
«Je crois au dynamisme et à la force d'innovation de la ville et à l’authenticité du monde rural», a déclaré François Rebsamen, ce mercredi 8 juillet, à Seurre, en présentant sa colistière Céline Gilardet-Aloizos, maire d'une commune des Rives de Saône.

L'actuel président de la Métropole de Dijon a choisi l'aménagement des quais de la Saône, à Seurre, pour annoncer sa candidature aux sénatoriales, ce mercredi 8 juillet 2026, et présenter sa colistière Céline Gilardet-Aloizos (sans étiquette).
De nouveau adhérent du Parti socialiste, François Rebsamen (PS, FP) a minoré cette information dans son propos – rappelant que le parti à la rose est passé de 200.000 à 20.000 cartes –, préférant mettre en avant l'étiquette «social-démocrate».
En 2020, avaient été élus un gaulliste, une centriste et un social-libéral
L'élection sénatoriale en Côte-d'Or aura lieu, le 27 septembre prochain, en s'appuyant sur un collège de grands électeurs, renouvelé à l'issue des municipales de mars dernier.
En 2020, les résultats avaient été les suivants : 43,57% pour la liste d'union de la droite et du centre, 26,60% pour La République en marche, 19,95% pour le Parti socialiste, 6,46% pour Europe Écologie-Les Verts, 2,36% pour le Rassemblement national et 1,06% pour le Parti communiste français.
Avaient été réélus les trois sénateurs sortants : Alain Houpert (LR), Anne-Catherine Loisier (divers centre) et François Patriat (alors LREM, depuis REN). Ce dernier a annoncé ne pas se représenter.
François Rebsamen a été notamment sénateur de 2008 à 2014
Né en 1951, François Rebsamen a été membre du Parti socialiste de 1974 à 2022, étant alors exclu pour avoir soutenu Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle. Cette même année, il a fondé la Fédération progressiste, parti qui a rejoint La Convention de Bernard Cazeneuve, en 2025.
Conseiller général de la Côte-d'Or de 1998 à 2008, François Rebsamen a été sénateur de 2008 à 2014 et même président du groupe parlementaire socialiste, de 2011 à 2014. Aux sénatoriales de 2014, le sortant ne s'était pas représenté.
Le Dijonnais a été ministre du Travail dans le gouvernement de Manuel Valls, durant le quinquennat de François Hollande, et ministre de l'Aménagement du territoire dans le gouvernement de François Bayrou, durant ce second quinquennat d'Emmanuel Macron.
François Rebsamen a été maire de Dijon de 2001 à 2024, avec une interruption pour cause d'entrée au gouvernement. Toujours conseiller municipal de Dijon, il est président de la Métropole de Dijon depuis 2001 avec, là aussi, une interruption en 2014-2015.
Céline Gilardet-Aloizos est numéro deux de la liste
Née en 1979, Céline Gilardet-Aloizos est cadre au sein de la caisse régionale du Crédit agricole Champagne-Bourgogne. Elle a été élue conseillère municipale de Labruyère en 2008 puis, après une pause, élue maire en 2020 et réélue en 2026. Elle est également vice-présidente chargée des finances et des ressources humaines au sein la communauté de communes Rives de Saône.
François Rebsamen a retenu Antoine Hoareau (PS) comme coordinateur de campagne. Celui-ci a été le directeur de la campagne victorieuse de Nathalie Koenders (PS) aux dernières municipales, retrouvant une délégation de premier adjoint à la Ville de Dijon et de vice-président à la Métropole de Dijon. Il est également le numéro deux de la fédération de la Côte-d'Or du Parti socialiste et le référent de Bernard Cazeneuve dans le département.
Parmi les premiers soutiens, on retrouve notamment Alain Becquet (divers gauche), maire de Seurre, président de la communauté de communes Rives de Saône et conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, Patrice Espinoza (PS), maire d'Izier et président de la communauté de communes de la Plaine dijonnaise, Rachid Boulahya (PS) maire de Sant-Usage, Maryline Duparc (sans étiquette), maire de Saint-Jean-de-Losne, Patrice Dormenil (divers gauche), maire de Blanot et président de la communauté de communes du Pays Arnay-Liernais, Jean-Paul Chapuis, maire de Lechâtelet, Benoît Bordat (FP), conseiller départemental d'opposition et conseiller municipal de Dijon, et Nadjoua Belhadef (PS, FP), adjointe au maire de Dijon et numéro deux de la Fédération progressiste en Côte-d'Or.
«J'ai envie d'être utile aux élus de notre département et aux habitants»
«Je suis un homme libre», a d'emblée lancé François Rebsamen en déclarant sa candidature pour conduire la liste La Voix des communes depuis le bord de la Saône, nouvellement aménagé. «J'ai envie d'être utile aux élus de notre département et aux habitants. Depuis 20 ans, j'ai exercé un certain nombre de responsabilités qui m'ont permis de connaître largement l'action publique à tous les niveaux des fonctions électives.»
«Je ne sollicite aucune investiture mais je compte sur le soutien des formations que j'ai su rassembler depuis 25 ans et qui ont su travailler avec moi pour un dépassement sur un projet progressiste pour l'ensemble de notre territoire de Côte-d'Or.»
Un large rassemblement intégrant le Parti socialiste
Le nouveau candidat revendique donc le soutien de la Fédération progressiste, de La Convention, du Parti socialiste, de Place publique, du Modem, du Parti radical de gauche, du Parti radical et «des élus locaux de Génération écologie», c'est à dire ceux qui participent à la majorité municipale de Nathalie Koenders.
Interrogé sur sa ré-adhésion au Parti socialiste, le nouveau candidat a d'abord esquivé – «j'ai été pendant 40 ans membre du Parti socialiste, j'ai été numéro deux du Parti socialiste pendant 10 ans et quand je vois comment le Parti socialiste évolue, j'ai les plus grandes craintes pour l'avenir» – avant de ne pas réfuter les informations allant en ce sens.
Résolument opposé au Rassemblement national dont «il combat les idées», François Rebsamen a rappelé sa déclaration en arrivant à l'Hôtel de Roquelaure qui avait provoqué des remous dans le gouvernement : «c'était de dire que je n'avais aucun respect pour le mouvement Rassemblement national, je le maintiens».
«Je suis un homme de gauche, social-démocrate», a-t-il néanmoins ajouté, «je ne crois pas que les élus attendent de leurs sénateurs qu'ils se mêlent essentiellement de combats partisans». «Ils attendant surtout des élus capables de travailler ensemble, dans l'intérêt des communes et des [intercommunalités].»
«Continuer à porter avec force la voix des communes de notre département à Paris»
«Je veux faire l'union pour continuer à porter avec force la voix des communes de notre département à Paris», a poursuivi François Rebsamen. «Lorsque notre pays s'est retrouvé dans une situation politique inédite avec la dissolution et la censure du gouvernement Barnier, j'ai fait le choix de rentrer au gouvernement. Ce n'était pas un calcul personnel ni une étape de carrière, c'était un choix de responsabilité publique.»
«Quand j'étais au gouvernement, j'ai amplifié l'ouverture des Maisons France services, j'ai fait voter à l'unanimité de l'Assemblée national le statut de l'élu, j'ai fait voter – à la demande du président des maires ruraux et du président du Sénat – le scrutin municipal avec la parité dans les communes [de moins de mille habitants]», a-t-il listé avant d'évoquer «80 mesures de simplifications» devraient être intégrées dans un décret.
«J'ai préservé les finances des élus ruraux avec la DETR qui est exactement la même cette année que l'année d'avant», a-t-il insisté. «J'ai [fait] voter la suppression du DILICO pour les communes.»
«Les collectivités locales sont une chance pour la République et leurs élus également, ils doivent la reconnaissance que Paris ne leur donne pas toujours. À Bercy, par principe, l'élu local est plutôt un danger. Nous considérons que c'est plutôt à Bercy que se trouve le danger pour notre République.»
«Je crois sincèrement à l'alliance des territoires»
«J'ai choisi Seurre parce que ce territoire défend les intérêts de sa commune et de son [intercommunalité] à la Région et nous travaillons ensemble à l'alliance des territoires. La Côte-d'Or ne se résume ni à Dijon ni à Beaune. Seurre est une ville de centralité au cœur de la plaine de Saône qui fait le lien entre les espaces ruraux, les bourgs, les bourgs-centres et les grands pôles urbains», a développé le candidat.
«Je crois sincèrement à l'alliance des territoires», a exprimé François Rebsamen, «mon ambition est d'être un trait d'union entre les différents territoires de notre département». «Je crois au dynamisme et à la force d'innovation de la ville et à l’authenticité du monde rural. Ces deux mondes ne doivent pas s'opposer mais doivent travailler, au contraire, en complément.»
Le choix de Céline Gilardet-Aloizos en numéro deux symbolise donc «une véritable alliance entre le monde rural et le monde urbain». «Je suis tout à fait d'accord avec les principes [de François Rebsamen]», a indiqué la colistière.
«Nous plaçons notre candidature sous le signe de la décentralisation»
«À sept mois de l'élection présidentielle, les maires auront besoin de stabilité et auront surtout besoin de sénateurs expérimentés qui seront capables de dialoguer avec les gouvernements quelle que soit leur étiquette politique», a analysé François Rebsamen, «le mandat sénatorial s'ouvrira donc dans un contexte institutionnel marqué par une Assemblée nationale fragmentée, des finances publiques sous tensions et de fortes tensions à l'égard des collectivités territoriales. Dans ce paysage, le Sénat conserve une place singulière auprès des collectivités.»
En cas d'élection, François Rebsamen s'attachera aux sujets de finances locales, de simplification de normes, de relation avec l’État local et des conditions de la mise en œuvre de la décentralisation.
«Nous plaçons notre candidature sous le signe de la décentralisation», a-t-il martelé en revendiquant une «forme de fédéralisme à la française». «Je proposerai qu'on renforce une plus grande autonomie des communes, c'est la rupture avec le parisianisme technocratique qui s'abat tous les jours sur les élus dans notre pays.»
Les autres colistiers et le détail des propositions seront présentés fin août.
Jean-Christophe Tardivon







