
Le candidat anticapitaliste soutient les occupants illégaux du site et souhaite «empêcher Nathalie Koenders de détruire une partie essentielle des Lentillères».
Communiqué de Dijon avenir du 13 mars 2026 :Dénonçant la volonté de la Maire de Dijon de bétonner une partie du Quartier Libre des Lentillères, la liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” s’engage à respecter l’intégrité des Lentillères et à soutenir la poursuite de l’expérience collective d’auto-gestion ouverte et solidaire qui s’y développe depuis 2010, exploratoire d’une transformation profonde de nos façons de vivre ensemble et de faire face aux crises.
Au débat de France 3 le 4 mars, interpellée par notre tête de liste, Mme Koenders a déclaré : “J’ai annoncé qu’on ne construirait plus sur les zones de pleine terre, que je préservais les sols vivants, je l’ai fait depuis que je suis Maire et je le ferai si je suis réélue, qui a fait fera et donc les électeurs peuvent me faire confiance sur ce sujet, voilà. Les gens me connaissent, ils savent que je tienne (sic) mes promesses.”
Au Quartier Libre des Lentillères, force est de constater que Mme Koenders s’apprête à trahir sa promesse de préservation des sols vivants et de la pleine terre. En effet, depuis des mois, elle tente d’imposer aux collectifs qui s’auto-organisent et cultivent ces terres maraîchères depuis 16 ans, un accord de régularisation de l’occupation du quartier, qui aurait pour effet d’en détacher une bande de terre de 1,14 hectare pour y construire des logements. C’est la “bande est”.
Sur cette partie des Lentillères, de nombreuses activités se sont organisées au fil des années : une cantine solidaire, un fournil à pain, un atelier vélo, un terrain de BMX, un terrain de pétanque et une cinquantaine de petits jardins. Bien plus donc que le « gros tas de cailloux » qui d’après François Rebsamen constitue cet espace… gravats abandonnés là par la Mairie après la démolition d’un ancien garage !
Toute une vie sauvage, faune et flore, se déploie aussi sur cet espace : 28 espèces d’oiseaux, 21 espèces de papillons, une lisière forestière, des arbres fruitiers, des mares, un espace naturel en libre évolution…
Comme le reste du quartier, c’est à la fois le lieu d’une petite agriculture urbaine vivrière pour de nombreux habitants des quartiers alentour, un espace de biodiversité, un îlot de fraîcheur en été, un lieu de rencontres et de socialisation, un endroit ouvert à toutes et tous.
Quand Mme Koenders affirme que la “bande est” est un espace déjà urbanisé et qu’elle peut donc la bétonner sans trahir sa promesse de préserver toute la pleine terre à Dijon, elle oublie deux choses :
D’une part les 4 000 m² de petits jardins vivriers, sont cultivés sans discontinuer depuis 80 ans, comme en atteste cette série de photos satellite.
D’autre part, sur une large partie des espaces autrefois bâtis et dont les bâtiments ont été démolis par la Mairie il y a 15 ans, la nature a largement repris ses droits, dans un processus de renaturation, qui avec le temps transforme en forêt tout espace anciennement urbanisé. Rendre des espaces artificialisés à la nature, c’est là aussi un enjeu-clé pour penser l’avenir des territoires urbains dans la perspective de faire face ensemble aux crises.
Quel est le projet de Mme Koenders ?
La Maire sortante n’a pas communiqué récemment sur le projet précis d’urbanisation de la “bande est”, mais elle a à plusieurs reprises affirmé son intention d’y construire des logements. En juin 2024 lors d’une réunion publique sur ce projet d’urbanisation, François Rebsamen avait évoqué une soixantaine de logements sur la “bande est”, et autant à la place de l’ancienne halle située en face, de l’autre côté du mail Guynemer, sur le quartier Jardin des Maraîchers.
Ces 120 logements ne changeraient rien à la production globale de logements à l’échelle de Dijon, mais auraient des impacts très négatifs sur ces deux sites : d’une part la destruction de la “bande est”, d’autre part la densification extrême du quartier Jardin des Maraîchers qui a déjà été surdensifié avec près de 1 300 logements là où seulement 800 y étaient initialement programmés ! Rebsamen ayant renoncé en 2019 à bétonner le quartier des Lentillères, aura réussi le tour de force de tenir quasiment l'objectif initial programmé pour la ZAC, sur DEUX fois moins de surface, au prix de cette extrême densification du quartier Jardin des Maraîchers, au détriment de ses habitant·e·s.
L’espace laissé libre par la démolition récente de l’ancienne halle, ne doit pas être construit, et son aménagement doit être réfléchi avec l’ensemble des habitants du quartier.
La liste Dijon Avenir dénonce la volonté de la Maire de Dijon de bétonner une partie du Quartier Libre des Lentillères et appelle les habitant·e·s et les collectifs de soutien aux Lentillères, à s’opposer fermement à ce projet, en exigeant le maintien de la “bande est” dans le quartier.
Si nous gagnons le 22 mars, nous prenons l’engagement clair de respecter l’intégrité des Lentillères et de soutenir la poursuite de l’expérience collective d’auto-gestion ouverte et solidaire qui s’y développe depuis 2010, exploratoire d’une transformation profonde de nos façons de vivre ensemble et de faire face aux crises.
Liste Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger