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01/08/2020 21:22

SÉCURITÉ ROUTIÈRE : Des alternatives à la sanction pour mieux sensibiliser aux infractions

Être contrôlé en infraction par les gendarmes et repartir sans PV, c'était possible ce samedi 1er août avec l'opération «Civil'été» sur l'A31 entre Dijon et Beaune. Sensibilisation à l'alcoolémie et crash test étaient notamment proposés aux conducteurs pour mieux faire passer les messages de sécurité routière. 
Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière en zone de défense et de sécurité Est – dont fait partie la Bourgogne-Franche-Comté - l'opération « Civil’Eté 2020 » a été organisée toute la journée ce samedi 1er août 2020 sur l'aire de Serrigny en bord d'A31 dans le sens Dijon vers Beaune.

«Les départs en vacances estivales, générateurs d’importants flux de circulation, représentent un enjeu majeur de sécurité routière» pour Josiane Chevalier, préfète de la zone de défense et de sécurité Est, qui a initié cette opération de sécurité routière de grande ampleur sur l’ensemble des 18 départements de la zone.

Une alternative à la contravention


Après avoir été conduits par des motards de l'Escadron départemental de sécurité routière de la Côte-d'Or jusqu'à l'aire de repos, les conducteurs en infraction se sont vus proposés le choix entre la verbalisation et une «alternative à la sanction».

L'alternative consistait dans un parcours le long de différents stands d'associations en lien avec la sécurité routière comme Alcool assistance 21 animée par des bénévoles sensibles au sujet de la dépendance à l'alcool, comme l'antenne de la Côte-d'Or de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA 21) ou encore comme la Ligue contre la violence routière (LCVR). L'articulation des stands a été assurée par Philippe Munier, coordinateur de la Sécurité routière.

Si tous les stands ont marqué les esprits, le crash test de la LCVR – appelé «auto-choc» – était le plus impressionnant par sa simulation d'une voiture heurtant un obstacle fixe. Les participants indiquaient généralement une vitesse bien plus élevées que celle effectivement simulée par le dispositif, ce qui révèle combien les automobilistes sous-estiment les dégâts pouvant être provoqués par un choc même à faible allure.

Le souvenir de l'accident de Beaune


Représentant la préfecture de la Côte-d'Or en tant que directeur de cabinet du préfet, Frédéric Sampson a échangé avec les gendarmes et les bénévoles associatifs en fin de matinée. Il a rappelé que post-confinement, l'accidentalité était inquiétant dans la Côte-d'Or avec cinq personnes tuées en juin et deux en juillet dans des accidents de la route. En conséquence, «il faut sans relâche continuer à faire ce travail de pédagogie» a-t-il déclaré.

Dans le dixième département de France en terme de densité autoroutier, les autorités de la Côte-d'Or ont un regard très attentif pour ce réseau. Être à proximité de Beaune résonne aussi d'une manière particulière pour les acteurs de la sécurité routière puisque le 31 juillet 1982, un carambolage au niveau de l'«entonnoir de Beaune» impliquant un car transportant des enfants avait fait 53 morts.  «Un accident tragique qui a éveillé les consciences à la sécurité routière» a rappelé Frédéric Sampson.

Un cadre juridique adapté


Cette alternative n'était possible que pour de petites infractions dans un cadre juridique définit par le procureur de la République de Dijon comme l'a indiqué le capitaine Ludovic Morel, adjoint du commandant de l'Escadron départemental de la sécurité routière, qui encadrait les 30 gendarmes déployés autour de l'opération «Civil'été 2020».

Le bilan de la journée s'établit à trente infractions ayant fait l'objet d'une proposition d'alternative. Deux conducteurs ont préféré être verbalisés. 18 infractions concernaient un excès de vitesse entre 0 et 30 km/h, 8 une circulation sur la voie du milieu et les autres se répartissant entre non-respect des distances de sécurité, absence de ceinture de sécurité et usage du téléphone au volant.

Un contrôle renforcé des usagers de la route


Parallèlement, le contrôle des comportements des usagers de la route et des équipements des véhicules a été renforcé, notamment en aval de ces aires et sur l’ensemble des axes structurants de la zone de défense et de sécurité Est. Plus de 920 gendarmes et policiers, en tenue ou en civil ont été ainsi mobilisés avec d’importants moyens sérigraphiés ou banalisés dont notamment 321 véhicules légers, 148 motos, 15 véhicules «Contrôle Sanction Automatisé», 2 véhicules rapides d’intervention ainsi qu'un drone.

Pour la Côte-d'Or, ce furent une centaine des gendarmes qui ont surveillé ce chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens dans le cadre des opérations de contrôle menées tout l'été (lire notre article). Ils ont notamment arrêté deux véhicules roulant à 180 km/h (lire notre article) et à 233 km/h (lire notre article).

Jean-Christophe Tardivon