
«La ville de Dijon est concernée par le risque d'inondation par
débordement de l'Ouche et du Suzon, associé à un risque d'érosion des
berges», alertent les militants associatifs dijonnais.
Communiqué du groupe local Oxfam Dijon du 17 février 2026 :A l'occasion de la publication de ce jour du rapport « Pour des villes résilientes », plusieurs membres du groupe local d’Oxfam à Dijon se sont réunis symboliquement ce lundi 16 février devant l'Ours de Pompon au Jardin Darcy à Dijon pour inciter les citoyens à s’informer et à voter aux élections municipales les 15 et 22 mars prochain.
À l’approche des élections municipales de 2026, Oxfam publie ce mardi 17 février le rapport « Pour des villes résilientes » qui recense 24 leviers d’adaptation s’appuyant sur des exemples de communes françaises qui agissent déjà pour protéger leurs habitant·es contre les effets du changement climatique - inondations, vagues de chaleur, feux de forêt - toujours plus fréquents et plus intenses.
Alors que les enjeux environnementaux ont largement déserté les débats publics et les discours politiques ces derniers mois, Oxfam France alerte : le dérèglement climatique, déjà à l’œuvre, risque d’aggraver encore les inégalités sociales. Alors que les maires sont en première ligne pour protéger les habitant.es, Oxfam appelle les candidat·es aux élections municipales à replacer l’adaptation climatique au cœur de leurs programmes et met à leur disposition ce répertoire de solutions concrètes.
Le groupe local mène actuellement un travail de plaidoyer citoyen auprès des listes candidates, en portant les recommandations d’Oxfam dans les domaines de la lutte contre la pauvreté et les inégalités, de l’accès aux droits et à la santé, de l’adaptation au changement climatique et de l’égalité femmes-hommes.
Les effets protecteurs de l’adaptation
Lutter contre les inégalités
Les 24 initiatives positives mises en avant par Oxfam dans son rapport ont toutes un point commun : elles placent les populations au cœur de l’action publique et font du levier social un pilier des politiques locales. Un choix déterminant pour éviter l’aggravation des inégalités face à des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents et intenses, comme les vagues de chaleur, les feux de forêt ou les inondations. Ce levier social est essentiel : les réponses les plus efficaces ne sont pas nécessairement techniques ou technologiques.
Car sans action volontariste, le changement climatique creusera encore les inégalités sociales :
· Les 20 % des personnes sinistrées les plus pauvres restent plus souvent dans un logement inondé que le reste de la population.
· En période de fortes chaleurs dans les grandes villes, les personnes gagnant plus de 3 000 euros par mois sont deux fois plus nombreuses à déclarer avoir accès à des espaces verts rafraîchissants que celles gagnant moins de 1 700 euros.
· Dans les villes moyennes, le taux de chômage est 18 points supérieur dans les zones inondables par rapport aux zones non inondables.
Ainsi, certaines villes qui concentrent beaucoup de personnes pauvres, agissent déjà :
· Mamoudzou (Mayotte) sécurise des cheminements et crée un système d’assainissement des eaux pluviales dans un quartier de logements informels pour lutter contre les inondations par temps de fortes pluies.
Améliorer le cadre et la qualité de vie
Dans les faits, loin de susciter de grands débats idéologiques, les mesures d’adaptation sont consensuelles car elles améliorent grandement le cadre et la qualité de vie des habitant.es :
· Vernon (Eure) a aménagé un parc avec une aire de jeux et des équipements sportifs, qui contribue par ailleurs à l’atténuation des inondations ;
· Pons (Charente-Maritime) a acquis une ferme et l’a rendue résistante aux sécheresses grâce à une mare. Les fruits et légumes produits localement approvisionnent aujourd’hui les cantines scolaires de la ville ;
· Valence (Drôme) accélère la végétalisation grâce à un coefficient de naturalité dans son plan local d’urbanisme.
Déconstruire les idées reçues sur le coût de l’adaptation
Face à l’urgence climatique, l’adaptation est encore trop souvent perçue comme une dépense excessive par les collectivités. À rebours de cette idée reçue, les dégâts causés par les événements climatiques extrêmes couverts par les assurances coûtent déjà deux milliards d’euros par an en France.
« Ce n’est pas l’adaptation qui coûte cher, c’est l’inadaptation. Par exemple, un euro investi aujourd’hui dans la prévention des inondations permet d’économiser trois euros lorsque la catastrophe survient. Et ce chiffre cache les immenses difficultés des victimes, et parfois des communes entières, à se relever des catastrophes. La prévention n'est pas une source d'économie, mais un investissement utile. », alerte Robin Ehl, chargé de campagne à Oxfam France.
Certaines mesures d’adaptation ne coûtent rien quand elles reposent sur l’innovation sociale.
· À Grenoble, la révision du plan communal de santé a permis de développer des espaces intergénérationnels, une réponse d’adaptation à la chaleur qui protège les personnes âgées et d’autres habitant·es vulnérables tout en luttant contre l’isolement social.
« La bonne adaptation aux effets du changement climatique doit forcément intégrer la dimension collective si l’on veut éviter le chacun pour soi en cas de catastrophes majeures. Autrement dit, nous prônons la gestion collective des risques pour éviter que les plus fragiles se retrouvent abandonné·es. », poursuit Robin Ehl.
Quand l’adaptation génère de nouvelles recettes
Contrairement aux idées reçues, loin de demander de grands investissements, certaines mesures d’adaptation peuvent même générer des recettes nouvelles pour les communes, susceptibles de financer d’autres actions d’adaptation.
· Bourg-en-Bresse (Ain), Amiens (Somme et Limoges (Haute-Vienne) ont instauré une taxe sur les logements vacants pour éviter l’artificialisation des sols pouvant aggraver le risque d’inondations.
Aujourd’hui, plus aucune commune n’est épargnée par les conséquences du changement climatique. Les futur·es maires devront prendre des mesures d’adaptation pour protéger leurs populations, d’autant qu’ils et elles sont les élu·es en qui les Français·es déclarent avoir le plus confiance pour agir : 68 %, contre 8 % pour le gouvernement. Parce qu’il est au plus près des réalités de terrain, l’échelon local est aussi le plus à même de proposer des réponses adaptées aux besoins de chaque territoire.
La ville de Dijon est concernée par le risque d'inondation par débordement de l'Ouche et du Suzon, associé à un risque d'érosion des berges. Elle est également concernée par le risque de retrait-gonflement des argiles, qui fragilise les maisons lors de la succession des épisodes de sécheresse. Enfin, le climat semi-continental accroit le risque de canicules.
