
Le maire de Chaume-et-Courchamp annonce porter les couleurs de Reconquête. Le camp national apparaît ainsi divisé : «je ne connais pas le projet du Rassemblement national aux sénatoriales», a taclé Franck Gaillard, ce samedi 18 juillet, tout en proposant de «revenir sur la parité» dans les petites communes.
Le soutien de Reconquête à Emmanuel Bichot (LR, AD) avait marqué l'élection municipale dijonnaise (
lire notre article). Alors que se profilent les sénatoriales du 27 septembre prochain, Franck Gaillard (REC), délégué régional du parti souverainiste et identitaire pour la Bourgogne-Franche-Comté, part en campagne et se recentre sur la défense des maires ruraux.
Interrogé par
Infos Dijon, ce samedi 18 juillet 2026, Franck Gaillard a exposé ses priorités concernent les prérogatives des maires, le développement économique, la sécurité et l'immigration.
Du Rassemblement national a Reconquête
Né en 1975, Franck Gaillard est artisan plombier-chauffagiste de profession. Il a adhéré au Front national en 1990. En 2015, colistier de Sophie Montel (FN), il devient conseiller régional de Bourgogne-Franche-comté, siégeant dans l'opposition.
En 2020, il a été élu maire de Chaume-et-Courchamp – et réélu en mars dernier –, commune de moins de 200 habitants, située à l'est de Selongey, et a conduit la liste du Rassemblement national aux sénatoriales avec laquelle il a récolté 2,36% des voix.
Après avoir quitté le RN suite à un désaccord avec Julien Odoul (RN), Franck Gaillard a été sollicité par Éric Zemmour (REC) et a rejoint Reconquête en 2021. Il a ensuite candidaté aux législatives de 2022 et de 2024 sur la deuxième circonscription de la Côte-d'Or.
«Revenir sur la parité dans les communes de moins de mille habitants»
«J'ai été investi pour défendre les maires ruraux», annonce Franck Gaillard, «il y a un gros décalage entre Paris et les petits maires ruraux». «Ma première priorité sera de revenir sur la parité qui a fait beaucoup de mal dans les petites communes de moins de mille habitants.»
La deuxième priorité serait de «renforcer la protection des maires avec une assermentation» «Quand on n'a pas de police municipale ni de garde-champêtre, même si on a la fonction d'officier de police judiciaire, on est quand même un peu seul», témoigne le maire, «même si, maintenant, on voit que l’État essaie d'être du côté des petits maires ruraux».
«C'est très important de redynamiser nos campagnes»
Dans le champ économique, le candidat propose de «redynamiser les communes rurales en faisant une incitation fiscale très forte pour les entreprises qui s'installent ou se réimplante dans nos zones» car «il n'y a que comme ça que l'on peut dynamiser les campagnes, c'est à dire qu'on fait venir de l'emploi, les gens reviennent, le bâtiment revient et les commerces arrivent avec les familles».
«C'est très important de redynamiser nos campagnes surtout qu'on a des axes routiers qui sont relativement bien faits», insiste-t-il. À Chaume-et-Courchamp, «on a l'autoroute qui n'est pas loin [NDLR : l'A31, reliant Beaune au Luxembourg]». «Il y a des bourgs qui résistent un peu mais nous avons des communes qui n'ont vraiment plus rien.»
«On subit les lois nationales»
«Je souhaite doubler les effectifs de gendarmerie en zone rurale», poursuit le candidat en matière de sécurité. «On s'aperçoit que la délinquance se développe avec beaucoup de trafics de stupéfiants, de vols de matériel agricole et de violences conjugales.»
«On veut soutenir les maires qui refusent le mariage des OQTF [NDLR : des ressortissants étrangers en situation irrégulière et concernés par une obligation de quitter le territoire français] ou l'installation de foyers de migrants», martèle Franck Gaillard qui s'inscrit dans l'approche civilisationnelle portée par Éric Zemmour.
«On subit les lois nationales donc si on n'arrive pas à redynamiser notre pays, au niveau national ou local, on y arrivera pas», considère-t-il, c'est surtout au niveau local qu'on se base pour pouvoir développer notre programme».
«Beaucoup de maire veulent retrouver leur pouvoir face aux communautés de communes»
«Le but est de reprendre la main sur les communautés de communes», revendique Franck Gaillard alors que les différents partis planchent sur une réforme territoriale à mettre potentiellement en œuvre après la présidentielle.
«On est complètement happé par les communauté de communes qui sont généralement gérées soit par les socialistes, les gens de droite, les macronistes, ils font de la politique déguisée en local», analyse-t-il. «On retire notre pouvoir de maire au profit des communauté de communes et nous n'avons plus la main, un peu comme l'Europe qui décide à la place des Français. On a beaucoup de maire qui veulent retrouver leur pouvoir face aux communautés de communes.»
Quand Reconquête tacle le Rassemblement national
Pour ces élections sénatoriales, le camp national part divisé puisque le RN présente une liste conduite par Tatiana Guyenot (RN) (
lire notre article).
«On part par rapport à une étiquette et un projet», revendique Franck Gaillard, «je ne connais pas le projet du Rassemblement national aux sénatoriales». «La candidate n'est pas élue et donc moins bien placée que Reconquête ou moi qui suis déjà maire et qui connais les problématiques des maires ruraux.»
Le candidat ambitionne même de rééditer au moins son score de 2020 : «le but est de montrer qu'on est toujours là et que notre priorité est de s'attacher aux problématiques des maires ruraux». «Les grands maires ont d'autres problématiques et sont très politisés. Le score qu'on peut faire dans les petites communes, c'est parce qu'il y a les problèmes d'insécurité et de relance économique, on est les seuls à porter ça.»
Une «campagne de terrain» avec la présidentielle en arrière-plan
Assurant que sa liste est «pratiquement complète», le candidat indique que ses colistiers seront présentés début septembre. Ils devraient tous être encartés chez Reconquête.
D'ici là, Franck Gaillard fera campagne en «allant voir les maires» et en leur adressant prochainement un courrier. «Ce sera une campagne de terrain», souligne-t-il.
Parallèlement, le délégué régional de Reconquête sollicite des promesses de parrainages qui auront à se transformer en geste effectif quand, entre Éric Zemmour et Sarah Knafo, le parti d'extrême-droite aura désigné son candidat à la présidentielle.
Jean-Christophe Tardivon