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30/11/2020 18:14

DIJON : Deux sapeurs-pompiers visés par des tirs de mortier

Le SDIS de la Côte-d'Or indique que deux agents en intervention sur un feu de poubelle à Dijon ont été volontairement visés par des feux d'artifices ce samedi 28 novembre aux environs de 21 heures 30. Actualisé avec la réaction de François Rebsamen. Le maire de Dijon demande l'interdiction de la vente de matériels d'artifice.

Communiqué de la Ville de Dijon du 30 novembre 2020 :

Dans la nuit de samedi à dimanche, des sapeurs-pompiers de la Côte d’Or ont été la cible de tirs de mortier à Dijon. J’apporte tout mon soutien aux agents visés ainsi qu’à l’ensemble du SDIS 21. L’engagement des soldats du feu est un symbole d’exemplarité et de dévouement au service de la population. Rien n’y personne ne doit entraver leurs missions.

Les auteurs de ces actes gravissimes doivent être condamnés avec la plus grande fermeté. Je me suis entretenu avec le Préfet qui m’a assuré de sa vigilance et de l’action rapide des forces de l’ordre pour retrouver les coupables dans les plus brefs délais.

Je demande l’interdiction de la vente en magasin des matériels d’artifice qui servent à fabriquer des tirs de mortier utilisés par les délinquants pour attaquer policiers, gendarmes ou sapeurs-pompiers.

Publié le 29 novembre 2020 à 13h21 :
Les tirs de mortier d'artifice en direction des sapeurs-pompiers se multiplient en Bourgogne-Franche-Comté. Mi-novembre, ce fut le cas à Montceau-les-Mines, à Mâcon ainsi qu'à Chalon-sur-Saône (lire notre article).

Le phénomène fait malheureusement des émules à Dijon. Le SDIS de la Côte-d'Or indique que deux sapeurs-pompiers ont été volontairement pris pour cibles vers 21 heures 30 ce samedi 28 novembre 2020. Les deux personnels intervenaient pour éteindre un feu de poubelles quand ils ont essuyé des tirs de mortier d'artifice en deux salves espacées de quelques minutes.

Les tirs sont passés très près des sapeurs-pompiers mais, heureusement, ils n'ont pas été blessés. Les agents et le SDIS de la Côte-d'Or ont déposé une plainte. Le préfet de la Côte-d'Or a apporté son soutien aux agents concernés. Le SDIS ne précise pas la localisation de l'agression.

Sur les réseaux sociaux, les SDIS communiquent avec le mot d'ordre «Touche pas à mon pompier» pour sensibiliser au rôle social et de secours de leurs agents avec une demande de «tolérance zéro» vis-à-vis des agresseurs.

Les mortiers deviennent un enjeu politique


Dans le Doubs, à la suite de l'agression de policiers lors d'une perquisition à Montbéliard en octobre dernier, le préfet avait pris un arrêté d'interdiction de quinze jours de vente, transport ou utilisation de feux d'artifices lancé par mortier (lire le communiqué).

La question de ces feux d'artifices de divertissement a pris une ampleur nationale puisque des dispositions les concernent dans la loi de sécurité globale portée par le ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin souhaiterait pénaliser la vente sur Internet n'étant pas destinée à des professionnels et spécifier ces engins comme «arme à destination».

Le Code de l'environnement s'intéresse aux feux d'artifices


La réglementation de la commercialisation des mortiers est pourtant strictement définie dans le Code de l'environnement. Un certificat est nécessaire pour les professionnels utilisant les artifices interdits aux particuliers. En cas d'incendie consécutif à l'utilisation d'artifices sans autorisation, les peines peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende notamment si un décès survient.

Néanmoins, la vente sur Internet semble permettre de contourner les règles de commercialisation. Le Code pénal permet déjà de catégoriser un objet comme comme arme par destination à partir du moment où elle est détournée pour menacer ou blesser. Cela aggrave alors les peines prévues dans le cas de violences volontaires.

Jean-Christophe Tardivon


Photographie d'illustration Jean-Christophe Tardivon


Photographie Cléa Carré / SDIS 21