Des parents d'élèves de ce regroupement scolaire en périphérie de Genlis contestent la fermeture d'une classe de maternelle. Un rassemblement est prévu, le 27 mars.
En 2024, il avait fallu l'intervention de la ministre de l’Éducation nationale, saisie par la ministre Fadila Khattabi, pour empêcher temporairement la fermeture d'une classe de maternelle à Genlis.
Communiqué de parents d'élèves du regroupement pédagogique intercommunal de Varanges-Marliens du 24 mars 2026 :Les parents d’élèves du RPI de Varanges et Marliens se mobilisent contre le projet de fermeture d’une classe de maternelle, annoncé pour la prochaine rentrée scolaire.
Cette décision intervient seulement trois ans après la suppression d’une classe en école primaire. Justifiée par des logiques de rentabilité et de gestion de postes, elle entraînerait pourtant des conséquences majeures pour les enfants, les équipes éducatives et l’ensemble du territoire.
Concrètement, des élèves de grande section seraient intégrés à l’école primaire, dans des classes à double voire triple niveau, au sein d’un environnement inadapté à leurs besoins. Les locaux ne permettent pas d’accueillir de jeunes enfants dans de bonnes conditions : sanitaires non adaptés, absence d’espace de repos, cour de récréation inadaptée aux pratiques de la maternelle.
Cette réorganisation dégraderait également les conditions d’apprentissage, avec des effectifs pouvant atteindre jusqu’à 33 élèves par classe, dans un contexte où les besoins d’accompagnement individualisé augmentent, notamment pour les enfants présentant des troubles du neurodéveloppement.
Les parents dénoncent avec fermeté les arguments avancés pour justifier cette décision, notamment l’idée selon laquelle les familles du territoire, supposées appartenir à des catégories socioprofessionnelles favorisées, seraient en capacité de compenser les effets de cette dégradation du service public. Cette vision est inacceptable. L’école de la République n’a pas vocation à s’appuyer sur les ressources des familles pour pallier ses propres manques, ni à adapter ses moyens en fonction de suppositions sociales.
Par ailleurs, cette décision apparaît en totale contradiction avec les conclusions d’une récente évaluation de l’établissement, qui saluait unanimement la qualité des enseignements, l’engagement des équipes pédagogiques et le bien-être des élèves. Pour les parents, un sentiment d’incompréhension domine : faut-il comprendre que parce qu’une école fonctionne bien, elle devient une variable d’ajustement ? Qu’un équilibre construit patiemment peut être fragilisé au motif qu’il serait suffisamment solide pour “tenir” malgré une dégradation de ses moyens ?
Au-delà des impacts éducatifs, cette fermeture représente un non-sens économique : les économies réalisées par l’Éducation nationale entraîneront des coûts supplémentaires pour les communes, contraintes d’adapter les locaux et d’augmenter les capacités de transport scolaire, déjà en tension.
Dans un contexte de baisse démographique, les parents estiment au contraire qu’il s’agit d’une opportunité pour améliorer les conditions d’enseignement, réduire les effectifs et renforcer l’accompagnement des élèves.
Face à ce projet, ils appellent à la préservation des écoles rurales, essentielles à la vitalité des territoires, et demandent le maintien de la classe de maternelle.
Une mobilisation est organisée le vendredi 27 mars à 8h30 devant les écoles de Varanges et Marliens.