Renforcement de la lutte contre la prostitution des mineurs
En 2026, seront renforcés les dispositifs de lutte contre la prostitution des mineurs présente «sur le territoire départemental avec des mineurs qui sont déplacés et des proxénètes qui peuvent être mineurs eux-mêmes».
Le Pack Nouveau Départ sera déployé pour continuer d'accompagner les femmes victimes de violences (
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Poursuite de la sécurisation des établissements scolaires
Concernant la sécurité en milieu scolaire, 252 opérations de fouilles de sac ont été menées en 2025, soit 7 opérations par semaine en moyenne, conduisant à 6 armes blanches saisies.
Les opérations de sécurisation des collèges et lycées continueront en 2026 avec «une vigilance particulièrement marquée» pour le collège Jean-François Champollion et le lycée Gustave Eiffel, dans le quartier des Grésilles, à Dijon.
Augmentation du nombre d'accidents de la route
En matière de sécurité routière, «les chiffres nationaux et départementaux ne sont pas bons», concède le préfet. «C'est une vraie préoccupation» même si «2025 reste la deuxième meilleure année au cours de la longue période». «Il y a encore beaucoup d'efforts à faire en la matière.»
En 2025, on recense 23 tués (trois de plus qu'en 2024) et 359 blessés (+33) parmi 265 accidents (+59). Ces deux dernières hausses s'expliquent en partie par un changement dans le traitement des procédures d'accidents corporels par la Police nationale.
À noter que la plupart des accidents mortels ont lieu hors agglomérations et que 12 sur 22 impliquaient un seul usager. Les principales cause d'accidents mortels sont la vitesse excessive, l'usage de stupéfiants et la consommation d'alcool.
Dans l'ensemble des accidents corporels, Paul Mourier relève que sont particulièrement exposés les piétons, les cyclistes et les conducteurs d'engins personnels motorisés comme les trottinettes électriques avec 71 accidents corporels de ce type en 2025 (contre 43 en 2024).
Le représentant de l’État rappelle les mesures prises face à la délinquance routière : mise en fourrière systématique des véhicules lors d'excès de vitesse de plus 50km/h, de conduite en état d'ivresse, de consommation de stupéfiants, d'absence de permis de conduire ainsi que de refus d'obtempérer.
En 2025, le législateur a créé l'homicide routier tandis que l'excès de vitesse de plus de 50 km/h est devenu un délit passible de trois mois de prison voire d'une interdiction de permis de conduire durant trois ans.
En 2026, les pouvoirs publics instaureront un comité local d'aide aux victimes (CLAV) pour les familles de victimes d'accidents mortels.
«Dans la sécurité routière, il y a de la délinquance»
La nouveauté de ce bilan annuel réside dans la présentation des statistiques en matière de sécurité routière en même temps que les résultats de la lutte contre les crimes et délit.
«Dans la sécurité routière, il y a de la délinquance», justifie Paul Mourier, interrogé par
Infos Dijon, «quand quelqu'un conduit en étant ivre et en ayant consommé des produits stupéfiants, c'est un délinquant».
«Le parlement a instauré un délit routier», souligne-t-il, «on est complètement sur des sujets de sécurité». «Les vitesses excessives mettent en danger le conducteur, les passagers et les autres usagers de la route.»
Le commandant de région de gendarmerie insiste en témoignant d'une situation ayant entraîné une perquisition à un domicile à partir d'un contrôle routier pour un «téléphone au volant» ayant permis de détecter une «conduite sous cocaïne».
De la même façon, le procureur de la République se refuse à conduire des audiences spécialisées en matière de violences intrafamiliales ou de sécurité routière de façon à «dire aux violents familiaux comme aux délinquants de la route ''vous êtes des délinquants et vous passez à la même audience que le trafiquant de stupéfiants, que le cambrioleur parce que le législateur, celui qui fait nos règles de vie en société a estimé que ce qui vous est reproché était un délit aussi''».
«Plus d'un tiers des personnes jugées en 2025 l'ont été dans des modes de réponse rapides»
«L'action de l'autorité administrative et l'action de l'autorité judiciaire se mènent en parfaite cohérence», poursuit Olivier Caracotch de manière plus générale, se félicitant de voir que les procédures conduisent à «plus d'élucidations, plus d'interpellations», ce qui correspond à «une hausse des réponses apportées par l'autorité judiciaire».
«Plus d'un tiers des personnes jugées en 2025 l'ont été dans des modes de réponse rapides», glisse le procureur de la République, contre 19% en 2024.
Les priorités du procureur en 2026
«La saisie de bénéfices fait extrêmement mal aux trafiquants, parfois plus que l'incarcération», remarque Olivier Caracotch, «ça demeurera un axe majeur de la politique pénale» en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants.
Ayant, «une attention particulière sur les cambriolages qui augmentent à nouveau», le procureur de la République indique que «le parquet sera très attentif» à ces délits, «compte tenu du traumatisme que cela peut générer chez nos concitoyens qui en sont victimes».
Autre priorité du parquet en 2026, «la réponse individualisée» à apporter aux auteurs et aux victimes de violences intrafamiliales.
Création d'un escadron de gendarmerie pour surveiller les voies de communication
En 2025, la Gendarmerie national a transformé l'escadron départemental de sécurité routière (EDSR) en escadron départemental de contrôle des flux (EDCF) auquel est rattaché le peloton motorisé de Beaune, la brigade fluviale de Saint-Jean-de-Losne et le groupe d'investigation cynophile.
Cet EDCF a pour mission de surveiller l'ensemble des voies de communication : routes, gares routières, gares ferroviaires, voies ferrées, tramways, voies fluviales, ports et aérodromes.
Comme l'indique le général de division Christophe Husson, commandant la région de gendarmerie Bourgogne-Franche-Comté, «[l'EDCF] participera à la lutte contre tous les types de trafic», en particulier le trafic de stupéfiants.
«La cybersécurité sera une de nos priorités»
Les escroqueries et infractions économiques et financières ressortent en augmentation notamment avec les fraudes liées aux différents circuits numériques. 3.345 victimes ont été recensées en 2025 (+14,2% par rapport à 2024).
«La cybersécurité sera une de nos priorités», martèle ainsi le préfet de la Côte-d'Or.
«Il y a un vrai lien entre le trafic de stupéfiant et le numérique», constate le commandant de la région de gendarmerie, spécialiste du sujet (
retrouver notre interview).
«Les infractions économiques et financières ont toujours suivi les évolutions technologiques», analyse plus largement le gendarme, «les moyens d'enquête sont très limités et la prévention est importante» comme «des actions dans les clubs du troisième âge» et la mise en place d'un «
17 cyber», service gratuit, accessible 24h/24.
Les douaniers mettent la «priorité absolue» sur la «saisie de l'argent»
Comme l'explique Josselin Merle, directeur régional adjoint des Douanes de Bourgogne-Franche-Comté, la Douane française met «l'accent sur les contrôles routiers sur les grands axes stratégiques» car «les nouvelles routes de stupéfiants ne se contentent plus de descendre des grands ports du nord de l'Europe mais remontent également du sud en provenance des Antilles, débarquant dans des ports portugais ou espagnols». Cela a conduit notamment à «des saisies significatives de cocaïne».
Parallèlement, les douaniers mène «une action forte sur le fret express et le fret postal» puisque «la frontière est partout» et que «n'importe quel usager est importateur».
«La douane constate un essor de la polycriminalité avec un croisement des réseaux criminels (drogues, tabacs, contrefaçons, armes...)», indique Josselin Merle qui met une «priorité absolue» sur la «saisie de l'argent» alors que «l'argent circule sans aucun stupéfiant». «Pour autant nous avons des moyens juridiques pour saisir l'argent au moyen d'une présomption ; (…) cela permet d'envoyer un message fort à l'infracteur».
Le triptyque «répression, prévention, soins»
Paul Mourier conclut son propos en adressant «des remerciements et des félicitations aux forces de sécurité intérieure qui ont fait un travail tout à fait exceptionnel».
Pour articuler le triptyque «répression, prévention, soins», le préfet cite également le milieu associatif – «un grand nombre d'associations sont là pour aider les victimes – dont les femmes qui subissent des violences – et qui participent à la prévention, ainsi que les élus – dont les maires – et les polices municipales» – le corps médical – qui «participe à cette lutte en essayant de reconstruire des parcours démolis» –, l'unité Enfance en danger (
lire le communiqué) – «un lieu où il y a une prise en charge complète» – et la Maison des femmes (
lire le communiqué) – «un lieu unique d'accueil des femmes qui subissent des violences».
Jean-Christophe Tardivon