Face aux fortes chaleurs, les militants syndicaux de l'établissement de santé pointent «un écart important entre les dispositifs présentés par la direction et la réalité vécue par les agents et les patients».
Communiqué de la CGT du CHU Dijon Bourgogne du 25 juin 2026 :lors de l’instance F3SCT (formation spécialisée en santé, sécurité et conditions de travail) les témoignages des agents confirment une situation devenue insoutenable.
La direction a présenté les mesures mises en œuvre pour faire face aux épisodes caniculaires : déploiement de climatiseurs mobiles, priorisation de certains secteurs, gestion des capacités de production de froid et interventions techniques sur les installations défaillantes.
Pour la CGT, les très nombreux témoignages déclarés ces derniers jours démontrent cependant un écart important entre les dispositifs présentés et la réalité vécue par les agents et les patients.
Les signalements concernent de nombreux secteurs : maternité, neurologie, oncologie, rééducation, cardiologie, consultations pédiatriques, hospitalisation complète, site de Champmaillot personnes âgées… Les températures relevées atteignent régulièrement 30 à 38°C dans certains locaux.
Les conséquences sont désormais clairement identifiées et délétères pour les patients, fatigue, céphalées et difficultés de concentration pour les professionnels, dégradation des conditions de travail, interrogations sur la conservation de certains médicaments, risque accru d'épuisement des équipes et d’absentéisme.
La CGT a rappelé que les épisodes de chaleur intense ne constituent plus des situations exceptionnelles mais un risque professionnel durable qui doit être pleinement intégré dans l'organisation du travail et les politiques d'investissement de l'établissement.
Face à cette situation, la CGT a demandé :
- un suivi quotidien des températures dans les services ;
- une accélération de l'attribution des équipements de rafraîchissement ;
- la vérification immédiate des conditions de conservation des médicaments ;
- des mesures réelles d'aménagement du travail et des temps de pause ;
- l'intégration du risque chaleur dans le DUERP (Document unique d'évaluation des risques professionnels), au PAPRIPACT (Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d'Amélioration des Conditions de Travail),
- un véritable plan d'adaptation du CHU au changement climatique.
Pour la CGT, lorsque des chambres de maternité atteignent 32°C, que certains bureaux dépassent 35°C ou que des patients fragiles reçoivent leurs soins dans des locaux surchauffés, il ne s'agit plus d'une question de confort mais bien d'un enjeu majeur de santé au travail et de sécurité des soins.
La direction annonce à partir du dernier week-end de juin, un renfort des équipes par des étudiants en contrat, dont la mission sera le rafraichissement des patients… Pourquoi avoir attendu 10 jours pour réagir à une situation climatique qui revient année après année de façon plus aiguë. La réponse doit être structurelle car nous ne sommes plus dans l’évènement isolé.
Les choix capitalistes que les gouvernements successifs appliquent à la santé ont créé la vulnérabilité des hôpitaux. Ils les ont placés par les restrictions budgétaires et les compressions d’effectifs dans l’incapacité d’avoir la flexibilité nécessaire pour réagir efficacement. Pendant que les banquiers travaillent dans des sièges sociaux climatisés, comme le sont aussi les centres commerciaux, nos ainés comme nos nouveaux nés, nos blessés comme nos malades sont dans des chambres où les températures sont entre 30 et 35 degrés… Et nos personnels doivent répondre à une charge de travail majorée dans les mêmes conditions. Usagers, familles et personnels, nous devons ensemble nous mobiliser pour que cesse cette situation dénuée d’humanité et donc inadmissible.