Les militants d'un collectif pro-migrants considèrent que les CRA relèvent de «choix politiques xénophobes, une stratégie raciste violente et humiliante envers les personnes exilées». Un rassemblement et plusieurs actions sont prévus, le 18 avril.
Communiqué de La Cimade Bourgogne-Franche-Comté du 7 avril 2026 :Nous, collectif AntiCRA de Dijon et différents collectifs AntiCRA en France, appelons à une mobilisation nationale contre la construction de CRA (centre de rétention administrative) à Longvic, contre tous les CRAs à construire et existants, pour le respect de la dignité des personnes exilées et de leurs droits et pour la liberté de circulation de toustes.
Au programme, RDV le 18 avril place du théâtre à Dijon à 12h pour un repas partagé, suivi à 13h30 du départ pour la manifestation qui rejoindra à 15h le rassemblement pour la Palestine, place Darcy.
Pour continuer, on se retrouve à 16h30 à la Bourse du travail avec l’Exposé du collectif Confrontières « Guerres aux frontières, une bataille coloniale » pour décrypter les politiques anti-migratoires, et le dimanche à 11h pour une action collage au départ des Tanneries puis à 14h aux Tanneries atelier autour de la brochure « Faire face à la machine à expulser quand on est sans papier".
Malgré toutes les ressemblances avec une prison (les hauts grillages, les doubles enceintes, les barbelés, les chemins de ronde, l’interdiction de sortir, la surveillance permanente de la police), les CRA n’en sont officiellement pas, la rétention administrative n’étant pas une peine.
Ce sont des séquestrations légalisées, pour faciliter la machine à expulser de l’Etat, de personnes étrangères à qui est refusé le droit de rester sur le territoire français. Elles sont privées de liberté dans des conditions indignes et dégradantes (mal alimentées, manque d’hygiène et d’accès aux soins, médicamentation forcée, violences policières multiples, aucune activité...).
Les personnes ne peuvent souvent pas exercer leurs droits aux recours administratifs et juridiques. Enfin et surtout, la menace d’être déporté·es à tout moment entraîne un stress constant. Des personnes, qui sont pour certaines depuis des années ou même des dizaines d’années sur le territoire français, qui y ont construit leurs vies, sont arrêtées du jour au lendemain et se voient soudain coupées de leurs proches et de leurs activités, et menacés de perdre tout ce qu’elles ont.
Des personnes qui ne seront pas expulsées sont enfermées en CRA, puis relâchées et ce à plusieurs reprises. La violence de ces enfermements pousse régulièrement les personnes enfermé.es au suicide.
Entre 2012 et 2023 la Cour Européenne des droits de l’homme avait déjà condamnée 11 fois la France pour « manque flagrant d’humanité » pour avoir enfermé des enfants (plus de 35000 enfants enfermés au cours de cette période). L’utilisation accrue et le développement des CRA sont des choix politiques xénophobes, une stratégie raciste violente et humiliante envers les personnes exilées.
C’est le continuum de politiques racistes et colonialistes, qui trient et exploitent les personnes étrangères, tout en les instrumentalisant à des fins électorales en les présentant comme danger, pour justifier de politiques sécuritaires et répressives.
La loi Darmanin de 2024 implique le projet de construction d’une dizaine de nouveaux CRA, en plus des 26 existants en France, dont un de 140 places prévu à Longvic-Ouges sur le site de l’aéroport de l’ex BA102. Les travaux ont déjà commencé et l’ouverture de ce CRA est prévu pour 2027 avec un budget prévisionnel de 30,3 millions d’euros d’argent public, rendues possible par la collaboration d’entreprises, comme VINCI et PENNEQUIN.
Pendant ce temps-là, l’État préfère fermer des places en CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asiles), et l’Union Européenne, qui a déjà tout un arsenal pour réprimer les personnes exilées, vient de voter le pacte européen sur la Migration et l’ Asile, qui détruit encore plus les possibilités d’être accueilli et augmente énormément les moyens pour repousser, contrôler, enfermer et expulser... Prendre position contre les CRA c’est donc aussi prendre position contre les idées d’extrêmes droites qui ont envahies les discours et les mesures politiques dans de nombreux pays, en Europe et ailleurs.
Il est de notre responsabilité de lutter coûte que coûte contre ces traitements injustes et cette réalité inhumaine, de lutter et de nous organiser. Soyons nombreux.ses à Dijon le 18 avril pour cette mobilisation nationale. Personne n’est illégal !
Signataires : Solidaires 21, UCL, La Bancale, l'espace activités des Tanneries, Les Lentillères, AGIRabcd 21, le mouvement de la paix 21, CNT 21, collectif 25 novembre, Comité dijonnais des Soulèvements de la Terre, La Cimade