Le grief porte sur l'organisation par la Ville de Beaune d'une cérémonie patriotique, le 1er novembre, alors que deux messes figurent au programme, le 2 novembre. Selon les militants de trois associations côte-d'oriennes, cela «enfreint le principe républicain de la laïcité».
Communiqué interassociatif du 22 octobre 2026 :Nous considérons qu’une invitation municipale et communautaire relative à la Journée du Souvenir mentionnant deux messes[1] introduit une référence confessionnelle exclusive qui rompt l’exigence de neutralité de l’État et crée une hiérarchie implicite entre les citoyens.
Neutralité
La laïcité impose une neutralité de langage, car le langage est un acte politique.
En utilisant le mot « messe », strictement catholique, la commune importe un vocabulaire religieux dans un espace qui doit rester strictement civil. Cela crée une confusion des registres : le document municipal devient le vecteur d’une information cultuelle.
La municipalité ne doit pas seulement être neutre, elle doit paraître neutre.
Universalité
Une communication publique doit s‘adresser également à tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions. Elle doit être universelle. Ici, elle ne l’est pas !
Si les catholiques s’y reconnaissent immédiatement, ce n’est le cas des autres religions, ni des athées qui y voient une norme culturelle imposée.
La municipalité crée une asymétrie de reconnaissance entre les citoyens.
Inclusion
En mentionnant une messe dans un document public, la commune :
- suggère une manière normale d’honorer les morts et impose une grammaire religieuse à un moment qui devrait rester civil ;
- réactive une centralité catholique dans le rituel public et invisibilise les autres manières de vivre le deuil.
Le deuil est une expérience intime, que chacun vit selon ses convictions.
L’État ne doit jamais normer l’intime. La laïcité exige de se dispenser de l’héritage religieux, pas de le raviver.
Séparation
En mentionnant une messe, le maire de Beaune franchit symboliquement la frontière entre sphère publique et sphère spirituelle et introduit une ambiguïté institutionnelle.
La laïcité repose sur une séparation stricte : le civil relève de la commune, le religieux relève des cultes.
La séparation des ordres doit être rigoureuse, pas poreuse !
[1] « Journée du souvenir : Pierre Bolze, maire de Beaune, président de l’Agglomération ; Philippe Falce, conseiller municipal délégué en charge du Monde patriotique ; (…) vous convient (…), le lundi 2 novembre 2026, 9H00 : Messe des défunts à la Collégiale Notre-Dame, 19H00 : Messe des défunts en l’église Saint Nicolas. »
Association des Libres penseurs de Côte-d’Or (ADLP 21 /
www.adlp21.fr)
Comité Laïcité République en Côte-d'Or (CLR 21 /
www.clr21.fr)Union des famille laïques de Côte-d’Or (UFAL 21 /
www.ufal.org)