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19/06/2020 12:49

VIOLENCES URBAINES : «Les habitants des Grésilles n’ont jamais été abandonnés», déclare le préfet Bernard Schmeltz

Le préfet de la Côte-d’Or et de région s’est rendu aux Grésilles ce vendredi matin. Une opération de contrôles s’y est déroulée.
Suite aux événements de la fin de semaine dernière et du début de cette semaine, notamment aux Grésilles mais aussi à Chenôve, les autorités souhaitent montrer que le renforcement des moyens humains de Police et les opérations de contrôles annoncées ont bien lieu.

Ce vendredi matin, c’est aux Grésilles ainsi qu’au Mail à Chenôve, qu’une opération s’est déroulée. Une opération engagée certes sur le fondement du procureur de la République de Dijon, mais plus administrative que judiciaire. Elle visait à permettre la recherche de produits stupéfiants, d’armes et de munitions, dans les parties communes d’immeubles. Deux compagnies de CRS ont été mobilisés - soit environ 140 fonctionnaires de Police -.

Les affirmations du préfet


S’étant rendu sur place au Grésilles, le préfet Bernard Schmeltz a tenu à rappeler ce renforcement du dispositif permis par le gouvernement et le ministère de l’intérieur. «Une action extrêmement déterminée pour maintenir et préserver la paix et l’ordre public dans ces quartiers», selon le haut fonctionnaire d’État. L’occasion de réfuter un abandon de l’État vis à vis de ces quartiers : «La mobilisation des forces de sécurité intérieure a été complète et a permis d’éviter une montée en puissance extrêmement dangereuse du mouvement après les agressions de la première soirée (vendredi dernier)».
Pour le préfet, «toutes les précautions ont été prises pour protéger la population. La police a rempli sa mission avec efficacité et détermination».

Sur la question des Tchétchènes, soit disant escortés aux Grésilles dimanche soir par les forces de l'ordre, Bernard Schmeltz justifie : «La Police a encerclé le groupe pour éviter qu’il se disperse et se livre à des exactions de la même nature que celles du premier soir». En insistant même : «Les habitants de ce quartier n’ont jamais été abandonnés».

Lors de ce point presse, il a voulu exprimer sa «solidarité et sympathie vis à vis des habitants du quartier, qui ont vécu très directement les événements. Il faut que les habitants sachent que l’État ne les abandonne pas et que nous resterons avec eux dans les semaines et dans les mois à venir, pour restaurer pleinement la sécurité et la paix dans ces quartiers». Quant aux opérations de contrôles, le préfet a assuré : «Il y a des interventions de cette nature et nous n’avons pas attendus cette situation pour en faire».

Un sentiment d’abandon palpable dans le quartier


Sur la place Galilée aux Grésilles ce vendredi matin, la confiance en l’État était bien moins enthousiaste… Le sentiment d’abandon est palpable dans le quartier, avec la conviction que les interventions des forces de l’ordre ont été tardives.

Les commerçants regrettent une nouvelle fois une mauvaise image du quartier donnée par certains et entretenue au détriment d’une majorité de riverains honnêtes et intégrés dans l’esprit républicain… Sans vouloir se prononcer sur les responsables de ce climat - ville de Dijon, préfecture ou autres ?-, une habitante du quartier depuis des dizaines d’années n’a «qu’une idée en tête, c’est de quitter ce quartier où on ne se sent plus en sécurité».

Une manifestation pour demander la démission du préfet est organisée ce samedi… Le principal intéressé n’a fait «aucun commentaire», de même qu’il n’a pas voulu livrer un premier bilan de l’opération «encore en cours».
En milieu de matinée, 80 g de résine de cannabis ont été trouvés aux Grésilles, mais il n’y avait toujours pas de traces d’armes ni de munitions…

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier