
Le candidat anticapitaliste de Dijon avenir livre un réquisitoire à l'encontre du candidat soutenu notamment par Les Écologistes : «Dijon change d’ère doit assumer l’héritage politique de ses élus écologistes».
Communiqué de Dijon avenir du 5 mars 2026 :A plusieurs reprises durant la campagne, la liste Dijon Change d’Ère a revendiqué des positions de préservation de la nature en ville, sans jamais mentionner les votes de ses colistier·e·s élu·e·s écologistes du Conseil municipal, en soutien aux décisions destructrices de la majorité Rebsamen-Koenders.
La liste citoyenne et participative “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” rappelle ces votes successifs, délibérations à l’appui, et demande à Dijon Change d’ère d’assumer son héritage politique. Au-delà de tromper les électeurs, leurs déclarations interrogent sur leur positionnement pour le second tour.
L’amnésie des Valendons
Le 11 novembre dernier, l’association Dijon Avenir a organisé une balade cueillette aux Coteaux des Valendons pour alerter les riverain·e·s sur le projet de Mme Koenders d’étendre le vignoble dijonnais sur 13 hectares de jardins potagers familiaux. Cette rencontre a permis la création de liens entre des habitant·e·s qui ne se connaissaient pas et qui ont constitué un collectif de mobilisation, avec notamment le lancement d’une pétition il y a un mois.
Rappelons que la plantation de vignes à Dijon est un grand projet de l’équipe Koenders-Rebsamen pour “que Dijon renoue avec son passé et son patrimoine prestigieux”. Outre l’inadaptation de cette lubie à l’inexorable changement climatique qui va faire perdre sa typicité aux vins de Bourgogne d’ici 2050, détruire les jardins vivriers de familles modestes pour y planter une monoculture, c’est mettre en danger directement la sécurité alimentaire des habitant·e·s. C’est donc irresponsable et dangereux.
Au moment de la sortie de la pétition du collectif “Sauvons les Valendons”, nous avons manqué de nous étouffer en lisant le communiqué dont s’est fendue la liste Dijon Change d’ère, s’opposant au projet de la Maire sortante. Nous, nous avons bien en mémoire le vote des 3 élu·e·s Ecologistes qui siègent dans l’opposition municipale : en Conseil municipal du 24 mars 2025, ils ont voté POUR la vente d’un espace boisé communal de 2 100 m² destiné à être planté en vigne pour devenir le “clos Pau Roca”.
Deux ans plus tôt le 25 septembre 2023, les élu·e·s écologistes avaient déjà voté pour la vente d’une parcelle boisée de 1 500 m² propriété de la Ville de Dijon, à un exploitant viticole.
Difficile de croire que Michel HABERSTRAU n’était pas informé de ces votes. Mais si tel était le cas, rappelons-lui tout le reste…
DCE ne manque pas d’air au Suzon
Plus fort encore : dans le document de bilan de mandat 2020-2026 des élu·e·s écologistes, publié sur le site de leur liste, ils mettent à leur actif la préservation des 3 hectares des berges du Suzon. Lors de leur meeting organisé le 2 février, Olivier MULLER, numéro 3 sur la liste et conseiller municipal sortant Les Ecologistes, a carrément revendiqué la victoire aux berges du Suzon ! Sans complexe.
Alors là, Dijon Change d’Ère ne manque pas d’air ! Ont-ils oublié qu’au Conseil municipal du 29 juin 2022, les 3 élu·e·s écologistes ont voté POUR la vente des terrains de la Ville de Dijon aux promoteurs en vue du projet immobilier Venise-2.
Face à l’ampleur de la mobilisation citoyenne contre ce projet, ils ont bien exprimé un revirement de position, opportuniste et bien tardif (cinq mois plus tard). Mais ils n’ont ensuite pas agi à la hauteur de leurs moyens et n’ont pas réellement soutenu le collectif citoyen et les associations qui ont lutté durant 2 ans et demi contre ce projet immobilier destructeur du dernier grand espace de nature en ville.
Réécriture de l’histoire de l’hydrogène
Enfin, dans un communiqué du 22 janvier, Michel HABERSTRAU, tête de liste de Dijon Change d’ère, affirme que “depuis six ans, les élu·es écologistes appellent à désinvestir dans un usage encore coûteux et risqué”.
Là c’est franchement une réécriture de l’histoire sur les décisions anti-écologiques prises par ces élu·e·s au cours de leur mandat d’opposition de façade. Nous présentons un historique synthétique de ces votes sur ce projet structurant, depuis la prise de participation de Dijon Métropole en avril 2019 dans l’entreprise pour le projet hydrogène, jusqu’à la mise à disposition d’un terrain de 2 hectares pour la construction de la station hydrogène de Dijon Sud en juin 2021, en passant par 75 millions d’euros d’investissement dans les bennes à ordures et bus à hydrogène : à part s’être opposés à un montage financier sans importance, ils ont voté POUR l’ensemble des dossiers présentés. Les élu·e·s écologistes sont donc co-responsables du véritable fiasco de l’hydrogène à Dijon, dossier emblématique de l’obsession techno-solutionniste de la majorité Rebsamen-Koenders, qui nous emmène droit dans le mur.
La liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” appelle à une campagne électorale sincère, honnête et courageuse, où chaque liste assume l’héritage des partis et élu·e·s qui la composent.
Colchide : le doute…
Le comble peut-être lors du dernier Conseil municipal de la mandature : alors que la liste Dijon Change d'Ère était lancée depuis un mois, et en dépit d’une alerte envoyée par Dijon Avenir dans les jours précédant le vote sur la vente d’un espace arboré de 2 hectares situé rue de Colchide, au Conseil Municipal du 15 décembre les élus écologistes ont voté POUR la destruction d’un terrain dont 80 % de la surface est composée de pleine terre !
Cette dernière décision interroge sur la sincérité des engagements du programme de la liste “Dijon Change d’Ère” en matière de “zéro artificialisation brute”, comme sur ses intentions pour le second tour. Ménager Nathalie Koenders à 3 mois du scrutin, pour se laisser la possibilité de fusionner avec sa liste au second tour ? Réponse dans dix jours…
Face à ce doute et devant la gravité des crises en cours, nous appelons les électeurs qui veulent que la Ville engage une véritable bifurcation écologique pour assurer durablement nos besoins vitaux, à voter pour notre liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger”.