Dix ans après, selon Jean-Philippe Allenbach, «le poids économique de la "grande région" est plus bas que n'était celui de la somme des deux "petites régions"».
Communiqué du Mouvement Franche-Comté du 8 novembre 2025 :
Selon un rapport de la Chambre régionale des comptes de 2019, la fusion avait créé plus de coûts supplémentaires que d'économies. En 2021, Alain Joyandet, président de la commission des finances, déclarait qu'elle avait été une opération "perdant-perdant, pénalisante pour les Francs-Comtois et sans apport pour les Bourguignons", la présidente de la région lui avait alors répondu : "une fusion de ce type-là, c’est sur dix ans que ça s’évalue...». Eh bien, nous y sommes !
Quel est donc aujourd'hui le bilan, notamment pour les Francs-Comtois ?
Elle a bafoué la volonté des Francs-Comtois.
Imposée d'en haut par François Hollande qui l'avait dessinée "sur un coin de table avec une gomme et un crayon » (cf son livre "Les leçons du pouvoir"), la fusion des régions fut d'une manière générale un véritable déni de démocratie, ce pour quoi le Conseil de l'Europe condamnera la France en mars 2016. Et en particulier pour les Francs-Comtois car non seulement ni eux, ni leurs élus régionaux, n'ont été consultés, mais en plus, selon un sondage BVA du 24 octobre 2015, ils étaient seulement 30% à y être favorable et, selon un autre (OpinionWay) de mars 2022, 60 % à vouloir qu'on leur rende leur région.
Elle a confirmé la domination politico-financière de la Bourgogne.
Aujourd'hui, l'exécutif et le législatif de la "grande région" sont tous deux aux mains de la Bourgogne. la Franche-Comté se retrouve donc totalement sous sa coupe, notamment sur le plan financier. Disposant de la majorité des conseillers régionaux, ils peuvent toujours privilégier les investissements qui profitent à leur propre territoire. Ainsi, par exemple, pour le tourisme, un rapport du conseil régional montrant qu'en 2017, 2018 et 2019 les 2/3 des investissements touristiques ont été réalisés en Bourgogne !
Elle a freiné la croissance
La somme des PIB de Franche-Comté et de Bourgogne, qui en 2015 représentait 3,3 % du PIB national (74 milliards / 2 181 milliards), n'en représente plus aujourd'hui que 2,6 % (78 milliards/ 2 920 milliards).
Le poids économique de la "grande région" est donc plus bas que n'était celui de la somme des deux "petites régions". Pas vraiment le 1+1=3 qu'on nous avait promis au départ grâce l'émergence de nouvelles "synergies" qui, soit-disant, allaient favoriser la croissance économique dans chacune des deux régions (concernant l'évolution après fusion du PIB de la seule Franche-Comté, il est impossible de le savoir car après sa disparition il n'a plus été calculé)
Elle a été un désastre financier pour les Francs-Comtois
Selon les chiffres officiels du ministère de l'Économie et des Finances:
Les frais de fonctionnement par habitant du conseil régional ont augmenté de + 55% (554 € / 358 €). Pourtant, dans le débat budgétaire 2016, la région indiquait que la fusion avec la Bourgogne "allait générer des économies via une mutualisation des achats, une meilleure maitrise de la masse salariale et un meilleur usage des bâtiments administratifs". Et dans celui de 2017, qu'elle allait réaliser "un maximum d’économies sur son fonctionnement".
Les impôts et taxes par habitant ont progressé de + 73 % (361 € / / 208 €), ce dont la fameuse augmentation de 53 % (60 € / 39 €) du prix de la vignette.
Quant à la dette par habitant, elle a augmenté de + 250 % (148 € / 525 €), quatre fois plus vite que celle de l'État (+60%) sur la même période. Le montant des annuités de remboursement a quant à lui presque triplé (44 €/h. /16 €/h). Et pour cause, les investissements de la "grande région" ont été principalement financés par une augmentation de la dette et des impôts.
La politique financière de la grande région de 2015 à 2025 a donc principalement consisté à "emprunter plus, pour pouvoir dépenser plus".
Elle a causé une baisse d'attractivité de la Franche-Comté.
Alors qu'avant fusion, entre 2000 et 2015, le nombre d'habitants de la Franche-Comté avait progressé de 5% (1 179 000 / 1 117 000) , à partir de 2016 il n'a plus augmenté. Celui de la "grande région" a même baissé ( 2 820 000/ 2 793 000), alors que la population française dans son ensemble augmentait de 3%. Une opération donc perdante-perdante pour chacune des deux régions en termes de population et donc d'attractivité.
Sans oublier, pour en finir, l'échec complet de ce fleuron de la fusion que devait être la fusion des universités...
En résumé, leur "mariage forcé" avec la Bourgogne a signifié pour les Francs-Comtois plus de frais de fonctionnement, plus de dettes et plus d'impôts. Et pour la Franche-Comté plus de soumission à la Bourgogne, moins d'habitants et moins d'attractivité.
L'affirmation du M.F.C., avant fusion, selon laquelle "Deux pauvres ne font pas un riche !" et son panneau "FUSION PIÈGE À CONS !" qui figure depuis 10 ans au fronton de son local sont donc aujourd'hui plus vrais que jamais !
Jean-Philippe Allenbach
Président du Mouvement Franche-Comté