L'ARP signale que le 18 juillet dernier, à Grenoble, lors du festival Cabaret frappé, «plusieurs dizaines de militants LFI de la section locale se sont
rassemblés, scandant notamment à son égard "sale sioniste"».
Communiqué de la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs du 27 juillet 2026 :Nous, cinéastes de L'ARP, déclarons que la liberté d’expression et la liberté d’opinion politique sont en France des droits fondamentaux.
Depuis sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, la DJ et artiste Barbara Butch fait l'objet d'une campagne continue de harcèlement sur les réseaux sociaux et dans l'espace public.
À la suite de cette prestation, plusieurs organisations et personnalités d'extrême droite l'ont prise pour cible, la menaçant de mort, l'accusant de blasphème, d'atteinte aux bonnes mœurs, et de participer à une prétendue décadence culturelle. Ces attaques ont mêlé propos antisémites, lesbophobes et grossophobes.
Après sa nomination à la direction artistique de la Nuit Blanche, de nouvelles accusations ont porté sur sa rémunération et les conditions de sa nomination. Plus récemment, un journal identitaire a publié Barbara Butch en Une aux côtés de Jeffrey Epstein, les présentant comme les symboles d'un Occident "dégénéré".
Depuis plusieurs mois, des campagnes menées sur les réseaux sociaux l'accusent d'être une figure du pinkwashing d'Israël. Le 7 juin 2025, lors de la Nuit Blanche à Paris, des militants ont distribué un tract appelant à sa déprogrammation, la présentant comme une personnalité sioniste et demandant à la Ville de Paris de ne pas "servir de marchepied à la propagande d'Israël".
À Grenoble, au printemps 2026, un élu local de La France insoumise a appelé au boycott de la DJ. Cette campagne s'est traduite par des actions visant à empêcher sa programmation au festival Cabaret Frappé.
Le 18 juillet, durant sa représentation à ce même festival Cabaret Frappé, plusieurs dizaines de militants LFI de la section locale se sont rassemblés, scandant notamment à son égard "sale sioniste", jetant des projectiles et demandant l’interruption du concert.
Suite à ces agressions, le concert a dû être interrompu pour des raisons de sécurité. Cette même section locale grenobloise de LFI a fait diffuser un tract et même visuel sur les réseaux de Barbara Butch en train de mixer, éclaboussée de sang, avec en arrière-plan un drapeau arc-en-ciel (LGBTQ+) portant une étoile de David, l’accusant d’être complice du génocide à Gaza.
Les reproches formulés à son encontre se disent justifiées par sa participation à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël en 2025, ainsi que suite à sa signature d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan, visant à lutter "contre les formes renouvelées d'antisémitisme", signature que l'artiste a déclaré regretter.
Sauf arrêté préfectoral pour transgression de la loi ou pour une incitation à la violence, aucun spectacle ou expression artistique ne peuvent être interrompus dans un pays démocratique ! Sinon, toute forme d’expression trouvant ses contradicteurs transformerait une salle de spectacle en arène de combat, et non plus en source d’idées riches et diverses. Nous rappelons que tout citoyen-spectateur a le droit de ne pas assister ou de quitter un spectacle qui ne correspond pas à ses opinions.
Nous, cinéastes de L'ARP, condamnons avec la plus grande fermeté cet acte de violence contre Barbara Butch, et tout acte d’intimidation ou de violence contre un artiste dans l’exercice de son expression.