«Ce blocus comme les sanctions du 29 janviers qui s’y ajoutent sont génocidaires», considèrent les militants syndicaux côte-d'oriens ainsi que les membres de l'association France-Cuba.
Communiqué de France-Cuba et de l'union départementale CGT de la Côte-d'Or du 10 février 2026 :Dans la nuit du 29 au 30 janvier 2026 D Trump a publié un décret visant l’interdiction de toutes livraisons de pétrole à Cuba en pénalisant très fortement les pays qui continueraient de livrer des matières premières à la plus grande île des Antilles.
Le 6 avril 1960, le sous-secrétaire d’État nord-américain Lester Mallory avait déjà publié un mémorandum condensant la politique de blocus contre La Havane.
« (…) il faut employer rapidement tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique de Cuba (…) une ligne d’action qui, étant aussi habile et discrète que possible, atteigne les plus grands progrès en privant Cuba d’argent et de fournitures, pour réduire ses ressources financières et les salaires réels, provoquer la faim, le désespoir et le renversement du Gouvernement », a expliqué Mallory.
Depuis lors, la stratégie a consisté non seulement à apporter la faim et la misère au peuple de l’île, mais aussi à faire croire que la cause de ces malheurs a toujours été l’inefficacité de la gestion du gouvernement cubain et non les « sanctions » de Washington.
Depuis le mémorandum de 1960, et après 65 ans d’une résistance anti coloniale exemplaire du peuple cubain pour sa souveraineté nationale, le gouvernement Trump ne prend même plus le soin de la discrétion. Aussi le 4 février le secrétaire général de l’ONU alertait sur le possible effondrement humanitaire de l’île.
Sans pétrole pour alimenter le système électrique, les hôpitaux ne pourront plus fonctionner.Les coupures d’électricité durant parfois jusqu’à 18 heures par jour sont en train de se généraliser, menaçant ainsi tous les services essentiels au fonctionnement du pays: santé, éducation, transports, industrie, livraison et conservation de la nourriture et des médicaments .
Ces nouvelles mesures venant s’ajouter au blocus illégal et criminel que Cuba subit depuis 1962, ne sont ni plus ni moins que la tentative de semer la faim et la misère afin d’asphyxier toute la population jusqu’à ce que le système s’effondre.
Nous devons œuvrer de toute urgence à la survie de la population cubaine.
Pour rappel la définition actuelle du génocide est exposée à l’article II de la Convention sur le génocide de 1948 dont sont signataires, entre autres pays, les USA comme l’ensemble des pays européens. Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
- Meurtre de membres du groupe.
- Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe.
- Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.
- Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe.
- Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Provoquer la faim, la misère, priver toute une population de l’accès aux soins, c’est soumettre intentionnellement un groupe, en l’occurrence une Nation, à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction totale ou partielle. Il s’agit bien d’atteintes graves à l’intégrité physique ou morale de la population cubaine prise dans son ensemble comme individuellement.
Ce blocus comme les sanctions du 29 janviers qui s’y ajoutent sont génocidaires.
C’est aussi le pas de plus vers une intervention militaire directe: repositionnement d’une partie de la flotte militaire US au large des côtes du pays, menaces explicites de bombardement et d’invasion.
Les mesures prises par Trump contre le Venezuela et contre Cuba ont des conséquences dramatiques pour l’ensemble des peuples latino-américains. C’est toute la stabilité de la zone Caraïbe, Amérique Centrale et Amérique du Sud qui se trouve ainsi menacée.
Le droit des peuples à disposer d’eux même ne se négocie pas. Il s’agit d’un principe de droit international inscrit à la Charte de l’ONU. Nous appelons à la mobilisation à la défense du droit international, du multilatéralisme et contre l’impérialisme des USA, que ce soit contre Cuba ou dans n’importe quelle autre partie du monde.
Comme chaque année, la France, avec l’écrasante majorité des pays membres de l’ONU vote, lors de l’Assemblée Générale annuelle de l’ONU, la levée du blocus génocidaire et illégal car extra territorial imposé à Cuba depuis 1962.
Face à l’urgence humanitaire, nous, organisations de soutient au peuple cubain, exigeons dès maintenant du gouvernement français, de l’ensemble de nos élus nationaux et territoriaux qu’ils passent de la parole aux actes. Il s’agit d’un enjeu de civilisation.