
Ce lundi 31 août, à Chevigny-Saint-Sauveur, la sénatrice centriste sortante a proposé d'articuler «la complémentarité des territoires» avec «la synergie des solutions». «On aime la France des quartiers mais on aime la France des clochers», a déclaré François Sauvadet, soutien de la liste où Alain Houpert, sénateur des Républicains sortant, figure en numéro deux

Les élus de l'UDI, des Républicains, d'Horizons et apparentés se rassemblent sous l'égide de François Sauvadet (UDI) en vue des sénatoriales en Côte-d'Or. Le président du Département et fondateur du micro-parti La Côte-d'or passionnément (LCOP) a réussi à convaincre de ne présenter qu'une seule liste, menée par la sénatrice sortante Anne-Catherine Loisier (divers centre).
Ce lundi 31 août 2026, dans la salle Simone Veil à Chevigny-Saint-Sauveur, colistiers et soutiens se sont retrouvés pour une conférence de presse de lancement de campagne. Les grands électeurs issus des municipales de mars dernier seront mobilisés, le 27 septembre prochain, pour désigner trois représentant à la chambre haute.
Colistiers et soutiens d'Anne-Catherine Loisier
Se présentent sur la liste «Ensemble, pour la Côte-d'Or de demain» (
lire le communiqué), Anne-Catherine Loisier, sénatrice depuis 2014, Alain Houpert (LR), sénateur depuis 2008, Marie-Claire Bonnet-Vallet (LCOP), maire de Pontailler-sur-Saône et vice-présidente du Département, Ludovic Rochette (HOR), maire de Brognon, président de l'association des maires de la Côte-d'Or et conseiller régional d'opposition, ainsi qu'Anne-Gaëlle Catinot (divers droite), première adjointe au maire de Beaune.
Parmi les soutiens, on compte notamment Hubert Brigand (LR), député de la Côte-d'Or, et Guillaume Ruet (LR), maire de Chevigny-Saint-Sauveur, conseiller départemental et vice-président de la Métropole de Dijon – collectivité présidée par François Rebsamen (PS, FP) qui mène sa propre liste aux sénatoriales (
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Le paysage de ces sénatoriales
En 2020, Alain Houpert était numéro un et Anne-Catherine Loisier numéro deux de la liste d'union de la droite et du centre, récoltant 43,57% des voix. Soutien d'Emmanuel Macron, François Patriat (alors LREM) – décédé le 19 août dernier (
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Les socialistes (19,95% des voix), écologistes (6,46%) et communistes 1,06%) avaient fait chou blanc, de même que les candidats du Rassemblement national (2,36%), menés par Franck Gaillard (alors RN désormais REC).
En 2026, ce dernier a été investi par Éric Zemmour (
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Sur la ligne de départ, on retrouve également Olivier Minard (LFI), ex-candidat aux municipales à Dijon, pour défendre les propositions de la gauche radicale (
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«L'union du centre et de la droite est pleinement plébiscitée aujourd'hui»
«L'union était attendue», a souligné Guillaume Ruet, par ailleurs secrétaire départemental de la fédération des Républicains, «on est dans une période où l'on doit montrer une image responsable». «C'est une très bonne nouvelle d'apprendre qu'il n'y a qu'une seule liste à droite. (…) On est à la veille d'une grande phase électorale, avec la présidentielle, on a besoin d'une droite unie, forte et solide sur ses appuis.»
«L'union du centre et de la droite est pleinement plébiscitée aujourd'hui», a considéré Anne-Catherine Loisier. «C'est comme ça qu'on travaille au Sénat depuis toujours, en additionnant nos forces, le groupe LR et le groupe Union centriste. Ensemble, nous sommes majoritaires. Nous arrivons à voter des budgets, à bouger des lignes. (…) Le Sénat est à la tâche, le Sénat assure.»
«Avec Anne-Catherine [Loisier], nous avons décidé de faire l'union et, surtout, de faire l'alliance», a justifié Alain Houpert, réfutant toute éventuelle «amertume» de figurer en deuxième position après avoir été titulaire en 2008 puis avoir conduit une liste en 2014 et 2020. «On regarde tous dans le même horizon, c'est à dire l'avenir de la Côte-d'Or et de ses habitants.»
«Anne-Catherine [Loisier] et Alain [Houpert] sont les sénateurs sortants de la majorité sénatoriale», a abondé Hubert Brigand, «ils ont, sur le terrain, été présents et répondu aux maires – je peux le confirmer – à chaque fois qu'ils ont été consultés. Ils sont, avec moi, en phase sur quasiment toutes les lois.»
Articuler «la complémentarité des territoires» avec «la synergie des solutions»
«Notre projet est de faire en sorte que la Côte-d'Or sache au mieux, dans les années à venir, développer et faire vivre l'ensemble ses atouts, ses villes, ses campagnes», a résumé Anne-Catherine Loisier, face «au défi de l'adaptation au changement climatique et, surtout, au défi de production pour retrouver un pays qui marche sur ses deux pieds avec des territoires ruraux, agricoles, qui produisent mais aussi des industries qui, demain, permettent de répondre aux besoins de nos populations».
«À partir du moment où on pense la complémentarité des territoires, il faut qu'on pense la synergie des solutions», a martelé la candidate, «il ne faut pas seulement que les territoires ruraux soient les pourvoyeurs des métropoles». «Il faut que la dynamique économique aille dans les deux sens. (…) Nous avons la chance d'avoir un grand territoire, riche par son agriculture, sa viticulture, son élevage, ses capacités de production, sa forêt, ses artisans et des entreprises très prestigieuses. (…) C'est ça qui donne la force de la Côte-d'Or !»
«Relancer la machine de la démocratie et de la production»
Au regard des profils des colistiers, la tête de liste a vanté «une équipe qui véritablement incarne les forces motrices de ce département». «On va parler agriculture, viticulture, gestion de l'eau, place des collectivités territoriales pour répondre aux enjeux locaux.»
«Il y a un sujet de décentralisation», a insisté la centriste qui milite pour «redonner à l'ensemble des forces vives de notre territoire les moyens de reprendre de l'initiative et de relancer la machine de la démocratie et de la production de notre pays et de retrouver cette dynamique qui est nécessaire à la France pour, plus encore, faire face aux défis qui sont les siens.»
«Il n'y aura pas de destin français sans équilibre territorial»
«Je soutiens à fond l'équipe Côte-d'Or», a lancé François Sauvadet, «c'est une liste de vaste rassemblement, représentative de toute la Côte-d'Or». Le président du Département a salué «le travail parlementaire» d'Anne-Catherine Loisier, notamment sur les sujets ayant trait à la forêt et à l'eau, ayant abouti à une réforme de la loi étendant les possibilités de production d'eau potable.
«Il n'y aura pas de destin collectif sans se réunir», a considéré le centriste, «il n'y a pas d’ambiguïté sur leur engagement». «Ils sont attachés à l'idée départementale, au couple commune-Département, à un équilibre territorial» consistant à «ne pas opposer ville et campagne» car «il faut que la solidarité s'exprime avec les quartiers comme avec la ruralité». «J'en connais qui ont passé leur vie à opposer le rural à la dimension métropolitaine. (…) Il n'y aura pas de destin français sans équilibre territorial.»
«La France souffre d'un excès de centralisme»
«Je lance un appel à tous les grands électeurs : ne vous trompez pas», a poursuivi François Sauvadet, le ton grave, «le Sénat est devenu, plus encore qu'hier, un pôle de stabilité dans ce grand désordre politique». «On a besoin aussi d'une majorité sénatoriale solide face à ceux qui ne cessent d'attaquer les libertés locales, face à ceux qui sont les partisans d'une extrême-métropolisation et qui pensent qu'il y a trop de communes en France.»
«La France souffre d'un excès de centralisme», a-t-il insisté, «chacun va devoir choisir, à travers le vote Côte-d'Or, la France qu'il souhaite, (…) chaque voix compte». «On assume : on aime la France des quartiers mais on aime la France des clochers. On aime nos départements parce qu'on est tous de quelque part.»
«On veut redonner du pouvoir d'agir à nos élus»
«La liste est la seule où, pratiquement, les cinq circonscriptions sont représentées», a relevé Hubert Brigand en voyant les différents profils. «Il y a des listes qui ne dépassent pas Dijon et le sud ; au nord de Dijon, point de salut», a ironisé l'élu de la haute Côte-d'Or avant de considérer plus sérieusement que «cela veut dire que les plusieurs centaines de délégués, ce n'est pas des délégués secondaires».
En se présentant, Marie-Claire Bonnet-Vallet a partagé son «enthousiasme» de figurer sur la liste mais a rapidement critiqué le phénomène de métropolisation : «la théorie du ruissellement en matière d'aménagement du territoire ne fonctionne pas, elle détruit de la valeur, elle détruit des emplois dans les territoires».
Prenant exemple sur le modèle de «Côte-d'Or équilibrée», défendu par François Sauvadet au conseil départemental, l'élue centriste a mis en avant «la ruralité innovante» dont «les solutions doivent être relayées par nos sénateurs».
«C'est le fil conducteur de cette liste : (…) redonner du pouvoir d'agir à nos élus parce qu'ils ont plein de projets», a confirmé Anne-Catherine Loisier.
«Ce qui m'anime, depuis plus de trente ans de mandat, c'est de défendre le bloc communal, les communes et leurs intercommunalités», a enchaîné Ludovic Rochette. «Sans ambiguïté, c'est cette liste qui sait défendre le mieux la cause communale.»
Le soutien d’Édouard Philippe prend aussi l'exemple sur «l'union» ainsi obtenue par François Sauvadet pour évoquer la présidentielle et les éventuelles législatives de 2027 : «si la droite et le centre veulent réussir, ça passera par cette union».
«Incarnation des nouvelles générations» et «voix du sud du département», selon les mots d'Alain Houpert, Anne-Gaëlle Catinot a revendiqué un «engagement» pour la Côte-d'Or depuis «une quinzaine d'années».
«On a tendance à opposer monde urbain et monde rural, (…) sur le territoire de Beaune, on a cette ville-centre puissante, Beaune, qui rayonne par son attractivité notamment au niveau du monde viticole et touristique mais cette ville n'est rien sans ses espaces périurbains – 53 communes – et on voit bien qu'aucun territoire ne réussit seul», a-t-elle analysé. «On est dans une logique de coopération, d'équilibre et de solidarité territoriale.»
«C'est un message qui s'adresse aux jeunes nouveaux élus», a souligné François Sauvadet devant cet engagement, «ils peuvent et doivent trouver toute leur place dans l'ordonnancement du public de la République française».
Jean-Christophe Tardivon


















